Convention inter régionale du 5 JUIN Synthèse du 8 mai en régions

Envoyez cet article par email Envoyez cet article par email

par Patrick Farbiaz, coanimateur du groupe 4

Il est difficile de faire une synthèse de synthèses de 22 réunions tenues en France métropolitaine, à la Réunion et dans le CAP des écologistes hors de France . Des régions n’ont pas répondues, d’autres ont pris le parti de s’affranchir des questions posées par le groupe 4 et d’autres au contraire de les suivre . Néanmoins nous nous essayons à cet exercice parce que le 8 mai a été une étape importante de la constitution de EE comme force politique

- Le 8 mai a été mobilisateur : près de 3000 militants d’EE ont participé à ces débats. Ces conventions régionales du 8 mai avaient été pensées comme un moment particulier de réflexion et d’échange sur l’écologie politique et son devenir et se voulaient interactives. Elles l’ont dans l’ensemble été. Ni grande messe, ni ag, elles ont permis de dépasser des incompréhensions nées de cultures, d’histoires, de parcours différentes et aussi , il faut le dire, d’expériences aux élections régionales qui ont pu être ici ou là, douloureuses. Un constat : il y a une grande diversité d’opinons et rien ne s’impose d’emblée et de manière visible. Cependant il se dégage des orientations.

- Le 8 mai a été un révélateur et des avancées et du malaise, voire de la frustration des militants et des sympathisants d’EE. Les militants du Nord Pas De Calais caractérisent bien cette période : nous restons sur la poursuite de la dynamique des européennes avec l’idée d’un élan, d’une surprise, l’idée aussi d’une grande liberté dans la parole. L’idée aussi que le plaisir était une donnée importante Enfin le sentiment d’être porteur d’un espoir et d’une responsabilité.

Mais nous rencontrons aujourd’hui deux problèmes :

- celui de la gestion du temps. Certains pensent que nous allons trop vite et que le processus ne pourra pas s’arrêter à la fin de l’année, d’autres pensent que ces débats sont trop lents, que les militants ont d’autre choses à faire que de pratiquer de l’introspection organisationnelle. Chacun de ces groupe a raison. Le processus devra continuer après les Assises. Mais nous devons nous mettre en ordre de marche pour nous adresser à la société et préparer les prochaines échéances.

- celui du caractère du Rassemblement citoyen qui a pu être perçu comme une simple alliance électorale et non comme un rassemblement sur un projet. Le processus doit maintenant déboucher sur des propositions précises, portées par les régions et les groupes locaux. La création du groupe V sur le projet et le programme devrait permettre de lier le fond et la forme, le projet, le programme, l’orientation au type d’organisation dont nous avons besoin.

- Le 8 mai a été producteur d’idées, de pistes que nous devrons essayer d’intégrer dans la réflexion de notre journée qui, rappelons le, n’est qu’un point d’étape dans la longue marche que nous avons initié dans la construction d’EE.

Nous avions posé 5 questions :

1- Quelle forme doit revêtir l’écologie politique ?

2- Quelle forme de partenariat entre la société (citoyen, association, ONG, syndicats…) et le mouvement politique de l’écologie ?

3- Quelles modalités de désignation des candidats aux différentes élections (cantonales, sénatoriales, législatives, présidentielles…) ?

4 – Comment construit-on le projet écologiste ?

5 – Qu’est-ce qu’un projet d’écologie politique autonome ?

Quelle forme doit revêtir l’écologie politique ?

Je reprends une phrase in extenso de Midi Pyrénées car elle reflète bien les débats : Un consensus se dégage non pas pour un type tranché d’organisation, mais sur une « manière de vivre l’action politique ». Une certaine souplesse est voulue, de sorte que la nouvelle structure devra permettre l’ouverture sur la société et donner à chacun et chacune une possibilité d’engagement à plusieurs niveaux : par exemple des militants prêts à s’investir dans la vie du mouvement et des sympathisants qui rejoindraient EE soit sur une thématique soit à l’occasion d’une lutte ou pour une élection. En effet, ceux-ci nous ont conduits à énoncer une évidence : entre Les Verts et Europe Écologie, du point de vue des valeurs, du contenu à donner à l’écologie politique, on chercherait en vain des différences fondamentales et irréductibles !

