Europe Ecologie: vieille éthique ou vieille politique?
par Pascal Durand
article paru dans Mediapart
Après l’écologie radicale, assisterons-nous à l’arrivée de la «radicale-écologie»? Celle qui, à l’instar de son aînée, érigera les postures, les dîners en ville, le clientélisme et les arrangements entre amis comme fondements de l’action politique. A le penser, certains «jeunes» professionnels de la politique obèrent l’avenir d’un mouvement dont ils ne mesurent l’utilité qu’à l’aune de leur carrière personnelle et de leurs intérêts partisans. Tolérer cette dérive développée sur fond d’égos insatisfaits et de patriotisme identitaire serait s’en rendre complice.
L’occultation des débats de fond au profit des attaques personnelles, des procès d’intention ou des atteintes à la dynamique collective brise l’élan, démobilise les militants et douche les enthousiasmes naissants. Loin d’aider à son développement, ces comportements marginalisent et discréditent la thématique écologique.
Une autre voie. L’écologie n’est pas une philosophie ou un courant d’idées parmi d’autres, elle est une pratique. Europe Écologie l’a compris et a su valoriser dans une logique de rassemblement, les engagements citoyens et les parcours de vie en les mettant au service d’une cause politique commune. Sans rien céder sur les principes et les valeurs, Europe Écologie a modifié les jeux de pouvoir et permis à l’écologie de devenir la troisième force politique de ce pays. Elle a de facto contesté les prébendes de celles et ceux dont la fonction essentielle était de se partager les rentes de situations électorales. Elle a bousculé les logiques de bloc et permis d’identifier l’écologie politique pour ce qu’elle est, la seule alternative crédible aux vieilles logiques productivistes de gauche, comme de droite.
Donner envie de politique. Pour redonner un sens à la politique, pour faire société, pour que les citoyennes et les citoyens se réinvestissent dans le champ politique, les écologistes devront avant la fin de l’année, lors de leurs assises constituantes, oser des choix audacieux.
Sur le projet d’abord, en renforçant son autonomie, en écartant la facilité des incantations idéologiques et des propositions démagogiques d’où qu’elles viennent.
Sur les principes et les modalités ensuite,
- en revisitant notre approche du pouvoir et du compromis pour entrer dans l’ère du partenariat et en terminer avec les pratiques de filialisation ou de marginalisation,
- en refusant le repli identitaire pour valoriser la diversité et s’ouvrir à la société dans toutes ses composantes (associations, syndicats, ONG, mouvements citoyens, etc.) tout en respectant leur autonomie
- en repensant le fait majoritaire pour rechercher le consensus,
- en privilégiant l’éthique et l’intérêt général pour limiter les phénomènes de personnalisation et les dérives bureaucratiques (adoption d’une charte éthique, strict respect de règles de parité, de non cumul, de séparation des pouvoirs)
- en renonçant aux gouvernances technocratiques, pyramidales et centralisatrices pour faire vivre dans les territoires une véritable démocratie délibérative (parlements régionaux, maisons de l’écologie, états-généraux thématiques, …),
- en pratiquant l’égalité dans la désignation des candidat-e-s (par des primaires ouvertes au niveau de chaque territoire et pas uniquement lors des élections nationales),
- en tenant compte de nouvelles pratiques de militance et d’engagement citoyen pour éviter l’uniformisation et l’enfermement dans un statut unique (droits de vote différenciés, participation à l’élaboration d’un projet, mobilisation sur une campagne, etc)
Ne pas céder au conformisme et porter l’imagination, la créativité et le renouveau en politique, voilà le défi de l’écologie politique. Il est riche de promesses et de possibilité, mais un fait est déjà certain, la jeunesse et la vieillesse ne seront pas pour lui une question d’état civil.







OK Zenblabla, tu veux du lourd, du jamais vu en politique, un logiciel de travail collectif pour faire de la politique toutes et tous ensemble à égalité de droits, pour construire tant au niveau national (statuts puis programme politique) que local (municipalités), en temps réel, de chez soi, avec du vote en ligne…
http://www.ecologie-collaborative.net/elggbrut/
Brut de décoffrage.
@Laurent!
Non,non!
Ça, ce que tu imagines, outre sorte d’avatar du populisme, c’est effectivement du lourd! T’es lourd?
Moi je veux du léger, c’est beaucoup plus efficace!
« tous ensemble à égalité de droits, pour construire tant au niveau national (statuts puis programme politique) que local (municipalités), en temps réel, de chez soi, avec du vote en ligne… »
Je n’y crois pas un instant.
Je suis simple électeur, et je veux déléguer, ce qui est essentiel.
Mais je ne voudrais pas encore de la daube…,bien entendu!
L’écologie cela me plaît pour causes philosophiques, parce que la phénoménologie qui a plus d’un siècle elle advient petit à petit en politique, et parce qu’à la suite c’est par des attendus autant incontournables que contournés que si la science de l’écologie a envisagé les choses comprises dans leur milieu comme « éco-systèmes » pour simple connaissance (la relativité de Poincaré ne profite de pas plus), alors l’écologie politique fait s’y engager en convenable intelligence, ce qui est le moins, entre soi déjà et mieux entre tous.
