Convention régionale Europe Ecologie – Pays de la Loire
- Introduction de Jean-Philippe MAGNEN
- (inspirée d’un texte écrit par Claude Taleb, tête de liste EE en Haute-Normandie)
LE RÉSULTAT
Nous avons obtenu 160 000 voix,
Nous avons obtenu 13,64% des suffrages exprimés.
Nous avons dorénavant 18 conseillers régionaux EE, suite à la fusion avec la liste PS.
La bouteille est-elle à moitié vide ou à moitié pleine ?
Bien sûr au vu des derniers sondages et de la dynamique de campagne sur tous les territoires de notre région, certains espéraient dépasser les 15%.
Mais il faut être concret : notre score est bon ! Il nous place presque 1,5 point au-dessus de la moyenne nationale d’EE.
Nous sommes la quatrième région écolo de France !
Et puis, la dynamique est là. Dans un contexte différent des européennes, nous avons réussi le pari de nous maintenir au niveau du score de 2009 aux européennes, avec seulement 9 000 voix de moins.
Autre élément d’analyse important pour l’avenir, notre démonstration d’efficacité électorale. Le fait qu’au deuxième tour la liste fusionnée a profité d’un report massif des voix d’EE du premier tour sur la liste menée PS/EE, menée par J Auxiette, est un signe fort de la capacité des écolos à peser sur les scrutins, c’est là un indicateur de la maturité de notre électorat, c’est un fait électoral majeur pour construire l’avenir et pour faire porter la voix écolo dans le débat politique.
Un tel scrutin mérite cependant une analyse approfondie. Eric Fallourd va nous en donner des clés tout à l’heure, il nous permettra d’affiner ce point de vue général et de tirer des enseignements pour les mois à venir et l’organisation territoriale que nous souhaitons mettre en place sur l’ensemble de la région.
Pour ma part, parmi les points durs, parmi les nœuds difficiles qu’il nous faudra savoir desserrer à l’avenir, je vois plusieurs éléments :
D’abord, l’adhésion relative des classes populaires constatée lors des européennes ne se retrouve pas, voire pas du tout, lors de ces élections régionales. L’abstention reste très forte dans les quartiers d’habitat social mais le vote s’est beaucoup moins partagé entre le PS et EE.
Deuxième point : la volatilité de notre électorat. 50% des électeurs EE des européennes n’ont pas voté pour nous aux régionales. Nous avons donc mobilisé un nouvel électorat tout en ne parvenant pas à mobiliser l’autre.
Au total, il est essentiel pourtant que nous gardions en mémoire que ce résultat est le meilleur que nous ayons obtenu (en % et en voix) lors d’un scrutin local et sur une campagne en autonomie au premier tour sur un territoire de 3 400 000 habitants.
Sans conteste, EE est le seul vrai événement de la vie politique française. L’écologie est en train de gagner un terrain politique qu’elle n’avait jamais occupé : c’est grâce à vous tous ici. Bravo et merci !
CONTEXTE POLITIQUE NATIONAL ET LOCAL PENDANT CETTE CAMPAGNE
Il faut retenir essentiellement que le contexte général et que le climat local pour ces Régionales nous étaient bien moins favorables qu’aux Européennes : ce qui valorise d’autant plus nos résultats, et qui explique aussi la dureté de cette campagne.
Aux Régionales, le PS a fait campagne. À la tête de 20 régions sur 22 en France Métropolitaine, ayant au départ plus à perdre qu’à gagner, le PS a mené une belle campagne de proximité axée principalement sur le bilan des majorités sortantes.
Il a bénéficié d’une UMP fragilisée par un pouvoir présidentiel décrédibilisé et au plus bas dans les sondages. En mars 2010, contrairement à Juin 2009, le réflexe anti-sarkozy combiné à une évaluation positive du bilan des régions dirigées par la gauche unie, a dopé le vote PS.
L’élément nouveau et non négligeable pour l’avenir est que la réhabilitation du PS – qui n’a pas enrayé l’abstention ni réhabilité le projet politique national de ce parti – n’a pas entamé l’élan nouveau vers les écologistes. Ce nouveau rapport de forces à gauche est un des éléments les plus instructifs de ces élections régionales pour la suite, et notamment pour l’échéance de 2012.
Chez nous, en Pays de la Loire, nous avons vu cela de très près : le PS a provoqué une mobilisation exceptionnelle de son tissu d’élus et de militants. C’est probablement la rançon de notre succès de juin 09, le parti socialiste a cette fois mouillé la chemise et a réalisé l’union sacrée. A l’automne, très agacé par notre stratégie d’autonomie et surtout avec une vraie crainte de défaite face à une droite UMP / De Villiers (celle-ci avait annoncé que les Pays de la Loire étaient un de ses objectifs principaux de reconquête !), le PS a tout fait pour minimiser notre importance et nier notre légitimité en appelant au rassemblement de la gauche et des écologistes, notamment en intégrant des candidats verts sortants sur ses listes.
