CONVENTION REGIONALE – Faux la montagne – Limousin
INTRODUCTION AUX DEBATS
Le samedi 5 juin prochain se tiendra à Paris la convention nationale d’Europe Ecologie – le débat, sur la construction de l’avenir de l’écologie politique.
De nombreuses contributions ont d’ores et déjà été apportées à ce débat et les conventions régionales du 8 mai seront l’occasion de l’enrichir encore.
Afin d’aider chacune des régions à participer ensuite activement à la convention du 5 juin – qui se veut plus « interrégionale » que « nationale » – et y porter le fruit de ses propres débats et réflexions, nous souhaitions vous faire parvenir dès à présent les grandes thématiques que nous évoquerons lors de cette journée.
PROGRAMME DE L’APRES MIDI du 8 mai.
De 13h30 à 17h, débat sur l’avenir d’Europe Ecologie. Quelle structuration du mouvement ? Quelles modalités de fonctionnement et de prises de décisions ? Quelles formes d’engagement et d’action ? Comment construire le projet de l’écologie politique ? Quelles liaisons avec la société civile et quelles formes de partenariat ? etc.
Si le nombre de participants et les locaux le permettent, des ateliers peuvent être envisagés, ou une animation à partir de tables de 6 par exemple, avec rapporteur.
Animation : Jean Louis Valette – Synthèse : Laurent Teyssendier
Outre la volonté de co-construire, l’aspect convivial est indispensable. « De la fête naîtra la construction » (maxime d’un auteur trop méconnu du XXIème siècle qui ne sera désigné ici que par ses initiales : JLV)
ESSAI DE SYNTHESE DES DEBATS
Question 1- Quelle forme doit revêtir l’écologie politique ?
La question pourra être déclinée en plusieurs points :
• Structuration nationale/locale : fédération, parti, mouvement à caractère mixte, réseau, autres, …
• Fonctions : passage de la fonction classique d’un parti (sélection des candidat-e-s et participation aux élections) à une diversité d’actions (éducation populaire, formation, réflexion, élaboration du projet)
• Quelles formes d’engagement/participation pour les citoyens ?
• Quelles modalités de prise de décisions ; faut-il les différencier selon l’objet du débat ?
Pour commencer, le débat prend comme base l’analyse des atouts et des faiblesses du dispositif actuel, un Parti central, les « Verts », associé ici au Parti Occitan (membre de « Régions et Peuples Solidaires ») et inclus dans un rassemblement « Europe Ecologie » plutôt informel, dont le principal dispositif de lisibilité est la Parité « Verts / Non Verts ».
En garder les avantages, c’est conserver
- La vision d’un Rassemblement, qui a élargi la base électorale.
- Une identité reconnue
- L’appui sur un Parti, pour des raisons, notamment de financement public, et d’organisation électorale.
Il est convenu toutefois qu’une évolution est nécessaire, en particulier pour trouver une forme décisionnelle démocratique durable.
Mais ces options sont relativement contradictoires et, du coup, il ne ressort pas une solution évidente.
Les propositions des participants à la première question (45 réponses) se répartissent en gros sur trois tendances, et différentes options.
→ Europe Ecologie : Un Parti… (une dizaine d’occurrences)
- Un Parti « classique » National,
- avec adhésion exclusive.
- Une structuration régionale,
- appuyée sur des comités locaux,
- alimentés par un réseau ouvert.
Options intermédiaires :
→ Europe Ecologie : Un Parti « fédéral »…
→ Europe Ecologie : Une union de groupes locaux, régionaux… (3 occurrences)
- Structuration régionale avec une union nationale formant un Parti.
- Et/ou Fédération de groupes locaux
→ Europe Ecologie : Une Fédération… (une dizaine d’occurrences)
- de plusieurs partis, qui gardent une autonomie organisationnelle
- et d’associations,
- avec un collège d’adhérents individuels (ce qui fait la place au réseau).
- Basée sur un projet commun,
- des décisions collégiales représentant les différentes orientations,
- et une structure évolutive.