Les participants , par ex. en Franche Comté sont apparus également assez en phase pour définir Europe Écologie comme un espace de rencontre entre une organisation structurée, avec ses forces et ses faiblesses, et un mouvement social à un moment où la question de l’urgence écologique (pas seulement environnementale) a trouvé un écho grandissant.

À partir de ce double constat, la question qui se pose est celle de pouvoir conjuguer le maintien de ce qu’on peut nommer un bouillonnement, une effervescence propres à un mouvement social et la stabilisation, et plus précisément la structuration, nécessaires à un fonctionnement dans la durée.

Les participants , sans se prononcer sur la fin du processus convergent sur l’idée de la nécessité d’une organisation politique, ne serait-ce que pour s’inscrire dans le cadre institutionnel. En ce sens, l’émergence d’un mouvement politique incarnant l’écologie politique, qui tout à la fois s’inscrit dans le prolongement des Verts et va au-delà de ce qu’ils pouvaient représenter, semble faire l’objet d’un consensus.

Le Nord – Pas de calais résume assez bien les consensus existant : Un besoin de structuration du rassemblement avec un débat sur la différence entre un parti et un mouvement. L’importance de situer ce mouvement à gauche et d’identifier clairement nos adversaires et nos partenaires. L’envie de dépasser les enjeux de pouvoir personnel en travaillant sur le « pouvoir de » et non pas le « pouvoir sur ». L’urgence d’inventer cette structuration qui soit légère afin de ne pas tomber dans les travers des partis traditionnel. L’utopie d’inventer un autre rapport au politique.

Dans cette nouvelle organisation, nous voulons privilégier l’idée d’égalité: égalité de tous avec tous dans la parole et sa prise en compte. Egalité verticale entre les responsables et les militants, égalité horizontale quelque soit l’origine sociale ou géographique. Egalité devant les parcours dans le mouvement quelle que soit l’ancienneté. La proposition est faite d’une structure collégiale avec plusieurs niveaux d’investissement possible du sympathisant, au militant investit dans un groupe thématique ou dans l’organisation interne.

Ceci est confirmé par la Région Centre : Il faut rechercher la simplicité et aller vers une structure avec un fonctionnement homogène à tous les niveaux de territoire (règles d’élections, de décisions, facilité de l’adhésion…

A partir de là il y a des réponses qui divergent dont le débat de cet après midi permettra de voir ce qu’il y a dessous les mots: Fédération, ou confédération, coopératives, parti, réseau. La forme Parti est à la fois décriée et rejetée dans la plupart des comptes – rendu par ce qu’elle véhicule comme coupure avec la société civile mais les mêmes qui la critiquent proposent que le noyau d’EE soit constitué par quelque chose qui ressemble furieusement à un parti. Au delà des mots ce qui pose problème c’est d’une part la perception négative et positive des outils à construire. D’autre part la légitimité des acteurs. La Fédération dans certaines régions est acceptée parce que la présence de RPS, de CAP 21 ou du MEI permettent d’en voir les effets positifs ; Dans d’autres, le spectre du cartel est pointée, ressemblant trop à un compromis par le bas sur les orientations et le projet. La coopérative elle souffre de ce qu’elle est à la fois trop connotée comme entreprise citoyenne et trop flou comme machine politique. Un militant du Poitou Charente va jusqu’à suggérer l’existence plusieurs coopératives , celle des militants, celle de consommation ( les électeurs) , celle de production les élus, celle des consom’acteurs

La question de la légitimité pose quand à elle question comme le dit la Haute Normandie : Si la légitimité des représentants issus des verts est moins problématique car quantifiable, issue de votes, celles des « non-verts » génère des interrogations. Si on peut admettre une forme de légitimité liée à l’appartenance à des mouvements politique ayant rejoint le rassemblement (Cap21, Convergence-s, Nouvelle Gauche), il est plus complexe de se baser sur la légitimité des parcours personnels pour justifier la présence des individus issus de la société civile. En effet, cette légitimité des parcours est aussi valable pour les personnes issues des partis politiques constituant le rassemblement

Deux positions s’affirment : 1.Les formations déjà existantes doivent pouvoir continuer à exister et à s’exprimer. Europe Ecologie n’aurait d’existence que durant les périodes électorales ou des campagnes thématiques. Il s’agirait de refaire un appel à faire signer avant chaque élection. Entre les campagnes électorales ou thématiques, les seuls autorisés à s’exprimer au nom d’EE sont les élus EE.