Malgré cela, nous avons réussi le pari de l’autonomie de notre pensée politique, de notre « offre politique » comme on dit, et nous avons été présents et visibles, nous nous sommes différenciés sur le fond, bien au-delà de la seule question de NDDL à laquelle le PS voulait nous réduire.
En cette période de crise, certains disaient : « L’environnement, ça suffit »… Nous avons dit : « l’environnement, ca commence » ! La conversion écologique du territoire était l’une des ambitions majeures au cœur du projet des candidats d’Europe Écologie. Cette ambition est aujourd’hui au coeur de l’engagement des élus.
Certains disaient aussi : « L’environnement, ça nuit à la compétitivité ». Nous disons : « L’environnement, ça permet de créer des emplois non délocalisables et durables ». L’économie verte constitue un gisement d’emplois encore largement inexploité dans de nombreux domaines: énergie, transports, bâtiment, agriculture…
Et pas besoin d’un aéroport à Notre-Dame des Landes pour cela.
Au total, nous avons – ensemble – imposé la conversion écologique et sociale de notre société comme une urgence, une exigence durable. Le programme de la liste fusionnée, construit en commun entre « la gauche et l’écologie en action » a ainsi mis en son cœur la conversion écologique et sociale.
Au-delà de notre bon résultat du premier tour, c’est là une véritable avancée, qui devra se concrétiser dans les actions concrètes de la Région pendant les quatre ans à venir. C’est notre devoir à tous.
NOTRE CAMPAGNE
Nous avons créé la dynamique de fond de ce scrutin
Il faudrait écrire un livre pour rendre compte de la richesse et du dynamisme de la campagne d’Europe Ecologie en Pays de la Loire. Jamais les écologistes, dans cette région, n’avaient, à cette échelle, déployé leurs idées sur les territoires et rencontré autant les habitants et les réseaux socio-économiques. Notre Contrat écologique pour les Pays de la Loire fait référence.
Produit des ateliers participatifs qui ont mobilisé des centaines de personnes à l’automne, ce contrat nous a permis d’être dotés d’un projet crédible et apprécié comme tel par une grande diversité d’acteurs économiques, sociaux et citoyens, par la presse.
Europe écologie a confirmé au régionales les promesses des européennes.
Une liste paritaire et rassembleuse d’une véritable diversité politique et citoyenne (acteurs de l’ESS, environnementalistes, élus locaux, militants associatifs…), qui sont devenus autant de nouvelles figures de l’écologie politique régionale.
Le dynamisme a été mesuré via le bon taux de diffusion des publications, la forte présence sur tous les territoires et, comme jamais, dans les presses écrites locales, régionale et nationale.
L’expérience d’une campagne, bons et mauvais côtés
L’expérience d’un mouvement politique atypique
En parallèle des résultats plutôt très satisfaisants de cette campagne et de ce scrutin, il faut pourtant dire que la gouvernance de cette campagne n’a pas été simple pendant cette période : avant, pendant et après.
La coexistence de deux organisations dont une statutaire, avec des règles (même imparfaites !) et l’autre informelle, ouverte à qui veut s’engager, sans règles pré établies, n’a permis de stabiliser ni un fonctionnement démocratique ni une participation satisfaisante d’un maximum de militants. Nous en sommes tous conscients, et moi le premier.
Tensions, aigreurs ont émaillé en interne la campagne : ce qui peut être considéré comme paradoxal / la réussite externe.
Nous devons aujourd’hui nous appuyer sur cette expérience, la revisiter…
sans pour autant perdre trop de temps dans un bilan qui au bout du compte pourrait s’avérer stérile.
Cette expérience, notre expérience, c’est un rassemblement qui a mêlé des profils et parcours différents, qui expérimenté divers modes de fonctionnement, le vote et la cooptation… pour, au final, une construction cohérente même si elle est certes imparfaite,
Cette construction a abouti à un ancrage politique que nous souhaitons tous durable.
Cette construction a abouti à une offre et un projet sur lesquels nous sommes attendus par de plus en plus de réseaux :
C’est notre responsabilité de poursuivre cette dynamique,
C’est notre responsabilité partagée de construire sur cette dynamique.
L’AUTONOMIE
A la suite du succès des Européennes, le choix de l’autonomie politique de premier tour s’est imposé à nous en dépit d’un contexte territorial et électoral différent selon les régions.
