Il faut affirmer la radicalité de l’écologie politique.
Je dis bien écologie politique, non « questions » voire « politique(s) environnementales » : la conversion écologique ne signifie pas seulement remplacement de pratiques polluantes par d’autres « environnementalement acceptables », encore moins le « greenwashing », le pire des recyclages. Dans ce qui constitue notre socle commun, il y a la conscience qu’on ne peut plus se satisfaire d’un système qui tourne seul, hors-sol. Ce que l’on peut nommer productivisme existe à gauche comme à droite, et s’inscrit dans une logique de croissance qui semble à ceux qui le défendent incontournables.
Si la question de la production semble centrale dans une telle démarche, elle ne l’est pas car elle a fini par devenir un concept ne tenant pas compte du matériau qu’elle emploie : les ressources naturelles, et plus généralement le monde dans lequel nous vivons. C’est ce qui motive les critiques contre le PIB/PNB. Il ne s’agit plus de produire pour apporter la subsistance, même confortable, de notre espèce, mais de produire pour créer des richesses susceptibles d’être redistribuées – et je n’utilise pas, à dessein, le mot partager. Et au bout du compte, produire pour produire : c’est cela la « croissance » dont on nous rebat les oreilles.
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