2.EE doit avoir une structure pérenne : le maintien des formations existantes est un frein au développement d’EE. Aujourd’hui, la juxtaposition de composantes structurelles limite le développement EE : il faut toujours une double validation des décisions ce qui signifie donc deux fois plus de réunions : ceux qui participent le plus de la décision st ceux qui peuvent se déplacer à plus de réunion, ce n’est donc pas démocratique. Ce qu’on vit depuis quelques mois ensemble, le patrimoine commun est suffisamment riche pour qu’on puisse créer une structure commune permanente.

Dans tous les cas, la volonté d’un fonctionnement simple et de dépenser moins de temps sur le fonctionnement interne est plébiscité.

– Les dilemmes auxquels nous sommes confrontés. :

  • Modalités de prises de décisions : Consensus ou vote

Il y a divergence sur le mode de décision entre le consensus qui permet d’aller au bout du débat, d’une part, et le vote d’autre part. Une solution possible : le consensus + vote si divergences irréductibles. La question de la préparation est cruciale. Le fonctionnement par consensus porte en lui le risque de générer des « consensus mou » confortable de non – choix. Le consensus peut fonctionner si l’on y met du temps, de la méthode et des outils. L’idée de reprendre le modèle des conférences de consensus fait son chemin tout comme le tirage au sort cité ici ou là.

  • Sur la majorité qualifiée, l’un des groupes de réflexion a estimé à une très forte majorité qu’il fallait en finir avec ce système qui équivaut, tout simplement, à donner le pouvoir à la minorité. ( Midi pyrénées)

Dans un souci de transparence et de démocratie, le principe du vote et du « une personne, une voix » a été largement soutenu. Puisque les décisions prises par vote engagent notre mouvement, les votants seront ceux qui se seront engagés dans le mouvement en y adhérant. Selon l’objet du débat, d’autres modes de prise de décisions sont envisagés tels un vote de tous les sympathisants pour des décisions locales. Pour les militants de la Réunion , L’engagement dans un premier temps de souscrire à une charte de valeurs morales non contraignante paraît pour certains la solution la meilleure à l’heure actuelle. Les statuts et règlements semblent correspondre à un mouvement déjà organisé. Ils supposent des sanctions s’ils ne sont pas respectés. Or, EÉ n’est pas actuellement un mouvement structuré.

Propositions :

  • À côté du principe démocratique, 1 personne, 1 vote, il faut des droits pour les membres d’EE : Instaurer le principe 1 personne, 1 droit d’expression , d’1 droit à la formation dans les 6 premiers mois de l’adhésion, d’un droit à la dissidence ce qui suppose d’en définir les limites et les critères. La mise en place de forums de discussion préalable par Internet pour préparer le processus de choix revient plusieurs fois dans les Comptes rendus.

.

Sur la double appartenance : de fortes divergences, si on opte pour la possibilité de double appartenance, il faudra alors créer un code de bonne conduite.

En Auvergne La double appartenance (l’adhésion à EE et en même temps à un autre parti non-membre d’EE) ne semble souhaitée par personne. Elle a créé des difficultés, notamment aux dernières élections régionales avec Antoine Waechter qui était EE en Alsace et dans un même temps soutenait des listes concurrentes à EE dans d’autres régions dont l’Auvergne. A la Réunion ou en Alsace par contre le principe de la double appartenance écologiste est plutôt bien perçu. Ils disent oui pour la multi appartenance pour que l’expression se fasse de manière plus large et plus ouverte. La condition est que cette multi appartenance soit organisée et que des règles d’appartenance soient établies clairement.

