Quel avenir pour Europe Ecologie ?

Envoyez cet article par email Envoyez cet article par email
4.00 / 5

L’Ecologie Politique est tout à la fois une pensée et une action autonomes, même si elle prend une partie de son origine dans l’histoire du mouvement social, voire du mouvement ouvrier, c’est en cela que nous nous réclamons en partie des valeurs dites « de gauche ».

L’Ecologie Politique est un nouveau paradigme ayant une vision d’un projet de société global, intégrant le social, l’environnement, la démocratie.

L’Ecologie politique est une alternative de société tant au capitalisme qu’aux diverses formes de socialismes plus ou moins réalisés.

Pour porter ce projet, nous avons besoin d’une force politique autonome, intellectuel collectif et force d’action, travaillant à la fois dans les institutions en cherchant à les transformer, et dans le mouvement social. Cette force politique a vocation à devenir la force autour de laquelle doit se structurer une nouvelle majorité culturelle et politique.

Cette force politique, les Verts essayent de la construire depuis des années avec de nombreux aléas, dus pour beaucoup à la situation institutionnelle de la 5ème république.

Le succès des listes Europe Ecologie est lié à cette image de rassemblement tant au niveau politique que social, à des élections proportionnelles traditionnellement favorables, et à une prise de conscience du contexte de crises multiples (sociale, environnementale, économique, sanitaire, démocratique) où seule la réponse écologiste est apparue novatrice parce que répondant aussi à l’urgence sociale.

Le contexte est donc évidemment propice à une réflexion sur la construction d’une force politique nouvelle prenant en compte les acquis des Verts et intégrant les aspirations et les espoirs qui se sont fait jour depuis un plus d’un an.

Définir un projet et une stratégie avant la structure

La définition du projet politique commun est évidemment un préalable à la structure.

Il ne s’agit pas, bien entendu, de rédiger au préalable « le programme », mais au moins de s’entendre sur quelques bases communes  . Le texte voté par le CNIR le 28 mars a d’ailleurs donné un cadre politique très clair et satisfaisant.

Nous ne partons pas de rien : l’appel des européennes, le programme des européennes, les programmes régionaux sont un socle suffisant pour commencer mais il reste beaucoup de dossiers non-traités aux précédentes élections qui  nécessitent un débat .

De plus, nombre de nouveaux signataires d’Europe Ecologie n’ont pas forcément ce même socle commun

La stratégie que nous allons développer mérite également un accord préalable : Quels rapports à la gauche, quelle autonomie aux élections, quelle candidature aux présidentielles ?…La liste est longue de sujets qui peuvent fâcher et si nous nous rassemblons, il faut bien définir le but commun sous peine d’exploser en vol dans les mois qui vont suivre.

La rédaction d’une charte d’adhésion est un préalable.

Au sein d’Europe Ecologie, des aspirations différentes .

Nous savons que dans notre pays, le militantisme syndical est faible, le militantisme politique encore plus faible, a contrario d’un militantisme associatif multiforme très vivant. Le « désir de politique » prend donc, des formes différentes selon les sympathisants d’Europe Ecologie.

Beaucoup sont déjà engagés dans un parti politique, Les Verts, et souhaitent le rester, soit tel qu’il est, soit transformé, soit dépassé, voire transmuté.

Certains militants d’Europe Ecologie ou le rejoignant, sont membres d’autres forces politiques et souhaitent le demeurer (MEI, CAP 21, RPS) .D’autres, encore ont quitté leur organisation précédente (PC, PS, Alternatifs, etc…)

D’autres militants d’Europe Ecologie, souhaitent participer à la construction d’un parti politique qui ne soit pas les Verts, pas tout de suite, ou même pas du tout pour

différentes raisons ( image extérieure de division, une histoire militante personnelle conflictuelle, etc.) et sont favorables à la création d’un Nouveau Parti Ecologiste dont le nom reste à déterminer.

D’autres encore ne veulent pas entendre parler d’un parti politique. Mouvement, réseau, coopérative, les noms changent, mais le souhait principal est le refus d’une structure qui apparaît comme enfermante, aliénante, voir « ringarde ».

Les propositions d’organisation sont souvent confuses, contradictoires, car il est souhaité tout à la fois une structure souple peu engageante et la volonté de pouvoir décider, la critique des jeux de pouvoir pour désigner des directions mais également le refus des leaders charismatiques autoproclamés dont on se méfie !

Si on ajoute à ceux là, nombre d’individus, chercheurs, intellectuels, associatifs, qui existant par eux-même, n’ont pas besoin d’une structure, ou ne veulent pas en subir la contrainte collective, on peut comprendre la difficulté à innover.

Enfin, on rencontre aussi beaucoup de sympathisants, qui ne veulent s’engager qu’au coup par coup, distribuer des tracts, participer aux manifestations, sans pour cela souhaiter un engagement prolongé dans une structure politique.

Au vu de ces aspirations divergentes voire contradictoires, on comprend alors la difficulté à construire une structure commune qui évite le piège du plus petit dénominateur commun.

Le défi qui nous est proposé, pour être enthousiasmant, doit, néanmoins, partir d’une vision réaliste. Les propositions que nous devons faire doivent tenir compte de cet état de fait et nous devons donc avoir, non pas une structure unique et centralisée mais une série de lieux correspondant à ces différentes attentes en prévoyant les phases de transition nécessaires à la réussite .

.

Un nouveau mouvement politique

Afin de concilier ces différentes aspirations, la seule solution est de constituer une nouvelle force politique entourée d’un réseau interactif .

Ce mouvement politique que nous voulons construire doit reposer sur un minimum de base démocratique commune : les adhérents décident de la ligne politique, du projet, de la stratégie, de leurs règles de fonctionnement communes et élisent leurs représentants internes (délégués et exécutifs qui parlent en leur nom sur les mandats politiques prédéfinis) et leurs candidats externes.