Cela balbutie, alors cela doit être minutieux, car cela est périlleux, avec le présupposé des systèmes englobants, où patine la science car c’est son lot, et alors que l’écologie politique dirait et même saurait, si un enfant de six ans actuellement peut douter légitimement!
Les propositions doivent être élaborées, précises et vulgarisées.
Ce blog ne fabrique pas cela…
C’est pour le sens de l’ouverture que l’écologiste contemporain doit maintenant absolument instiguer!
Je ne dis pas plus que sur ce blog, ce sens de l’ouverture il n’ est pas suffisant.
Je dis que pour ce sens ce blog est illisible!
Je dis que cela est dommageable.
Je dis que les sujets abordés doivent être ceux de l’actualité au moins.
Je dis qu’en politique, singer le parlement officiel, c’est faire œuvre de politique, car cela ramène en actualité des arguments inouïs, comme l’écologie politique doit les proposer.
Je dit que ces propositions, elles doivent structurer et élargir ce blog.
Je dis que ce n’est plus dans les comportements en structure administratives de nos élus, diffusant alors tels de grands sachets de thé, que des intervenants écologiques feront promesses en politique,tandis qu’éternellement cela s’attend en politique.
Je dis par exemple, que supposer que l’écologie politique, confite serait-elle en la politique à papa, imagine ne pas convoquer des économistes en son sein, lisibles sur son blog, proposant créer des banques et frapper monnaie, elle se trompe d’époque et de combat.
Financer quoi, cela n’est pas financer qui…à travers la finance qui déjà existe et fagocite l’écologie quant elle veut, et même comme elle veut.
Les putatifs votants d’EE, ceux dont EE a besoin, ils attendent quelque chose d’une autre trempe!
Vous ne me décrivez que le parti des poules anti-grillage…
En mauvaise foi, je m’y entends si nécessaire!
J’exige pour ma part, si devant être acteur d’EE ou votant d’EE, que la vitrine d’EE ne soit pas seulement l’affiche en séduction de délégataires parmi d’autres.
Je me fiche pas mal comment ils s’enfichent…
Je veux qu’ils aient du talent politique. pour convaincre avec l’écologie faisant promesse, qu’ils soient « techno » pour preuve, comme l’éco-système des sociétés ne peut plus être autrement.
« Les propositions doivent être élaborées » oui, comment, par qui, de façon bonapartiste par une personne seule aussi brillante soit-elle dans son coin, ou par des groupes de citoyenNes agissant dans la transparence.
Je préfère découpler l’élaboration (avec comme outil le site collaboratif) de la présentation sur un site plus ‘joli’ qui est également en construction par la société privée qui réalise les sites de campagne. De même qu’on ne fabrique pas et vend
dans les mêmes locaux. L’atelier et la vitrine.
Respecter ce que l’on dit tout simplement pour commencer ou s’en excuser quand la chose est impossible …
Quelques notes vite fait après avoir lu avec beaucoup d’intérêt le manifeste de JPB (je suis en accord total avec ce qui est écrit) :
Je m’interroge sur la pertinence d’écrire « sauvons la planète, pour le bien de la planète, préservons la planète… » ; je crois que la planète restera planète quoi qu’il arrive. Je pense qu’il faudrait plutôt écrire sauvons nos sociétés humaines. Quant à la « biosphère qui se dresse contre l’homme » ??? là je ne vois pas ; je crois que la biosphère n’a que faire des êtres humains et que sans lui rien de changera pour elle ; attention a ne pas trop regarder de films américains pleins de monstres gigantesques qui surgissent des égouts ; la biosphère ne va pas se dresser devant nopus pour nous avaler tout crus.
Mettre en avant la « nature qui meurt, la prédation du vivant, les réalités physique de la planète… » me paraît une erreur, il faudrait d’abord parler du social, car le gros risque à mon avis aujourd’hui c’est de voir la désagrégation des sociétés humaines liée aux crises et en particuliers la crise financière; la crise environnementale est une conséquence qu productivisme duquel nous devons impérativement sortir, qu’il soit d’état ou capitaliste.
« Incarner une autre vision de l’avenir au niveau national, européen, mondial » : oui, mais aussi au niveau local ; penser globalement pour agir localement, c’est bien, mais nous pouvons aussi penser localement pour agir globalement, non ?
« tratiques reposant sur l’exemplarité de ceux qui auront les responsabilités » ??? Oui, voeu pieux, car sommes-nous plus vertueux que les autres ? Il y aura toujours des crapules même de couleur verte. Soyons vigilant.
Il n’y a rien sur l’urbanisation, sur la ville qui abrite 70% de la population.
« croissance verte, développement durable » : il faudrait expliquer en quoi ce sont des leurres et démonter ses notions qui ne sont que des leurres mis à toutes les sauces.
Construire des « majorités d’idées » me paraît aussi être un voeu pieux quand on sait que la discipline de parti règne en maître dans les groupes parlementaires français, et jusqu’au sein des Verts, non ?
« écologistes et socialistes ne sont pas des alliés naturels, ils n’appartiennent pas à la même histoire » ?? Je doute ! Je crois que les écolos sont imprégnés par l’histoire du socialisme et s’inscrivent dans les grands courant utopiste du XIXème.
Voilà, c’est tout.