« Ce que je crois… »

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« Le monde a commencé sans les hommes et finira sans eux » (C. Lévi-Strauss)

Après avoir osé commettre vingt pages de contributions, je propose ici une synthèse très partielle montrant comment je conçois une partie de la construction de notre projet de rassemblement autour d’Europe Ecologie (EE), que l’ont soit un jeune écolo, un ancien vert, un indépendantiste ou un simple passager embarqué sur EE.

DEFINIR NOS FONDAMENTAUX :

J’ai noté des divergences de vues sur plusieurs sujets, entre les différentes composantes de notre rassemblement. La première action doit donc être, à partir des contributions, de définir les fondamentaux, de les écrire, de les soumettre aux « critiques » des militants lambdas dont je suis, et remettre le métier sur l’ouvrage … jusqu’à trouver un consensus démocratique.

Fondamentaux politiques :

L’Europe :

Affirmer notre « Désir d’Europe » ( Pierre Jean Rémy).

Voulons-nous une Europe des nations, des régions, ou une Europe fédérale.

Moi, je la veux fédérale, pour que les citoyens décident via le parlement de l’Europe à la place de Commissions à peine légitimes et des gouvernements et nationaux.

La France :

République fédérale d’Europe.

Définir très clairement notre vision des institutions de cette République : quinquennat ou retour au septennat, ticket présidentiel (président – premier ministre), rôle du parlement, mise en place des « contre-pouvoirs », etc.

Réaffirmer la laïcité.

Affirmer que nous simplifierons les lois, mais les ferons appliquer ; nous ne nous contenterons pas d’en faire encore et encore comme c’est la mode.

Les régions :

Prôner et appliquer une plus grande autonomie des régions mais surtout leur rendre les moyens de financer leurs projets en privilégiant les projets raisonnables.

Les communes :

Redonner aux maires des pouvoirs et les moyens de les assumer.

La démocratie participative :

Affirmer le droit au « référendum populaire », y compris pour les régions et les communes.

Créer des lieux de paroles : « des parlements des citoyens », et pas uniquement sur Internet.

Fondamentaux économiques :

Ce ne doit pas être les marchés qui guident la politique mais la politique qui régule les marchés. Tout est dit.

Croissance raisonnable :

Affirmer le besoin de croissance : la décroissance est une construction intellectuelle vide de sens tant certains pays ont besoin de croissance pour simplement permettre a leurs populations de ne pas mourir. Nier cela est un colonialisme déguisé.

Orienter la croissance vers des solutions raisonnables, sans dogmes et sans utopie. L’écologie doit être d’encouragement non de répression.

Changer les taxes en diminuant celles qui concernent le raisonnable et en augmentant celles qui touchent le gâchis, tout en essayant de détaxer plus que de taxer.

Définir le partage des dividendes de cette croissance, pour tendre vers un projet idéal et parfait (l’utopie), mais au pas par pas (step by step) en prenant en compte les faits (le réalisme).

Orienter la recherche vers des technologies nouvelles et « durables », mais recherche = argent donc croissance indispensable.

Proposer des pistes face à la crise possible énergétique, et bien admettre que l’on ne peut pas compter que sur « du vent » !

Parler des énergies futures, prendre en compte la nécessité présente du rôle du nucléaire, pour ne pas revenir à la bougie, mais pour mener une transition entre aujourd’hui et après demain.

Fondamentaux du « vivre ensemble » :

Je l’ai déjà dit réaffirmer la laïcité comme l’un des piliers de la République.

Affirmer que si la France est la patrie des droits de l’Homme, les droits imposent des devoirs, et que l’un n’ira jamais sans l’autre.

Réaffirmer l’égalité des droits et des hommes et des femmes et ne jamais pas transiger dans ce domaine.

N’accueillir que ceux que l’on peut recevoir décemment, et le faire savoir.

LES GRANDS ENJEUX DE DEMAIN :

Ils sont nombreux, par exemple :

  • changer le logiciel de références et savoir convaincre de quitter le « moi » pour le « nous »,
  • développer et faire accepter (NON à l’écologie totalitaire !) la croissance raisonnable,
  • développer un urbanisme raisonnable avec aménagement de vrais éco-constructions, de vrais éco-quartiers, appliquer la théorie dite « des villes lentes », etc.
  • développer une agriculture raisonnée et promouvoir le bio sans qu’il soit réservé au « riches »,
  • définir la place – indispensable pour l’instant – du nucléaire,
  • changer l’enseignement : privilégier le mieux contre le plus (y compris pour les enseignants),
  • prôner un partage plus équitable du travail,
  • échanger le dogme de la retraite à 60 ans contre un droit au répit (lire Pierre-Henri Tavoillot), et accepter le réalisme démographique !
  • imposer, dans la coopération Nord-Sud, les progrès de la démocratie comme condition d’aide financière, et contrôler les flux migratoires (relire Michel Rocard).