En lien avec le projet politique et la stratégie, les comités locaux se constituent sur la base des adhésions à la charte.

Les comités locaux se regroupent en coordinations départementales et régionales qui désignent, au prorata de leurs nombre d’adhérents, les origines politiques n’étant pas prises en compte,  des représentants au futur Conseil politique qui sera l’instance  dirigeante future.

Ce Conseil politique, issu des comités locaux, élira l’exécutif à la fin de la période transitoire.

Les Verts existent, et légitimement ne peuvent disparaître immédiatement dans une structure dont on ne sait pas encore comment elle va fonctionner, sur quelle ligne politique, quel projet, quelle animation, quelle désignation de candidats, sans parler du lien avec le Parti Vert Européen dont nous sommes membres.

La problématique est la même pour le MEI, Cap 21 ou RPS ou d’autres

composantes politiques qui pourraient nous rejoindre comme la FASE, les alternatifs, les communistes unitaires etc…

Une forme d’association coopérative est donc nécessaire avant de se dissoudre dans le nouvel ensemble.

Nous sommes donc obligés de passer par une phase transitoire de type coopératif fédéral ou confédéral, en même temps que se constitue progressivement la forme convergente des comités locaux.

Elle peut et doit être démocratique, sans apparaître comme un instrument paralysant ni bureaucratique en adoptant le principe 1 personne/1voix.

Ce Conseil Coopératif Provisoire(l’équivalent du CNIR ou de la direction politique) serait constitué par 2 délégué(e)s  pour 200 adhérents des organisations, collectifs ou collèges adhérents . Un collège serait constitué des adhérents directs. Le principe 1 personne/1voix est parfaitement respecté et nous en avons fini avec la cooptation et la non-parité de genre.

L’exécutif serait de même, constitué d’1 membre pour 1000 adhérents ou fraction de 1000. Ce qui permet là encore de respecter les  principes et de ne pas écraser les plus petites composantes.

Ce Conseil Coopératif constituerait de façon transitoire la première chambre décisionnelle du nouveau mouvement et a vocation à disparaître.

Pour les individus, les représentants d’associations, les élus, mais aussi de notre nouveau mouvement politique, il faut une autre structure que l’on pourrait appeler « Agora de l’Ecologie » ou « Ruche de l’Ecologie ».

Forum essentiellement de débat, en liaison avec la future Fondation, mais aussi travaillant par commissions thématiques, elle permettrait d’associer sans véritables enjeux de pouvoirs des personnalités, des intellectuels, des syndicalistes, des représentants de mouvement sociaux et des politiques. Cette « Agora de l’Ecologie » ou « Ruche de l’Ecologie » doit avoir des déclinaisons régionales permettant d’intégrer d’autres problématiques et d’autres personnes.

Cette structuration permet de répondre aux différentes attentes sans mettre en concurrence les initiatives.

La proposition publique de cette structuration, pourrait être faite au cours des « Assises de l’Ecologie », qui permettrait à tout ceux qui viennent de travailler avec nous aux européennes, aux régionales, de participer,  mais aussi à d’autres qui sont encore éloignés ( groupes alternatifs, membres de la FASE, du MEI, de CAP21) de venir discuter la tête haute. Chacun pourrait alors individuellement et/ou collectivement de choisir son engagement : adhérer individuellement ou collectivement au mouvement ou à l’une de ses composantes ou simplement participer à l’ « Agora de l’Ecologie » ou « ruche de l’Ecologie ».

Didier Claude Rod

Michel Bock

Rédigez un commentaire



Follow Me! Suivez Europe Ecologie sur Twitter Suivez Europe Ecologie sur Identica Suivez Europe Ecologie sur Facebook


Europe Ecologie : le débat on Facebook












A lire dans La Ruche

  • Le « Projet 2012 » se construit avec vous
  • Les états généraux pour l’emploi et l’écologie
  • Europe Ecologie : un projet de budget alternatif, juste, économe et stratège
  • Contre une réforme injuste, des solutions écologistes durables
  • 4 septembre 2010 : Mobilisons-nous !
  • Chômage : quatre vérités que Lagarde ne vous dira pas
  • Retraites, des solutions justes et responsables existent
  • Mouvement autour du parti ou parti en mouvement.
  • Particularismes d’Europe écologie au service de l’écologie politique : point de vue seine-et-marnais
  • De la différence politique entre écologie et écologisme
  • 24 juin 2010 : mobilisons nous !
  • 22 mars : l’exemple des « Écologeeks »
  • Europe Écologie : un mouvement multiple
  • Devenir organisationnel d’Europe Ecologie ?
  • Contribution de « La Souris Verte, Forum des jeunes écolos du Nord/Pas-de-Calais »
  • Les 5 visages d’Europe Ecologie
  • « Ce que je crois… »
  • Faire de la politique vraiment autrement?
  • Une triple urgence écologique et sociale mais aussi politique.
  • Proposition et contribution à notre avenir commun : Réseau Europe Écologie Verts (R.E.E.V)
  • COOPÉRATIVE TRANSVERSALE EUROPE ÉCOLOGIE 3 MAI
  • La diversité des parcours, une richesse humaine qui nous renforce, un élément central de notre identité
  • Ecologie politique : pour un mouvement durable !
  • Une idée de réforme des retraites : la retraite dégressive
  • Scoop on the ee’s coop
  • Contribution à la genèse d’un parti novateur éthique et démocratique
  • Les débats de la Ruche : comment publier une contribution ?
  • Europe Ecologie une structure en archipel
  • Pour un conseil interregional d’Europe Ecologie
  • « Paris prend la Bastille »


  • Derniers commentaires...