  • Sur les courants : il faut certes permettre à la diversité des opinions de s’exprimer, mais il ne faut pas institutionnaliser les courants et aboutir à ce qu’ils régissent la vie du mouvement dans ces moindres détails.
  • Le fait d’accepter ou pas de s’organiser en parti politique : Ne pas précipiter les débats en figeant tout dès la fin 2010, ; créer des comités d’évaluation de notre fonctionnement chargés de proposer des améliorations tous les ans. ( Auvergne) Idée consensuelle : quoi qu’il en soit, EE devra garder sa capacité d’ouverture et de rassemblement : ne pas avoir que des adhérents et continuer à faire vivre une dynamique permettant d’impliquer des personnes ne souhaitant pas adhérer à une structure (sympathisants). On aurait alors des cercles concentriques avec, comme premier cercle, celui des adhérents et, autour, celui des sympathisants au sens large Auvergne) Au-delà du collège des adhérents, d’autres assemblées pourraient être envisagées comme des collège des régions, thématiques, etc

Je retiens aussi les propositions de la Lorraine : Aux limites de la démocratie représentative nous opposons la notion de démocratie délibérative ; nous devons acter ce qui est possible pour continuer et organiser à l’automne une assemblée constituante régionale.. Cette notion me semble importante et pourrait être transférée à l’échelon nationale. Les Assises doivent elles se transformer en Constituante ?

  • La deuxième proposition de la Lorraine est la notion de Confédération. Evitons disent ils de construire une usine à gaz compliquée. Appuyons-nous sur un socle commun de valeurs, notre passé est différent mais préparons l’avenir ensemble vers une confédération.

Ce qui apparaît clairement dans l’ensemble des compte rendus c’est la volonté de créer ce que l’on pourrait appeler un réseau fédératif avec une expression électorale ou si vous voulez, un parti appuyé sur une sorte d’ATTAC de l’écologie

2- Quelle forme de partenariat entre la société (citoyen, association, ONG, syndicats…) et le mouvement politique de l’écologie ?

Europe Ecologie n’est pas une entité définie et figée, mais une organisation ouverte, fluide et en constante évolution. Europe Ecologie peut servir de lieu de rassemblement d’un réseau d’associations, afin de mutualiser les efforts et les expériences.

Les associations peuvent apporter leurs expériences afin d’aider à la construction d’un programme commun local bien spécifique et ancré dans le réel. En contrepartie, Europe Ecologie peut aider à la médiatisation des associations et de leurs actions, à la diffusion des propositions et des réflexions autour de l’écologie. Elle peut avoir le rôle de vigie économique, sociale, environnementale.

Pour la Picardie, il s’agit de préserver et développer l’acquis de Europe Ecologie en matières de liens avec l’extérieur ( « comment rester polymorphe ? »)

Pour cela, nous devons : – Imaginer un parti qui soit la courroie de transmission des mouvements citoyens; – Réunir des compétences; – Viser le rassemblement le plus large possible; – Construire « une structure politique qui permette de gagner des élections et qui en même temps soit attentive à la respiration sociale, qui soit capable de s’en nourrir et de lui donner des prolongements politiques »

Notre rapport à la société civile doit se construire à partir de la mise en place  de nouvelles formes de partenariat : Des « Maisons locales de l’Ecologie » qui fédéreraient localement les sympathisants EE et motiveraient les citoyens à venir discuter et débattre des questions politiques dans le cadre, par exemple, de groupes de paroles. Ces Maisons ressembleraient aux Bourses du travail du mouvement ouvrier. Elles seraient des lieux ouvert aux AMAP, aux expériences de jardins partagés, aux SEL, aux Universités populaires de l’Ecologie… ;

- Organisations de Parlements régionaux de l’écologie avec les élus régionaux, des représentants d’associations, des experts citoyens … pour préparer les politiques publiques en amont, proposer des projets coélaborés, évaluer les politiques publiques

Etats généraux sur des thèmes pour faire vivre le débat avec les associations, les syndicats et les citoyens concernés, ce que nous venons de commencer avec le lancement des Etats généraux de l’emploi et de la transformation écologique

La société civile ne se réduit pas au monde associatif, il faut tenir compte de la société civile « non organisée » par le biais d’indicateurs d’opinion.