REFAIRE NOTRE LOGICIEL DE LANGAGE :

Nous devons rejeter les formules toutes faites et trompeuses comme :

  • sortir du nucléaire : parce qu’il n’y à nulle part où entrer et parce que cette formule est trop mal connotée par un mouvement existant déjà ;
  • non cumul des mandats : que personne n’applique (y compris et surtout chez Les Verts), et qui est illogique si l’on songe que l’on reproche aux élus d’être loin des réalités du peuple et si l’on analyse nos modes de scrutins tous basés sur l’encrage territorial, prônons le non cumul des salaires, défraiement et avantages liés aux mandats et cela ira naturellement bien mieux ;
  • décroissance : parlez en donc un bengali ou à un africain du Sahel, si vous osez le regarder dans les yeux, lui et sa misère, évidemment ;
  • éolienne mon amour : ce ne sera qu’à peine au mieux 20% de notre énergie (cf. le Danemark), alors où trouvons nous les 80% manquant (d’où croissance pour la recherche pour des énergies nouvelles),
  • nous devrons cesser de « parler rive gauche » (la décroissance en est un exemple), et accepter de nous mettre les pieds et les mains dans la terre et la boue. Nos concitoyens aimeraient nous comprendre.
  • ne plus « sauver la planète » qui était là avant nous et le sera après, mais assumer que nous voulons nous sauver, nous, les humains.

CONCLUSION :

Voilà vingt pages résumées en quelques lignes. Il faudra que j’ouvre un blog !!!

Maurice GAUTHE – Annoeulin – Nord-Pas de Calais

9 commentaires

  1. marc dit :

    bonjour

    non cumul des mandats : que personne n’applique

    et pour cause, quand ce n’est pas une question de defraiement , c’est une question de pouvoir et d’influence ! , mais cela empeche l’emergence d’une nouvelle classe politique
    car les plus anciens sont les plus enclins a s’acrocher a leurs sieges.

    décroissance : parlez en donc un bengali

    si ce bengali ou c’et africain sont dans cette situation , c’est bien grace a des politiques telles que la france-afrique, et de grands groupes qui exploitent ces pays en ne faisant rien pour les populations locales.
    meme la chine est desormais victime de delocalisations (adidas)

    développer une agriculture raisonnée

    c’est exactement ce que fait le gouvernement actuel a travers du HVE , un label trompeur qui vas entretenir la confusion.
    quand a l’agriculture raisonnée , elle n’en as que le nom, nombreux sont ceux qui utilisent les « roundup » a outrance

  2. SCHMITT dit :

    Sur le thème de la décroissance, je suis d’accord pour dire avec toi, que l’écologie peut prendre deux voies. La Voie Malthusienne. C’est à dire de penser qu’il y a trop d’humains sur la planète et donc qu’il faut laisser faire la loi du plus fort. C’est à cela que mènera la décroissance comme dogme. Ou la voie éthique qui considère que tous les hommes naissent libre et égaux en droits et donc que nul ne peut être sacrifié. Maintenant ce qu’il faut, c’est être conscient aussi que les ressources étant limitées il y aura forcément « décroissance » dans certains secteurs, refuser de l’admettre c’est revenir au Malthusiannisme à l’intérieur des pays. Car lorsque ces industries vont péricliter faute de matières premières de nombreux ouvriers vont rester sur le carreau. Le problème c’est comment préparer ces gens à faire autre chose, à quitter ces secteurs condamnés avant que la décroissance n’arrive. Sinon on va vers un grand clash dans le monde du travail. C’est à dire qu’il faut former les gens pour l’avenir. Les industries ne le feront pas d’elles mêmes, tant qu’il y aura de l’argent à se faire, elles vont continuer comme si de rien n’était rappelez vous les charbons sous Tatcher par exemple. Le drame social. De plus l’activité humaine à un impact sur son environnement, nous serons peut-être amené à abandonner certaines activités si le risque est trop grand, c’est à tout qu’il faut penser.