En Pays de la Loire, le choix de l’autonomie a fait un large consensus. Ce choix permet aujourd’hui aux écologistes de s’appuyer sur un projet qualitativement très supérieur aux précédents. Il confère aux élus et au mouvement dans son ensemble, une crédibilité plus forte et une capacité d’exigence plus grande.
Les 18 élus Europe écologie forment aujourd’hui un collectif qui se nourrit de cette bagarre commune, de ce que j’ai appelé cette nouvelle forme de coopération avec notre partenaire socialiste, une coopération conflictuelle !
La liberté conquise lors de la campagne imprime les esprits, y compris des partenaires, et a déjà inspiré une posture et des choix exigeants des nouveaux élus régionaux, comme on a pu le voir lors des négociations du contrat de majorité et au fil des premiers arbitrages d’exécutif.
La bonne nouvelle pour tout Europe écologie, et pour les Verts, c’est que ce mouvement, éclos lors des européennes, s’enracine. Il pourra se nourrir des combats et des conduites de politiques publiques qui vont être assumées par les élus légitimés par le scrutin.
EUROPE ECOLOGIE MAINTENANT
Et alors, aujourd’hui, et demain.
Je souhaite juste dire que je suis convaincu qu’il faut sans hésiter, sans retour, faire le choix d’une formation politique nouvelle.
Nous devons saisir l’opportunité du dépassement dynamique des clivages ; les Verts, à 90%, se sont retrouvés unis, mobilisés, avec leurs diversités, dans ces campagnes et ont trouvé une nouvelle crédibilité externe. D’ailleurs, la presse, le grand public, les électeurs, loin de nos subtilités, amalgament Les Verts et EE… pour le bénéfice de tous!
Les Verts, ils peuvent s’en targuer, ont démontré depuis un an et demi, leur flexibilité et leurs capacités logistiques sans lesquelles nulle campagne n’est possible.
Il ne s’agit donc aucunement de dilapider ou dissoudre ce patrimoine il s’agit de le faire fructifier au service de l’écologie politique, dans le cadre d’un rassemblement où chacun puisse trouver sa place.
Je veux dire à tous, Verts et non Verts, que l’esprit de rassemblement ne signifie pas cacher sous le tapis des questions politiques posées par des prises de positions parfois hâtivement prises en « notre nom ».
Il faut parler de tout et avec tous. Deux exemples
– Il faut parler de la diversité des ancrages politiques et citoyens que nous avons rassemblés (de Cap 21 à la gauche de la gauche) aux cotés de représentants actifs et parfois très populaires, de la société civile, est une clé du succès. C’est aussi une nécessité des temps : La refondation politique est une question incontournable, et nous pouvons relever ce défi ensemble.
Pour autant, le rassemblement que j’appelle de mes voeux n’est pas celui « de tous les écologistes » de José Bové à JL Borloo et NKM ». La carbonisation du Grenelle et les choix quotidiens de Sarkozy Fillon nous rappellent que pour la droite, l’écologie c’est le truc qu’on fait après tout le reste et à condition que cela ne perturbe pas le « business as usual ».
Nous ne pouvons pas non plus faire l’économie d’une réflexion essentielle à la construction de notre mouvement : la décentralisation de notre nouvelle forme politique. Il serait pour paradoxal que notre fédéralisme européen et notre convergence consolidée avec Régions et Peuples Solidaires s’accommode d’un nouveau parti qui serait « national et centralisé ».
La nouvelle phase de la construction de notre mouvement c’est celle de la construction par en bas, qui est vitale pour la pérennité d’Europe écologie.
Voilà ce que je voulais dire en préambule de cette journée de travail.
J’ai été un peu long, certes, mais je tenais à partager avec vous tous, dans la complexité parfois de certaines analyses, un sentiment profond : nous avons beaucoup travaillé à convaincre et nous pouvons être fiers de ce que nous avons entrepris ensemble ! Et ce n’est que le début, il nous reste beaucoup à faire, et ça, c’est enthousiasmant !
Contribution des Pays de la Loire
sur la construction d’un rassemblement de l’écologie politique
Samedi 8 mai 2008
Atelier 1 – La question identitaire : les valeurs de l’écologie politiques.
CONTEXTE :
Le 8 mai s’est tenu à Beaucouzé (49) un rassemblement des signataires d’Europe Ecologie, en vue d’échanger et d’élaborer la contribution des Pays de la Loire à la construction du rassemblement pour l’écologie politique.
Deux ateliers parallèles, d’une durée de deux heures chacun, ont été organisés, autour de deux thématiques complémentaires :
- Atelier 1 – La question identitaire : les valeurs de l’écologie politiques ;
- Atelier 2 - ?????????.
Plus de 70 personnes, en provenance de tous les départements de la Région, ont participé à cet atelier. Plus de 35 personnes ont pris la parole et exprimé leur opinion.