→ Europe Ecologie : Un Mouvement politique… (17 occurrences)
- On garde la dynamique d’un réseau ouvert, d’un rassemblement…qui s’appuie sur
- une Association structurée, avec adhésions individuelles directes possibles, non obligatoires,
- une coopérative d’associations « civiles »,
- et un Parti qui incarne l’écologie politique.
- Basé sur
– une charte de fondamentaux
- un fonctionnement clair, simple, « démocratique », et décentralisé. - Les engagements individuels peuvent prendre différentes formes, être à différents niveaux, peuvent varier dans le temps.
→ Peu importe la forme, pourvu que l’on ait… (4 occurrences)
- Des règles qui permette un équilibre entre :
- efficacité et expression de tous (éviter l’appropriation)
- adéquation avec le projet et pérennisation de la structure
- ouverture sur la société civile et efficacité organisationnelle - Une bonne lisibilité
Question 2- Quelle forme de partenariat entre la société (citoyen, association, ONG, syndicats…) et le mouvement politique de l’écologie ?
Quels sont les outils qui permettront la mise en œuvre de ce partenariat (maison de l’écologie, états généraux, parlement, réseaux sociaux…) ?
Là, il ressort nettement la volonté générale de s’appuyer sur les comités locaux, sans exclusive d’autres solutions pour faire du lien.
Il s’agit clairement d’un fonctionnement ascendant, (faire remonter idées, actions, problématiques) qui se nourrit aussi de l’expérience des élus par un jeu d’aller-retour.
→ A partir des comités locaux…
- Ouverts,
- composés de personnes ressources,
- elle-même en contact permanent de collectifs indépendants, de la population locale.
- En lien avec le Comité Régional,
- Constituant un maillage géographique.
- Soulevant publiquement des problématiques locales, de terrain,
- ou nationales, relatives au projet écologique,
- par des réunions locales, à thème…
→ Relais des associations…
- les « briques » essentielles du dispositif,
- Via les personnes « ressources », membres des comités locaux, engagés nécessairement dans le monde associatif.
- S’appuyant sur les expériences de terrain, resituées dans un projet global, faisant formation par l’exemple,
- Générant du lobbying.
→ formant un parlement des citoyens…
- Par des rencontres territoriales régulières, en lien avec les élus et organisée par les comités locaux.
- Des conventions régionales.
→ et aussi par l’utilisation d’outils de communication…
- Blogs
- réseaux sociaux (initiatives diverses, Agora, Fabrique Collaborative type « wikipédia »…)
Question 3- Quelles modalités de désignation des candidat-e-s aux différentes élections (cantonales, sénatoriales, législatives, présidentielles…) ?
La question pourra être déclinée en plusieurs points :
• Méthode : comment les choisit-on ?
• Périmètre : parmi qui les choisit-on (vivier) ?
• Qui participe à la désignation (primaires, militants, adhérents,…) ?
Les réponses sont convergentes, même si elles dépendent pour partie de la forme politique choisie (selon réponse à la question 1).
Le périmètre, la préparation, et le mode de désignation sont souhaités à l’échelon de l’élection, en tenant compte des instances supérieures (répartition territoriale, négociations avec « partenaires »…). Le mode de désignation retenu est le vote des adhérents.
→ Comment les choisit-on ?
- Appel à candidature en direction des adhérents E.E.,
- + incitation par les comités locaux.
- Création de scénarii en fonction de l’implantation locale, représentation géographique et sociale… par un groupe de préparation des listes, constitué en fonction du niveau électoral, avec concertation au niveau Régional.
- Respect des règles de parité,
- limitation du nombre de mandats en nombre et en durée,
- pas de quota du genre Verts / non Verts, ni plafond.
→ Parmi qui les choisit-on ?
- Le périmètre est à définir en fonction de l’élection.
- Le vivier est constitué des Groupes locaux (Adhérents & militants).
- Pas de parachutage.
→ Qui participe à la désignation?
- Désignation des candidats à l’échelon de compétence territoriale.
