La création d’un nouveau mouvement politique – même lorsqu’il s’inscrit dans la continuité de la jeune histoire de l’écologie politique en France – est, comme tout moment « constituant », facteur d’incertitudes. Les contraintes organisationnelles sont multiples et les choix délicats. Sur le fond, nous devons parvenir à illustrer à travers les nouveaux statuts, l’idéal d’exemplarité que porte l’écologie politique et permettre l’expression d’une intelligence collective.
Il s’agit de dépasser le clivage entre une « élite » politique professionnelle qui aurait, seule, la charge de définir le « bien commun » et une « base » qui ne serait mobilisée qu’épisodiquement lors des échéances électorales internes et externes. Pour cette raison, le nouveau mouvement doit mettre en place des institutions qui permettent à chacune et à chacun de contribuer en continu à la réflexion sur le fond, à l’élaboration des projets comme à la prise de décision, tant au niveau local qu’au niveau national.
L’écologie politique conçoit le militantisme politique selon des modalités plurielles, associant l’action quotidienne dans le tissu social, la confrontation dans des groupes locaux, l’échange et l’interaction au sein de réseaux, l’implication dans une démarche institutionnelle régionale et nationale. C’est pourquoi le nouveau mouvement propose de différencier les modalités d’adhésion et les pratiques institutionnelles.
- Faciliter les échanges, mutualiser et fédérer les initiatives multiples dans les territoires, pratiquer la transversalité, mobiliser rapidement l’ensemble des forces écologistes, s’ouvrir à la société pour permettre une interpénétration dynamique, faciliter la réflexion et la formation à l’écologie politique, privilégier une co-élaboration entre des coopérateurs et des coopératrices, des groupes et associations qui partagent les mêmes valeurs, telles seront les fonctions majeures et l’objet du Réseau Coopératif, de ses Comités Locaux, de ses Agoras, des Etats Généraux, des Maisons de l’écologie.
- La solidarité entre les êtres humains et la nature et entre les humains, est fondatrice de l’écologie politique ; Cette solidarité doit être portée par une institution forte, capable de faire entendre une parole claire et prête à s’engager de manière cohérente et déterminée dans le champ institutionnel politique chaque fois que c’est nécessaire, notamment lors des élections. C’est la fonction essentielle du parti politique, qui est seul habilité aux termes de la loi française à présenter des candidat-e-s lors d’une élection et à bénéficier du financement public. Ce dernier, structure juridique et politique reconnue, identifiée par tous les citoyens et toutes les citoyennes, doit être capable de s’impliquer pleinement dans la vie politique française et européenne et d’avoir des rapports institutionnels avec les autres forces politiques.