Devenir organisationnel d’Europe Ecologie ?

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Préalable: La réflexion sur notre organisation ne peut se faire sans au préalable étoffer de manière significative la charte à l’origine d’EE et plus particulièrement en matière de rapport à la vie politique (cumul des mandats, institutions) et à la notion de travail qui me semble consubstantielle à la nature même d’un système qui doit tourner le dos à la logique productiviste.

Europe Ecologie fait désormais partie du paysage politique, aussi il serait dommage de changer de nom alors qu’on sait il est toujours difficile d’imposer une « marque » dans le grand public (sachant que l’appellation Verts est encore reprise par certains médias).

Ces élections régionales ont rendu caduque la seule distinction Verts/non Verts. En effet, ces derniers mois, Europe Ecologie a réussi à dépasser la dynamique des européennes en agrégeant certes de nouvelles personnalités mais aussi tout ou partie de mouvement plus ou moins structuré (Nouvelle Gauche, MEI – dans certaines régions -, Pole Ecologiste et probablement d’autres dans un avenir plus ou moins proche).

Cette phase de consolidation pour Europe Ecologie implique une première interrogation : quelle réalité sur cette notion 50/50, -Verts/Non Verts- et surtout comment peut-elle encore tenir sur le long terme ?

Dans ce cadre plus éclaté et plus complexe, se pose par conséquent une certaine primauté des verts dans la décision « finale » du fait même de la notion de cooptation. On pourra toujours dire que cette prime verte est caduque, cette affirmation n’est valable que dans un contexte non électoral et encore…

Dans ce domaine, plus que jamais, il est donc nécessaire de poser clairement les choses, tant au niveau de la prise de position que dans la constitution de listes ou la désignation de nos candidats. Cette clarification structurelle doit donc permettre d’asseoir le respect et la confiance qui a pu s’éroder dans certaines régions entre les différentes sensibilités et les adhérents

Dès lors se pose la question de l’organisation future d’Europe Ecologie.

Un parti : Cette solution me semble néfaste sur le court et long terme. En effet, transformer l’expression diverse d’EE via un vote un homme/une voix implique de se conformer aux us et coutumes des partis politiques existants avec son corollaire lié à la présidentialisation. Cette logique institutionnelle pose de facto le problème de « l’écurisation » où on ne comptera plus que le « qui soutient qui ». Qu’on soit clair entre nous… Je n’ai pas envie de me battre pour faire 2%. Ce qui déterminera notre choix, c’est le projet qui pourra nous sortir durablement de l’UMPisation de la société.

D’autre part, au vu de l’abstention endémique confirmée par ce dernier scrutin, je m’interroge sur l’opportunité de ce type d’organisation. Point de longue digression, les partis traditionnels sont désormais le lieu d’un certain clientélisme accentué par la faiblesse de leurs effectifs. Cette réalité se traduit dans le domaine des idées par un néant assez criant. D’autre part, je continue à penser que le militantisme traditionnel est devenu pour partie inopérant, sinon la participation ne serait pas au niveau que l’on connaît.

Une Fédération d’organisations :

Ce mode pourrait répondre aux objectifs électoraux d’Europe Ecologie avec notamment l’ambition d’agréger les différentes composantes de l’écologie politique progressiste. Cependant, ce type d’organisation ne répond que de manière indirecte aux questions de la démocratie interne et de l’expression des militants.

De fait, Europe Ecologie doit pouvoir relever plusieurs défis : amplifier sa dynamique née de l’arrivée de composantes et personnalités diverses, continuer sa pollinisation de la société dans le cadre d’une analyse systématique, assurer l’expression militante de chacun et maitriser son discours vis à vis de l’extérieur.

Une organisation hybride :

Cette organisation complexifie la lecture d’un appareil politique cependant il peut répondre à deux objectifs majeurs : stabiliser l’organisation d’EE tout en demeurant relativement souple pour intégrer de nouvelles composantes (représentation de type fédéral) et permettre l’expression de tous les militants à tous les niveaux de décision (un homme – une voix).

Cette structure impose de délimiter par avance la représentation de ces deux collèges. L’un composé à part égale de chacune de ses composantes, l’autre élu par l’ensemble des adhérents directs et donc mettre en place la possibilité d’adhérer directement à Europe Ecologie (avec une grille tarifaire prenant en compte le revenu médian).

