Les Contributions

Europe Ecologie : Un objet politique au défi de l’urgence et la durabilité

par André Gattolin
Version longue d’un article publié en mars 2010 dans le n° 34 de la revue EcoRev intitulé « Urgence écologique, urgence démocratique » (http://ecorev.org/spip.php?article738).

S’il fallait, en une formule simple, définir l’objet social d’Europe Écologie – ce qui fonde sa raison être dans l’espace public –, on pourrait sans trahir la pensée de celles et ceux qui ont participé à son émergence le résumer ainsi : l’urgence politique à engager la transformation écologique de la société.

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Ce qui ne peut plus durer chez les Verts (ni Europe-Écologie)

par Alain Lipietz, le 25 mars 2010

Après le triple succès des élections européennes, législatives de Yvelines, et régionales, l’écologie politique semble enfin réussir une durable percée, jusqu’à incarner une alternative crédible aux partis traditionnels. Alternative à la fois culturelle et électorale : la richesse des débats dans telle ou telle région, ville ou canton, montre qu’Europe-Écologie agglomère en un « mouvement politique de masse » une large part du vivier militant qui se réfugiait jusqu’ici dans l’associatif, faute de supporter la « forme parti ».

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Europe Écologie, différence et répétition

entretien avec José Bové et Daniel Cohn-Bendit réalisé par  Joseph Confavreux
retouvez l’intégralité de l’entretien dans le numéro 51 de Vacarme : « Ce que l’écologie politique change à la politique »

Joseph Confavreux : Etes vous écologistes davantage par peur des catastrophes qui pourraient se produire ou plutôt par souci d’équité sociale ?

Daniel Cohn-Bendit : Je suis arrivé à l’écologie politique à travers les débats sur le nucléaire, la responsabilité qu’on a pour le futur. J’étais libertaire, j’étais déjà pour l’équité sociale, pour l’autogestion. Ce n’est pas l’écologie qui m’a donné envie de défendre une société plus solidaire. Pour moi l’écologie c’est une réflexion sur les contradictions de notre manière de penser l’évolution. La preuve, c’est qu’en 1967, j’ai manifesté contre le nucléaire militaire pour l’utilisation civile du nucléaire. Ces gens qui viennent à l’écologie pour l’équité sociale, je n’y crois pas. L’écologie politique s’est formée sur une critique du productivisme de la droite et de la gauche; c’est ça le noeud, le point de départ.

José Bové : J’ai deux entrées dans l’écologie politique : l’une dans le cadre d’une réflexion politique, issue de Gandhi. Il a mené un mouvement politique de remise en cause du colonialisme, la plus grande lutte de libération de l’histoire. Mais il l’a menée avec une forme d’action particulière qui est la non-violence. Cette lutte, pour la première fois au XXème siècle, intègre à la fois l’action collective et la responsabilité individuelle. Pour moi c’est le tilt de départ : on ne fait pas cette lutte de libération simplement pour chasser les Anglais. On intègre dans la lutte une réflexion sur le type de société qu’on veut construire derrière. Cela recouvre une partie du débat qu’il y a eu ensuite entre Gandhi et Nehru, l’un étant pour le développement des villages décentralisés, l’autre prônant le modèle soviétique de l’industrialisation. Les Indiens qui se mettent à brûler leurs vêtements tissés en Angleterre ne le font pas pour emmerder les ouvriers anglais, mais pour dire que la libération, c’est aussi tisser ses propres vêtements.

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Europe Ecologie à l’heure de l’affirmation

En moins d’un an, Europe Ecologie est devenue la troisième force politique française. Malgré un certain recul, le résultat des élections régionales confirme celui des élections européennes. L’écologie est désormais reconnue comme porteuse d’un projet de société crédible. Elle s’affirme comme une nouvelle offre politique, dépositaire d’une « autre voie ». Son rôle consiste désormais à mettre en oeuvre une mutation écologique, économique et sociale adaptée à la nouvelle donne planétaire.

Pour que ce projet se poursuive et s’enracine durablement, jusqu’à devenir le nouveau pivot de la vie politique, le rassemblement Europe Ecologie est confronté au défi de sa propre évolution. Celle-ci repose sur une double exigence : consolider la singularité politique de notre mouvement et penser sa métamorphose organisationnelle, dans le sens de l’autonomie.

Les signataires de ce texte proposent de mettre en débat les principes et les conséquences de cet objectif au sein d’Europe Ecologie afin de franchir ensemble une nouvelle étape. Nouvelle étape que l’existence d’une délégation commune d’eurodéputés à Bruxelles et les nouveaux groupes d’élus dans les conseils régionaux préfigurent d’ores et déjà.