Parmi les principales propositions concernant les élus : 1) faire en sorte que la fédération des élus se décline plus au niveau local, 2) créer un rôle de coordination de la présence politique et de la relation élu – militant au niveau régional ou local 3) organiser des espaces de co-élaboration des décisions dès que c’est pertinent, 4) conseils d’élus et de militants issus des associations à tous les niveaux et sur la base une charte de fonctionnement applicable à tous. « Pour éviter « une diarrhée législative » qui contraindrait les orientations de l’écologie politique, il faut accompagner l’élaboration de nouvelles lois d’une éducation populaire qui éveille les consciences écologiques ».

Propositions de la Réunion

- Signature d’une convention nationale de partenariat entre : Europe Ecologie et les différentes associations, ainsi que d’une convention régionale plus spécifique élaborée conjointement par les signataires But : Définir précisément et explicitement les conditions d’un travail en partenariat entre Europe Ecologie et les associations -(Actions et conférences de presse, débats,..), thématiques conjointes entre les associations et Europe Ecologie. But : Donner une perspective politique de ces actions)

- créer un véritable système citoyen de veille écologique

Soutenir les associations qui peuvent se porter partie civile en cas d’actions juridiques

Proposition Centre : organiser un atelier d’échange sur les modes de mobilisation et d’animation territoriale,

3 – Quelles modalités de désignation des candidats aux différentes élections (cantonales, sénatoriales, législatives, présidentielles…) ?

Ce qui fait consensus :

  • Non cumul des mandats (de différentes fonctions et d’une même fonction dans le temps). limitation du nombre de mandats en nombre et en durée,
  • La cooptation est la pire des choses.
  • pas de quota du genre Verts / non Verts, ni plafond.
  • Respect des règles de parité,
  • Il semble se dégager un accord assez large sur les propositions suivantes : Bannir le système qui consiste à attribuer un quota de candidats à une tendance ! Le choix des candidats doit se faire au plus près de l’enjeu électoral ,

Le périmètre, la préparation, et le mode de désignation sont souhaités à l’échelon de l’élection, en tenant compte des instances supérieures (répartition territoriale, négociations avec « partenaires »…). Le mode de désignation retenu est le vote des adhérents.

Le Centre a travaillé sur des questions précises :

Comment les choisit-on ?

  • Appel à candidature des adhérents E.E.,+ incitation par les comités locaux.
  • Création de scénarii en fonction de l’implantation locale, représentation géographique et sociale… par un groupe de préparation des listes, constitué en fonction du niveau électoral, avec concertation au niveau Régional.

Parmi qui les choisit-on ?

  • Le périmètre est à définir en fonction de l’élection.
  • Le vivier est constitué des Groupes locaux (Adhérents & militants).
  • Pas de parachutage.

Qui participe à la désignation?

  • Désignation des candidats à l’échelon de compétence territoriale.
  • Vote de l’ensemble des adhérents E.E. (Collège d’électeurs) ou adhérents des Partis constitutifs, selon les cas, sans possibilités de procurations,
  • avec arbitrage à l’échelon supérieur. Par ex. une instance de validation régionale, notamment pour garantir la parité homme/femme

Mais discussion sur le point de savoir : S’il pourrait y avoir des candidats non adhérents Sur les élections présidentielles (primaires largement ouvertes?) Sur la possibilité d’adhésions collectives: en lien avec le principe d’un homme/femme/une voix (Picardie)