A partir de là, il suffit de décliner cela au niveau national comme au niveau régional avec par exemple (2/3 composante – 1/3 élu). Au regard des forces militantes en présence, il n’est peut être pas utile de pousser plus loin le mimétisme. A noter qu’on peut imaginer une clef de répartition inversée pour le « parlement » afin que celui-ci soit un acteur essentiel dans les débats.

Parallèlement, il est nécessaire de mettre en place chaque année des assises sur une thématique précise, préparée en amont dans toutes les instances par les adhérents et en associant des « experts » à ces travaux; cette cellule de préparation étant amenée à renouveler ses organisateurs en fonction des travaux prévus.

A cela, il convient bien entendu de continuer et d’approfondir la « vie virtuelle » d’Europe Ecologie.

Voilà ma contribution que je préfère limiter à deux feuillets mais nous ne pouvons faire l’impasse sur la question des modes de militance ; de l’articulation avec la FEVE (elle non plus ne peut faire l’économie d’une réflexion sur son évolution) notamment dans le cadre de l’interrégionalité. De même, on ne peut passer sous silence les aspects financiers ou encore celle de ces salariés.

Marc Vasseur – Roubaix – Nord-Pas de Calais

7 commentaires

  1. Les questions organisationnelles sont toujours des questions complexes. D’autan qu’elle ne peuvent pas être déconnectées des finalités, donc des valeurs, et du projet politique. La particularité d’EE c’est d’avancer en même temps sur le contenu et sur la manière de s’organiser.

    Dans ce contexte la pire des choses serait de copier ce qui existe et que les françaisrefusent de plus en plus dans leur immense majorité, c’est à dire le Parti avec sa hiérarchie pyramidale, ses règles contraignantes, le verrouillage par les élus notables des temps modernes, et le jeu d’écuries présidentielles.

    Nous avons donc l’obligation d’innover pour que notre forme organisationnelle soit à l’image de notre volonté politique d’ête une alternative crédible à un système économique dominant à bout de souffle, et à des pratriques politiques qui ne permettent pas le renouvellement.

    jJe n’ai pas un kit clé en main en réponse à cette obligation. Cependantr il me semble qu’il y

  2. Les questions organisationnelles sont toujours des questions complexes. D’autant qu’elle ne peuvent pas être déconnectées des finalités, donc des valeurs, et du projet politique. La particularité d’EE c’est d’avancer en même temps sur le contenu et sur la manière de s’organiser.

    Dans ce contexte la pire des choses serait de copier ce qui existe et que les français refusent de plus en plus dans leur immense majorité, c’est à dire le Parti avec sa hiérarchie pyramidale, ses règles contraignantes, le verrouillage par les élus notables des temps modernes, et le jeu d’écuries présidentielles.

    Nous avons donc l’obligation d’innover pour que notre forme organisationnelle soit à l’image de notre volonté politique d’ête une alternative crédible à un système économique dominant à bout de souffle, et à des pratriques politiques qui ne permettent pas le renouvellement et la rupture.

    Je n’ai pas un kit clé en main en réponse à cette obligation. Cependant il me semble qu’il y a des valeurs et des principes de référence qui doivent servir de fondamentaux à notre organisation. Je les donne en vrac, sans développer aujourd’hui. Un homme/une voix, un esprit type réseau social qui permet un contrôle permanent de chacun et une libre expression, une autonomie locale, régionale, des structures de pilotage aux niveaux local, régional et national, avec des responsables renouvelés régulièrement, des élus « primus inter pares », le non cumul, un nombre limité de renouvellement de mandat.

    Tels sont, rapidement énoncés, les principes sur lesquels me semble t’ ilil faut avancer dans notre réflexion organisationnelle. Il nous faut cependant être conscient que le système politique français n’est pas adapté à une forme nouvelle d’organisation, aussi nous deons réfléchir à une structuration type parti qui permette la reconnaissance institutionnelle (je pense en particulier aux financements publics).

    Je ne suis pas spécialiste en droit, il m’est difficile de juger de la pertinence d’un tel système hybride et novateur, mais ce sera la démonstration de notre capacité à innover que de trouver une forme qui réponde à nos objectifs et qui puisse s’imposer sur la durée dans le paysage politique.