  3. Maurice. G dit :

    Bonjour Marc,

    j’ai lu votre commentaire avec intérêt.

    Il est vrai, que, dans cet article je résume 25 pages, donc tout n’est pas dit.
    Je vous propose de lire des choses plus complète en entrant sur le réseau social d’EE et un parcourant mon Blog « Pensées d’un écolo lambda ».

    Vous y trouverez des articles plus fouillés sur différents thèmes.

    Cordialement.
    _Maurice_

  4. Joelle G dit :

    1. On peut peut-être prôner la décroissance douce pour les pays qui surconsomment et la croissance douce pour les pays qui en ont besoin. Qui parle de décroissance pour tous ?
    2. Croissance, marchés, et consumérisme sont liés, on n’est pas obligé d’être fan du consumérisme, si ?
    3. On peut peut-être aussi envisager, sans revenir à la bougie, de consommer moins d’énergie, en adoptant un autre mode de vie, avec d’autres références et d’autres valeurs que celles que nous connaissons actuellement dans les pays dits « occidentaux ». Personnellement, je ne vois pas en quoi une augmentation du recours au nucléaire est compatible avec sauver l’humain. Les railleries sur l’éolien me lassent : avez -vous vu les champs d’éoliennes des Etats-Unis ? Moi, oui, de près. dans un pays où Green is Money, il doit bien y avoir une raison.
    4. On a le droit aussi de vouloir sauver la planète, par respect, parce qu’elle ne nous appartient pas, parce qu’elle était là avant nous, que l’Humain accapare tout sans vergogne, richesses et territoires, alors que nous ne sommes qu’un fragment du vivant qu’elle héberge. Demandez donc aux Indiens d’Amérique du Nord ce qu’ils en pensent. Evidemment, ils ont un mode de vie et de pensée que l’Occident a presque, mais presque seulement, réussi à anéantir.
    5. J’en ai un peu assez qu’on assimile les consommateurs bio et les pro- décroissance aux bobos parisiens. On peut, comme moi, ne pas être riche, vivre avec une certaine frugalité, se nourrir bio au lieu de se gaver, ce qui de fait ne revient pas plus cher, ne pas être obsédé par ce que le « génie » humain va encore pouvoir nous concocter d’inutile à consommer, respecter le monde qui nous entoure et ne pas se sentir utopiste, doux rêveur ou malheureux.
    En fait, Maurice, qu’est-ce qui fait de vous un écologiste ? Je lis plutôt un discours socialiste teinté de vert. Ce n’est pas ce que je cherche dans ce mouvement. J’en suis à me demander si les écologistes, je veux dire ceux qui font passer leurs convictions écologistes avant toute autre, auront jamais une place dans un mouvement politique sans être dissous instantanément dans un modèle préexistant légèrement accomodé.

  5. Laurent Petit dit :

    D’accord avec Joelle, le texte de Maurice fait plus penser à un texte PS passé au greenwashing. D’ailleurs « désir d’Europe » rappelle étrangement une grande leader du PS Pour le nucléaire même si on ne peut pas s’en passer du jour au lendemain, la question est quel calendrier pour arriver à 0 nucléaire, quelle recherche on lance
    pour les énergies de remplacement. Eolienne: 20% pour un seul type d’énergie c’est déjà bien. A dévepper l’hydrolien, les « éolienne » sousmarines qui captent les courants marins, l’énergie de la houle; le solaire (du Sahara), les économies d’énergie…

  6. adrien dit :

    La majorité des mouvements de décroissance affirme une « croissance » pour ceux qui n’ont rien: vous caricaturez un mouvement que vous ne connaissez pas.
    Mais si le niveau de vie de certains s’améliore il faudra donc partager les matières premières et l’énergie, donc une décroissance de certains pays.

    Maintenant, dire que le décroissance est un choix politique facile et choisi, avec la « joie de vivre » par les Français, je suis dubitatif..

    Énergie > économie d’énergie avant tout, et le répéter sans cesse! Le nucléaire comme les Énergies Renouvelables ne régleront pas le gros du problème. Avec une loi incitative et contraignante.

    Concernant l’immigration, l’Europe ou la France dans leur forme administrative, je ne sais pas quoi penser.