Les militants présents de Languedoc R sont tous d’accord : il est urgent de constituer des viviers de candidats potentiels dès aujourd’hui. Favoriser un maximum de candidatures aux cantonales pour donner l’habitude aux électeurs de voter Europe Ecologie. Des camarades de plusieurs régions dans ce sens proposent d’intégrer systématiquement une proportion de candidats, extérieurs à notre mouvement mais représentatifs de la richesse de la société civile dans notre système d’investiture. Cette proportion serait fixée à un seuil de 25%, quelque soit le mode de scrutin (uninominal ou proportionnel, local ou national). Pour cela,  Europe Ecologie lancerait à chaque élection un appel public à candidature, un appel ouvert indiquant les conditions de participation (les premières étant la reconnaissance de nos valeurs communes et la détermination à défendre notre projet). L’objectif est de faire émerger des candidats qui correspondent aux critères de compétences, de représentation ou d’incarnation et ce qui permet, à chaque élection, de poursuivre et élargir le rassemblement. L’ensemble du mouvement se tourne alors vers l’extérieur. Le recrutement des candidats serait de fait une partie intégrante de la campagne.

4 – Comment construit-on le projet écologiste ?

Selon la Picardie , il faut qu’Europe Ecologie se positionne sur les projets locaux mais aussi sur les sujets généraux d’ordre national (ex-réforme des retraites)

. La construction du projet écologiste doit être en conséquence réalisé aux différents niveaux de la coélaboration , pays, local, régional, national…en collaboration avec les associations, syndicats et citoyens ayant envie de participer.

La question des valeurs a été souvent discutée comme liée au projet écologiste.. Les acquis des européennes et des régionales doivent être synthétisés articuler la réflexion autour de trois niveaux :

  1. Charte de Valeurs communes.
  2. Projet = Maison commune, déclinaison de la charte (quel monde voulons-nous ?)
  3. Déclinaison locale > réaction au réel

Les idées divergent pour savoir quelles sont ces valeurs : la liste proposée (respect du monde vivant, respect de la démocratie et de la diversité, refus des discriminations en tout genres, non-violence) paraît une bonne base sans satisfaire véritablement tout le monde. Pour certains, le respect de l’environnement et de la personne humaine doit être mis en avant, ( La Réunion) Les valeurs fondamentales EÉ doivent être des valeurs humanistes suffisamment larges pour pouvoir fédérer mais aussi suffisamment précises pour pouvoir être comprises et respectées par tous.

Pour d’autres, ( Alsace par ex. il faut être plus précis. Responsabilité écologique, solidarité sociale et planétaire, autonomie : voilà les trois valeurs fortes de notre engagement. Son périmètre européen est naturellement essentiel . En Languedoc R, il faut  développer une critique « audible » du mythe de la croissance et une critique du modèle technicien.

Sur les principes de la construction du projet :

·  Co-élaboration des projets au plus près des spécificités, opportunités et besoins locaux pour associer largement toutes les personnes concernées quelles que soient leurs origines ou appartenances (projets de territoires, alternatives politiques liées à des revendications locales…)

·  Ne pas réduire le projet au minimum consensuel, chercher les confrontations constructives, ouvrir des possibilités et des espaces de dialogue avec des gens qui ne seraient pas nécessairement en accord « a priori ».

·  Vigilance envers les pratiques politiques à tendances « dictatoriales », c’est-à-dire qui ne prennent pas en compte la diversité, l’altérité, et qui ne s’expriment que dans le « rapport de force » : besoin de relations sociales plus conviviales, une « révolution » des modes de relation pour vivre « autrement ».

·  Education populaire, critique de l’information dominante, sensibilisation aux logiques de surconsommation

·  Evaluation de la mise en œuvre des programmes et des politiques effectuées en associant des personnes « extérieures ».

5 – Qu’est-ce qu’un projet d’écologie politique autonome ?

cette question n’a pas été souvent abordée en tant que telle .

Pour les languedociens , dans le jeu des alliances électorales, Europe Ecologie ne doit pas être vue comme une force d’appoint mais bel et bien comme une force qui peut faire basculer un canton de droite à gauche ! L’idéal est de présenter des candidatures bien définies et autonomes au 1er tour, en communicant explicitement auprès des électeurs sur les stratégies d’alliance pour le 2nd tour.

