8 mai en Basse-Normandie : la synthèse
Atelier N°1 : construire le projet politique d’Europe Ecologie
1. Construire un projet pour 2012, dans quel but et avec qui ?
Au préalable
Puisque l’on part du principe qu’Europe Ecologie est de gauche, de quelle gauche s’agit-il ?
Est-ce sur la notion de gauche que l’on doit s’appuyer ou alors sur les fondamentaux que nous partageons ?
Quels sont les limites du rassemblement des écologistes, « de l’extrême gauche au Modem » ?
Est-ce que l’identification de notre mouvement peut se réaliser par le biais des habituelles frontières qui existent déjà dans le paysage politique français ? Ces frontières ne sont-elles pas révolues, usées ?
Le but d’Europe Ecologie pour 2012 passe par les valeurs que partagent ses membres, c’est la condition du rassemblement.
Europe Ecologie doit embrasser tous les champs de notre société ; un projet politique complet :
• Economie : la croissance doit être envisagée autrement. Il faut d’autres critères pour évaluer richesse et croissance (sociaux, environnementaux, …)
• Le bien-être des individus : au travail, dans le lieu de vie, dans un environnement tant urbain que rural
• La justice sociale
• La démocratie : entre autres, les modes de représentation électoraux
• L’humanisme
Avec qui, ce sont les partages sur les fondamentaux qui doivent être pris en compte pour toute alliance.
Mais comme nous tenons à nos valeurs, le ou la candidate Europe Ecologie est nettement préférable.
2. Se déconnecter du calendrier électoral, est-ce possible et souhaitable ?
Non, le calendrier électoral est indissociable parce que nous sommes un mouvement qui veut prendre des responsabilités dans les exécutifs. Mais il ne doit pas être l’unique moteur de nos actions. Ce calendrier ne doit pas supplanter l’indispensable de travail de terrain des comités locaux.
L’existence du comité local est fondamentale ainsi que le travail de terrain, c’est ce qui doit justifier l’existence du mouvement national.
Le comité local agit :
• Par un travail thématique
• En réagissant à l’actualité tant locale que nationale
• Il favorise la participation au débat, il est un exemple de démocratie participative.
3. Une fondation de l’écologie politique, qu’en pensez-vous ?
Oui, pour réfléchir et pour se former.
Au projet politique, nous ajoutons la question européenne qui ne doit jamais s’estomper. Le pouvoir à l’échelon national génère de l’égoïsme et du nombrilisme.
Atelier N°2 : Quelle forme d’organisation pour Europe Ecologie
I. La structure de base est le comité local.
Enjeu : comment le comité s’articule dans la structure global ?
Tout d’abord, le problème de la représentativité est mise en avant. Le représentant du comité, le porteur du message collectif l’est aussi de ce qu’il ressent.
Deux craintes s’affirment :
– Celui qui va porter est-il bien porteur de ce qu’il se dit ? Pour palier au risque de message
erroné, il faut un binôme porte parole/représentant du Comité local.
– Comment arriver à faire en sorte que les choses qui motivent à la base ne soient pas évacuées par le haut ?
Le comité local doit être un lieu pour entreprendre. Le reste des structures doivent être une émanation des CL.
II. Deuxième débat : Europe Ecologie doit-elle avoir une structure pérenne ou ponctuelle ?
Deux positions s’affirment :
1. Les formations déjà existantes doivent pouvoir continuer à exister et à s’exprimer. Il ne doit pas y avoir de porte parole EE permanent au niveau national et régional. Europe Ecologie n’aurait d’existence que durant les périodes électorales ou des campagnes thématiques. Il s’agirait de refaire un appel à faire signer avant chaque élection. Entre les campagnes électorales ou thématiques, les seuls autorisés à s’exprimer au nom d’EE sont les élus EE.
2. EE doit avoir une structure pérenne : le maintien des formations existantes est un frein au développement d’EE. Aujourd’hui, la juxtaposition de composantes structurelles limite le développement EE : il faut toujours une double validation des décisions ce qui signifie donc deux fois plus de réunions : ceux qui participent le plus de la décision st ceux qui peuvent se déplacer à plus de réunion, ce n’est donc pas démocratique. Ce qu’on vit depuis quelques mois ensemble, le patrimoine commun est suffisamment riche pour qu’on puisse créer une structure commune permanente.
Arguments en faveur du 1.
Si EE permanent, avec maintien des Verts : double casquette pour beaucoup. On retombe dans le cumul des mandats notamment interne.
Si EE permanent : c’est quoi la différence avec les verts aujourd’hui ? Pourquoi donc créer une autre structure.
Les comités locaux peuvent être permanents à la différence des structures régionales et nationales.
Succès EE / Verts : EE pas parti centralisé, structure plus souple. Donc il ne faut pas structurer.
Arguments en faveur du 2.
On a réuni une masse de personne intéressée par le coté nouveau, la diversité. Il existe une volonté d’être un nouveau groupe ensemble.
Les élus parlent au nom de qui si EE n’existe que pendant les élections ?