    Enfin, pour EUROPE ECOLOGIE, j’attends surtout dés 2011: un programme clair et accepté par tous (il faut faire des concessions!), 1 candidat défini (charismatique), et que tout le monde supporte à 120%.
    On peut vouloir faire de la politique autrement, on peut aussi s’inspirer de ce qui rend crédible un mouvement politique.(voir UMP)
    Donc on supporte le programme et le candidat (au moins jusqu’aux élections); sinon, on quitte le navire et vite! De la crédibilité, du sérieux (même avec des idées utopiques) et un esprit d’équipe pour séduire une majorité de Français!

  7. Joelle G dit :

    Oui, il faut absolument un programme, clair, détaillé, chiffré, sans démagogie et résolument ECOLGISTE. Qu’accepter un mode de vie plus frugal ne se fasse pas dans la « joie de vivre » pour tous, c’est certain, mais clamer à qui veut l’entendre comme le faisait Bush, que notre mode de vie – ou de consommation ? – n’est pas négociable nous mène droit dans lemur. L’éducation de l’opinion publique doit être un élément du programme. Si Europe Ecologie élabore un programme qui ne serait qu’une dérivation des programmes existant qui défendent tous croissance, loi du marché, enrichissement personnel, égocentrisme culturel et politique associé au credo « la France – ou même l’ Europe – d’abord, et que les autres se débrouillent », non merci. J’ai adhéré à ce mouvement, cette fédération, ce parti (en fait, l’appellation, je m’en contrefiche) parce qu’il porte en lui une part d’utopie propre à faire bouger les lignes. Nous sommes parvenus à un stade de développement planétaire où le statu quo n’est plus une option. C’est ce que JE crois.
    NB J’appartiens à la mouvance, ligne, inspiration (là encore, je me contrefiche de l’appellation) Pacte Ecologique.

  8. Guillaume dit :

    Maurice,

    Voici quelques réactions à votre texte en tant que signataire d’EE.

    « N’accueillir que ceux que l’on peut recevoir décemment, et le faire savoir. » Que voulez-vous dire par là ? Ça me questionne voire m’inquiète comme prise de position. Qui déterminerait et de quelle manière ceux que l’on peut recevoir décemment ?

    « Croissance raisonnable. » Je préfère parler d’une décroissance des activités « nocives à la nature et à l’homme » et une croissance d’autres plus écologiques. La décroissance des riches est indispensable, nous sur-consommons, les soldes en sont le bel exemple… Le marketing a été créé après-guerre pour écouler les excédents de production. Avons-nous réellement besoin de tous ces biens technologiques forts consommateurs de métaux rares, très coûteux écologiquement et socialement en terme d’extraction, de transformation…

    Bien d’accord avec Marc concernant le non-cumul des mandats… Et pensons aux mandats dans le temps et pas uniquement dans l’espace… Les mêmes politiques bien souvent en place depuis 3 mandats voire plus… (Y compris chez les écolos…). Trois mandats dans le temps, sans cumul, pour une même personne me semblerait le maximum.

    Le terme « Agriculture durable » est mieux approprié et ne relève pas du même concept que celui d »Agriculture raisonnée », bien flou et productiviste. Maurice je vous invite à suivre les propositions de J-L Robillard, vice-président EE à la région N-PdC sur ce thème.

    Oui à l’émergence de nouvelles têtes et enfin sortons de la professionnalisation de la politique. Il est utile de rappeler que les élus n’ont pas de salaires mais des traitements et agissent dans le cadre d’un mandat et non d’un contrat de travail…

    Pour ce qui est de la retraite, parlons de l’assiette des cotisations, et de ne pas inclure uniquement les cotisations du travail. De plus avec l’accroissement des gains de productivité (souvent synonyme de moins d’emplois) , il y a une interrogation à avoir sur la place des machines… et de trouver des modes de calcul incluant des prélèvement sur les machines.

  9. Joelle G dit :

    A 100% d’accord avec Guillaume. Nous sommes plusieurs, dans ces réponses, à partager des idées sensiblement concordantes, et très recentrées sur des principes politiques fondateurs – ce qui n’est pas toujours le cas chez les Verts. Il y a déjà beaucoup de blogs, groupes et autres, mais ne pourrions-nous pas créer quelque chose du genre  » Pour un programme clairement écologiste?  »
    Ne pouvant, pour des raisons financières et logistiques, me rendre aux Assises à Nantes, je me sentirais rassérénée de savoir qu’il s’y trouvera des militants partageant mes « exigences ».

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