Les alsaciens fournissent une piste qui se retrouve dans d’autres contributions : Les écologistes sont résolus à s’ouvrir dans la construction d’un avenir commun, mais sans liquider les acquis, sans reproduire les travers qui les ont limités jusqu’ici. Les Verts n’abandonnent pas tout leur héritage et leur positionnement politique ; le MEI non plus. La volonté partagée, c’est de bâtir l’identité de l’alternative écologique, c’est de dessiner ensemble un périmètre politique nouveau contre le libéral – productivisme et face à l’impasse d’un alignement sur les gauches traditionnelles, la social-démocratie ou l’extrême-gauche, même si dans la majorité des compte – rendus l’ancrage à gauche dans le respect de l’autonomie des écologistes est le plus souvent nettement affirmé.

Conclusion

Nous sommes au milieu du gué. Ce qui n’est pas médiatique, ne se voit pas mais pourtant existe. Faire émerger des idées de près de 3000 personnes en un e journée ne peut être considéré comme un bide ou un échec. La nouvelle phase de la construction de notre mouvement c’est celle de la construction par en bas, qui est vitale pour la pérennité d’Europe écologie.

La forme et le fond sont liés. L’organisation, le projet, les campagnes. Nous ne pouvons nous satisfaire des petites phrases des uns ou des autres. Nous devons être garant de l’unité du rassemblement pour ne pas désespérer l’espoir qui s’est levé depuis 2 ans. Pour cela, il faut ouvrir les portes et les fenêtres. Si on est capable d’offrir cette perspective au pays, on va gagner. Sinon on va tout droit à l’échec. Nous devons réussir ce processus en remettant comme le dit l’ile de France , la politique au cœur du processus.

Nous le devons aux 4 millions de personnes soit 15 % du corps électoral. qui ont voté au moins une fois pour Europe écologie en un an. Je disais au dernier CNIR : de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, je dis qu’il faut y ajouter une bonne dose de courage, d’imagination, et de maitrise de soi. Cela s’appelle de l ’intelligence collective.

Patrick Farbiaz, membre du CAP national, coresponsable du Groupe 4 sur l’organisation d’Europe Ecologie.

Rédigez un commentaire



Follow Me! Suivez Europe Ecologie sur Twitter Suivez Europe Ecologie sur Identica Suivez Europe Ecologie sur Facebook


Europe Ecologie : le débat on Facebook








A lire dans La Ruche

  • 4 septembre 2010 : Mobilisons-nous !
  • Chômage : quatre vérités que Lagarde ne vous dira pas
  • Retraites, des solutions justes et responsables existent
  • Mouvement autour du parti ou parti en mouvement.
  • Particularismes d’Europe écologie au service de l’écologie politique : point de vue seine-et-marnais
  • De la différence politique entre écologie et écologisme
  • 24 juin 2010 : mobilisons nous !
  • 22 mars : l’exemple des « Écologeeks »
  • Europe Écologie : un mouvement multiple
  • Devenir organisationnel d’Europe Ecologie ?
  • Contribution de « La Souris Verte, Forum des jeunes écolos du Nord/Pas-de-Calais »
  • Les 5 visages d’Europe Ecologie
  • « Ce que je crois… »
  • Faire de la politique vraiment autrement?
  • Une triple urgence écologique et sociale mais aussi politique.
  • Proposition et contribution à notre avenir commun : Réseau Europe Écologie Verts (R.E.E.V)
  • COOPÉRATIVE TRANSVERSALE EUROPE ÉCOLOGIE 3 MAI
  • La diversité des parcours, une richesse humaine qui nous renforce, un élément central de notre identité
  • Ecologie politique : pour un mouvement durable !
  • Une idée de réforme des retraites : la retraite dégressive
  • Scoop on the ee’s coop
  • Contribution à la genèse d’un parti novateur éthique et démocratique
  • Les débats de la Ruche : comment publier une contribution ?
  • Europe Ecologie une structure en archipel
  • Pour un conseil interregional d’Europe Ecologie
  • « Paris prend la Bastille »
  • De la mondialisation économique à la mondialisation politique
  • Pour un féminisme ouvert et pluriel
  • Colère d’une écologiste
  • « On garde des vaches, pas les enfants »


  • Derniers commentaires...