    Je ne sais pas si ma contribution apporte quelque chose de nouveau et de porteur pour prolonger la réflexion, c’est l’état de ma pensée aujourd’hui sur cette question. Je crois à l’intelligence collective, et je suis persuadé que du débat, de la confrontation d’idées, naîtra une perspective qui pourra déboucher sur une réponse appropriée.

    Michel Cavallier – Perpignan

  3. gildas layec de nantes dit :

    Et si on parlait – aujourd’hui 6 juin 2010 – de l’organisation présente pour organiser le débat et la construction du mouvement…

    Un cap national, un bureau exécutif que personnellement et solitairement je nie !

    DCB parle d’éthique : pratiquons, pratiquons !!!

    Si difficile de créer un outil d’organisation et de contruction collaboratif, participatif, démocratique, etc…
    Les débats hier construisaient un parti d’un classisime classique à la dynamique evanescente !

    Se secouer les neurones !!!

  4. Lebreton André dit :

    A propos de non cumul de mandat, se rappeler, et le redire, que ce ne peut être une règle opposable lorsqu’il y a carence d’autre(s) candidat(e)s…

    A propos de nombre limité de renouvellement de mandat, se souvenir qu’en Russie, par exemple, lorsque le cumul de mandat interdit une candidature cumulée, on sait trouver un nouveau candidat qui sera à la botte de l’ancien. Et donc, y a-t-il une parade, et quelle est-elle ?

    A propos d’expressions latines (comme par exemple  » primus inter pares  » ), je suggère que, sachant que la force d’une chaîne est celle de son maillon le plus faible, nous fassions systématiquement un renvoi vers la traduction en français de base !…

    Lorsque Gildas Layec de Nantes parle d’un cap national, veut-il dire  » une orientation nationale  » ou bien un C.A.P. national, et avec quelle définition , ) … ?

    Je remercie d’avance les intervenants qui répondront à mes préoccupations !…

    André Lebreton – St Arnoult en Yvelines

  5. Michel Cavallier dit :

    Je réponds à André Lebreton. Tout d’abord toutes mes excuses pour l’emploi d’une expression latine. Primus inter pares, c’est le premier parmi ses pairs, une manière de dire qu’il n’y a pas une hiérarchie trop verticale, et que tout responsable l’est sans que cela retire du pouvoir aux autres. C’est tout à fait dans l’idée de la coopérative.

    Sur le non cumul, je suis d’accord pour reconnaître qu’il n’y a pas de système parfait, mais on peut y tendre, et il me semble que le non cumul et le nombre limité de renouvellement sont de ce point de vue un progrès. Maintenant il est vrai que même les dictatures aujourd’hui se donnent une apparence démocratique (vote), pour autant elles ne le sont pas. Nous devons donc être vigilant, et tout est lié, au système organisationnel mis en place, a son fonctionnement, aux contre-pouvoirs, le tout adossé à nos valeurs de référence et à nos objectifs politiques, pour garantir une vie démocratique, c’est à dire de libre expression et de cohérence collective en même temps. Chacun donc doit se sentir libre et responsable.

    Tout système peut être détourné de ses objectifs, ce ne doit pas être une raison pour ne pas évoluer. Je crois profondément qu’il y a une attente chez les français d’un renouvellement des pratiques politiques, et l’espoir d’une alternative à un système qui est à bout de souffle. EE est regardée par beaucoup comme répondant à cette attente et à cet espoir. Ne tombons pas dans le piège des querelles de personnes, soyons essentiellement sur le débat, et si nous devons faire le buzz pour faire parler de nous, faisons le intelligemment. Nous sommes au milieu du gué, revenir en arrière en se repliant sur les Verts c’est perdre tout le bénéfice des derniers résultats électoraux et devenir une organisation supplétive du PS.

  6. Laurent Petit dit :

    Je te rejoins sur tout ce que tu as énoncé Michel. Sur les difficultés de mise en place, une que tu signales, le lien avec les institutions de la 5e république; la 2e le fait que , pas les adhérents directs, chez les formations alliées Fase, CAP21 et certains Verts ne veulent pas voir leur formation disparaitre, l’appréhension du grand saut, mais il faut en tenir compte.

  7. Désolé pour réponse tardive !

    Je parlais de C.A.P.

    Cf mon blog !

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