André ASCHIERI, Danièle AUROI, Sandrine BELIER, Jean-Paul BESSET, Marie-Christine BLANDIN, Christian BOUCHARDY, José BOVE, Jean-Marc BRULE, Pascal CANFIN, Yves COCHET, Daniel COHN-BENDIT, Françoise COUTANT, Karima DELLI, François DE RUGY, Jean DESESSARD, François DUFOUR, Pascal DURAND, Jacques FERNIQUE, Mireille FERRI, Hélène FLAUTRE, Stéphane GATIGNON, André GATTOLIN, Sacha GOLDMAN, Guy HASCOET, Yannick JADOT, Ghislaine JEANNOT-PAGES, Eva JOLY, Pierre LARROUTUROU, Alain LIPIETZ, Eric LOISELET, Jean-Philippe MAGNEN, Noël MAMERE, Mickaël MARIE, Caroline MECARY, Jacques MULLER, Christophe PORQUIER, Michèle RIVASI, Jean-Louis ROUMEGAS, François SIMON, Anne SOUYRIS, Claude TALEB, Dominique VOYNET

Europe Écologie : une nouvelle dynamique

par Stéphane Gatignon, Maire de Sevran, Europe écologie

L’hégémonie a fait son temps. Les élections régionales, dans le prolongement des élections européennes de juin 2009, mettent en cause la bipolarité UMP / PS. En confirmant sa place de troisième force politique nationale, le mouvement de transformation écologique et sociale qu’est Europe écologie révolutionne le paysage démocratique.

Le chaos lié aux mutations dans lequel Europe écologie s’affirme révèle une double rupture, à la fois philosophique et politique. Un nouveau paradigme s’impose : celui de l’écologie politique à travers lequel s’exprime concrètement l’intérêt général. On est à proprement parler, dans le temps et dans l’espace, face à une obligation de résultats pour nous-mêmes et pour les générations futures: il faut changer le monde. La crise écologique transcende les générations et les territoires. Les approches globales et locales fusionnent. L’universalisme concret s’impose. Nous sommes là au cœur du projet civilisationnel qui doit permettre une transformation des conditions de vie et une anticipation de la mutation des comportements vis-à-vis de la consommation et de la production liée à la prise de conscience de la finitude de nos ressources et de la globalité du monde.

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En marche avec Europe Écologie : donnons réalité à l’Appel du 22 mars !

La crise que nous subissons n’est pas un événement ponctuel : elle exprime la violence déjà ancienne d’un système qui repose sur l’exploitation illimitée des hommes et des ressources naturelles, transformés en produits consommables et jetables ; elle accentue les inégalités, la précarité et bouleverse les dispositifs de la solidarité et de la sécurité sociales ; elle exacerbe la course aux profits de court terme et la concurrence destructrice, alors même que la planète tout entière a besoin de solutions durables et solidaires.
À l’évidence, cette crise n’est pas la même pour tout le monde : pour les uns, elle permet d’acquérir, de consolider et de reproduire des positions dominantes ; pour les autres, elle vient saper l’espoir fragile d’une vie simplement préservée, ou modestement améliorée, pour soi-même et pour les générations futures. L’égoïsme des États et des classes les plus riches bloque des progrès écologiques et sociaux qui sont indispensables, et régulièrement repoussés.

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Appel pour des Etats Généraux de l’Emploi et de l’Ecologie

Les élections régionales ont révélé Europe Ecologie comme la troisième force politique française. Nous pouvons être fiers du travail accompli mais, tous, nous avons conscience de la gravité de la crise dans laquelle s’enfonce notre pays : plus de 50 % des citoyens adultes de notre pays n’ont pas voté dimanche et le FN remonte !

Une des causes fondamentales de la crise politique est l’incapacité des partis qui se succèdent au pouvoir depuis 30 ans à sortir notre pays du chômage. La carte de l’abstention est semblable à la carte du chômage : on ne pourra pas sortir de la crise démocratique si on ne parvient pas à sortir du chômage. Le chômage est aujourd’hui le souci numéro 1 des Français. Le nombre total des chômeurs a augmenté de 900.000 depuis 18 mois et Nicolas Sarkozy ne fait rien ! Hélas, 69 % des Français pensent que « la gauche ne ferait pas mieux ».

Certes, tous ceux qui sont venus à nos meetings ont compris qu’Europe Ecologie avait de vraies réponses à la crise, mais quelques semaines de campagne ne suffisent pas à toucher l’ensemble des citoyens. Et -pourquoi ne pas le dire ?- nous n’avons pas la prétention de penser que notre projet est totalement parfait et qu’il ne peut pas être encore amélioré.

Seule la rencontre de toutes les parties prenantes peut permettre de dégager des solutions communes à la hauteur des enjeux et de faire partager notre vision de la conversion écologique de l’économie en matière de formation, d’innovation et de création d’emplois verts non délocalisables.

Voilà pourquoi nous lançons aujourd’hui cet Appel pour qu’Europe Ecologie organise des Etats-Généraux de l’emploi et de l’écologie.

Eva JOLY, députée européenne,
Pierre LARROUTUROU, Tête de liste Europe Ecologie 92
Marie BLANDIN, Sénatrice du Nord

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L’Appel du 22 mars : Changer la politique pour changer de politique

Par Daniel Cohn-Bendit

C’est un tournant historique. Des européennes aux régionales, l’écologie politique s’installe désormais comme un espace autonome dans le paysage politique français. Mais devant l’ampleur des défis auxquels doivent répondre nos sociétés, la consolidation est une nécessité absolue. Il faut nous inscrire dans la durée et honorer ce rendez-vous avec l’histoire – ou bien nous ne pourrons plus critiquer impunément l’irresponsabilité de ceux qui ne font rien, à Copenhague ou ailleurs, parce qu’ils sont incapables de dépasser leur petits intérêts particuliers.

Nous avons besoin d’une structure pérenne et souple à la fois, capable d’élaborer des positions collectives et de porter le projet écologiste, sans s’abîmer dans la stérilité des jeux de pouvoir ou la folle tempête des égos en compétition. (Lire la suite…)


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