- Vote de l’ensemble des adhérents E.E. (Collège d’électeurs) ou adhérents des Partis constitutifs, selon les cas, sans possibilités de procurations,
- avec arbitrage à l’échelon supérieur.
Question 4- Comment construit-on le projet écologiste ?
La question pourra être déclinée en plusieurs points :
• Format : co-élaboration, élaboration interne, décision consensuelle, conventions thématiques régionales et/ou nationales…
• Périmètre : inclusion des partenaires, des citoyens…
Question 5- Qu’est-ce qu’un projet d’écologie politique autonome ?
• Comment affirmer l’autonomie du projet écologiste au quotidien, dans les médias, lors des campagnes électorales, dans les négociations avec nos partenaires, dans les entreprises, les institutions, les quartiers populaires,… ?
• Quelle stratégie pour affirmer la présence des écologistes lors des élections nationales de 2012 et assurer la création d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale et au Sénat ? Faut- il, dès à présent, construire une alliance prioritaire avec des partenaires politiques? Si oui, laquelle et comment?
Ces questions, bien sûr essentielles, n’ont pas été traitées, faute de temps et d’énergie. On s’est rendu compte à ce moment que le programme était trop copieux. Cela aurait nécessité une autre demi-journée. A mon sens, de nouvelles convergences seraient apparues qui aurait fait évoluer les positions sur la 1ere question…
Conclusion
Que peut-on transmettre comme message à la rencontre nationale, par le biais de nos délégués ?
Quels éléments de consensus peut-on faire apparaitre des réponses aux trois premières questions ?
Les éléments de bases sont les groupes locaux, qui sont les relais des citoyens et de collectifs existants. Les détails sont dans les réponses 2.
L’existence d’un comité régional est reconnue, même si l’échelon de compétence territoriale des élections cantonales, par exemple, serait départemental…
Quant à la forme, il faut :
- Un parti à un niveau ou un autre
- Une structure formelle, à laquelle il soit possible d’adhérer individuellement.
- Que cela reste un rassemblement lisible.
- Et une place pour le réseau des sympathisants non adhérents.
Quelques observations supplémentaires sur les hypothèses :
- Europe Ecologie est un Parti. Cela correspond pour certains à une demande « normative » d’homogénéité des engagements des adhérents… Cela suppose une dissolution des Verts.
« Régions et Peuples Solidaires » n’y est pas inclus. Il faut donc y adjoindre une plateforme, pour le rassemblement des partenaires et du réseau des non adhérents.
Cela pourrait prendre la forme d’une Fédération de groupes locaux.
- Europe Ecologie est une Fédération de plusieurs Partis et d’un collège d’adhérents individuels, ou via une association membre. Donc, dans ce cas il s’agit d’un collège d’associations partenaires qui pourraient être thématiques. Le Parti des Verts peut garder sa forme actuelle, ou évoluer. Reste la place du réseau des non adhérents ?
Cela suppose aussi une clarification du mode de prise de décision entre les collèges.
- Europe Ecologie est un Mouvement politique, polymorphe, constitué en association, avec des niveaux d’engagement différents des participants, (au Parti, à la désignation des candidats, aux comités Régionaux, à la diffusion d’info, etc.). Mais il faut là aussi faire la place aux partis partenaires… et clarifier la prise de décision.
Sur les 3 hypothèses, cela donnerait : (Voir aussi le dessin en annexes)
| Europe Ecologie | |||
| Comité National | X | X | |
| Comités Régionaux | X | X | |
| Groupes locaux | X | X | X |
| Adhérents Partis membres |
Adhérents directs E.E. |
Non Adhérents ou Adhérents Partis associés | |
En sachant que la forme Parti peut-être à un des échelons :
Soit c’est le total (parti fédéral), soit l’élément Parti est un des membres de la Fédération, ou Association, soit c’est la tête seulement de l’Association.
Remarque : Dans les Partis membres figure « Les Verts » si sa forme est maintenue.
Et une dernière remarque prise à Florent Mignot, qui cite quelqu’un d’autre :
« Nouveau Parti Ecologique, Fédération, Mouvement, il ne faut pas choisir. »