Si on n’a pas de structure permanente, on va décevoir.
Si cette structure avait été ponctuelle : aurait-on eu ce résultat aux régionales ? Comment maintient t-on les signataires hors périodes électorales ?
Une élue régionale : Besoin de pouvoir montrer à nos partenaires qu’on est pas seul. PS sent qu’il y a du monde derrière nous et qu’on est attractif.
Si on apparaît qu’à chaque élections : on va fatiguer.
Entre les deux :
Une structure nouvelle que si y a assez de monde, plus de monde que ce que représentent les Verts aujourd’hui. On crée peut-être la nouvelle structure et on avise ensuite.
Il faut donner confiance aux Verts pour pouvoir dissoudre ensuite. Sans compensation, ce n’est pas possible.
La majorité des participants penche plutôt du côté de la création d’une structure pérenne d’EE.
Un débat débute sur coopérative / mouvement / parti mais n’a pas aboutit faute de temps. Il sera repris pas mail d’ici samedi prochain.
Atelier 3 : commissions thématiques
Se pose d’abord la question du niveau de travail des commissions thématiques. Si les spécificités locales doivent être évoquées, on ne peut pas créer une commission/thématique/territoire. On peut initier des réflexions sur la base de dossiers précis, puis mettre en place une commission régionale pour capitaliser sur les connaissances et les expériences.
Ce travail de fond est important car de nombreux nouveaux sympathisants ne sont pas passionnés par les questions de structure, mais préfèrent traiter une thématique particulière. Comment utiliser au mieux nos ressources internes, mobiliser tous ceux et celles qui s’intéressent à une thématique en particulier ? Un fichier-ressource pourrait être utile.
Quels sont les objectifs ? Construire des politiques, aider les élus locaux et régionaux, faire un travail de réseau avec les associations extérieures. En particulier sur les enjeux très complexes, qui concernent de nombreux acteurs, les commissions peuvent servir de référence et de relais aux élus qui doivent se positionner.
Les thèmes ne doivent être ni trop larges (peu d’appropriation), ni trop spécialisés. Des thèmes transversaux (ex : cohésion sociale) peuvent être intéressants. Comment choisir ? Il faut privilégier des thèmes « chauds », qui sont en lien avec des réalités régionales, qui concernent le plus de monde possible pour que l’apport aux élus soit dissocié des intérêts individuels. Il faut aussi dépasser le cadre régional dans la mesure où les mandats actuels ne seront pas forcément les mandats de demain. Il faut s’approprier de nouvelles thématiques, créer des passerelles avec le monde syndical, ouvrier, électeurs potentiels de demain, et ne pas se limiter aux mandats régionaux.
La réflexion doit déboucher sur l’action pour que la commission ne s’essouffle pas.
Fonctionnement ? Une réunion mensuelle, un(e) rapporteur, diffusion de ressources. Ne faudrait-il pas une personne chargée au niveau régional du lien et de l’animation des commissions ?
Atelier 4 : relations élus-militants
Du point de vue des élus, plusieurs souhaits : ne plus être isolé(e), bénéficier de la mutualisation des expériences et ne pas réinventer l’eau chaude, et s’assurer de la cohérence des prises de positions dans les différentes collectivités.
Les militants indiquent que la présence politique n’est pas toujours satisfaisante, que les évènements clés ne sont pas tous « couverts » par manque d’information dans les 2 sens.
Solliciter à temps le bon élu n’est pas évident et répondre aux sollicitations nécessite d’être prévenu(e) suffisamment en amont. Il semble qu’il manque un élément de coordination et de communication pour optimiser la connexion entre l’agenda des élus et les demandes des militants.
Est-ce un nouveau rôle à créer au plan régional ? Au plan local ?
La discussion porte aussi sur les différents besoins de rencontres élus-militants.
Il y a un besoin d’information « minimal », pour permettre à chacun(e) de suivre le travail des élus, s’exprimer et clarifier certaines prises de position. Cela passe par des bilans réguliers au sein des comités locaux, par exemple. Par ailleurs, dans un certain nombre de cas, il émerge des « experts » de tel ou tel dossier régional ou local, voire des commissions spécialisées. On pourrait envisager de mettre à profit cette « veille thématique » et de créer un espace de co-élaboration des décisions, lié à la durée du mandat. A quelles conditions ? Il faut la volonté des élus, une coordination (à nouveau), et un effort particulier des militants « experts » qui souhaitent éclairer les décisions.
N’attendons pas d’être en campagne pour confronter les élus et les techniciens aux réalités du terrain ! Le comité local peut tout à fait s’approprier une problématique locale, demander le soutien des élus et provoquer des rencontres de terrain. Il peut être nécessaire d’aider les petits comités locaux sur le plan logistique, ou à nouveau, passer par une personne relais.
Parmi les principales propositions :
1) faire en sorte que la fédération des élus se décline plus au niveau local,
2) créer un rôle de coordination de la présence politique et de la relation élu-militant au niveau régional ou local
3) organiser des espaces de co-élaboration des décisions dès que c’est pertinent