L’atelier était animé par Bruno Baron. C’est Sophie Bringuy qui était chargée de restituer la synthèse des échanges en fin de journée.
Après une brève présentation du déroulé de l’atelier (15 mn d’introduction, 1h15 d’échanges avec un premier temps dédié à l’exposé des positions des comités locaux, 30 mn pour réaliser une synthèse partagée), les participants ont pu écouter une interview d’André Gortz sur l’écologie politique, permettant de situer la problématique.
Les interventions ont été très nombreuses et variée. Il a donc été décidé d’élaborer une synthèse en privilégiant les thématiques relevées comme des points d’achoppements du débat (nombreuses interventions sur le sujet, points qui différencient l’écologie politiques des autres mouvements, questions suscitant débat) et d’éviter la liste de valeurs que l’on retrouve déjà dans de nombreuses contributions. Ce compte-rendu n’a donc pas vocation à présenter de manière exhaustive les réflexions des participants sur la question identitaire. Il n’est pas non plus une position adoptée des participants sur cette question, car il est impossible de réaliser en deux heures un travail qui nécessiterait plusieurs jours de séminaire.
La synthèse est organisée autour de quatre points :
- Les valeurs propres à « Europe Ecologie » ;
- Le mode de faire propre à « Europe Ecologie » ;
- Le curseur permettant de positionner le rassemblement dans le paysage politique (gauche/droite) ;
- Le nom à donner au rassemblement.
SYNTHESE :
- Les valeurs propres à notre rassemblement
Au préalable, nous souhaitons insister sur le fait que nous portons bien un nouveau paradigme, un projet de société, voire de civilisation, différent et à part entière. Ce projet s’inspire de grands penseurs qu’il ne faut pas oublier, comme André Gortz.
- Notre rapport au système économique
Ce qui différencie ce que l’on appelle pour l’instant Europe Ecologie, rassemblement des écologistes, sur le plan économique et nous différencie des autres partis traditionnels, de gauche comme de droite, c’est le non-productivisme et le non-consumérisme.
Notre projet n’est pas compatible avec le capitalisme et nécessite la sortie du libéralisme, forme exacerbée du capitalisme. Il est important que nous ayons des propositions claires à formuler sur les questions des niches fiscales, de la transparence financière. Nous devons nous interroger sur la création monétaire. Notre rassemblement parle d’une croissance différente. Le terme de décroissance fait peur.
Nous exigeons une plus grande justice sociale et économique. Nous rappelons notre attachement au service public et soulignons que certains services et biens ne doivent pas entrer dans une économie marchande. Nous devons également travailler à un profond rééquilibrage des rapports Nord/Sud. Il est aussi important de mettre en place des actions concrètes pour lutter contre les discriminations, notamment entre hommes et femmes.
Notre projet économique et social repose sur la réalité, loin des spéculations et bulles virtuelles. Il faut repenser la mondialisation, remettre en cause les marchés financiers, remettre le collectif au cœur du mode de fonctionnement. Ceci suppose aussi de redonner une place au monde rural, de développer l’économie collective et solidaire, d’encourager l’ancrage local et dans la réalité.
- Donner du sens à notre projet et développer la conscience humaine
Notre projet doit promouvoir l’être et non l’avoir. Il faut lui donner un sens profond et qu’il participe d’une nouvelle vision du monde. La conscience humaine doit évoluer pour que nous nous voyons comme partie prenante de la nature et solidaires les uns des autres. Sans cette nouvelle vision, notre projet ne verra pas le jour.
Il est indispensable de permettre et d’encourager le développement de l’esprit critique, pour favoriser l’esprit libre et ouvert. Nous devons passer des certitudes à une logique en mouvement de construction et de déconstruction, et ne pas avoir peur du changement. C’est une des clés de la sobriété joyeuse.
Notre socle commun repose sur des valeurs de partage, d’égalité, d’accès à tous de la connaissance et du bien-être. Nous devons aller vers les personnes en nécessité, nous adresser aux plus éloignés de la politique et les accompagner. Pour cela, il est important de prévoir des espaces de formation pour tous, notamment par le biais de l’éducation populaire. L’éducation doit être une de nos priorités d’action.
- L’esprit d’anticipation
Ce qui nous caractérise aussi est notre conscience de la finitude. Elle conditionne un rapport à la temporalité différent et un souci accru de ce que nous léguons aux générations futures. Nous devons être toujours en capacité de remettre en questions nos certitudes, d’anticiper l’avenir, pour proposer une vraie politique de prévention.
Ceci est vrai dans tous les domaines, mais de manière accrue, car les conséquences peuvent être dramatiques, en matière de santé et d’environnement. Ces sujets doivent rester au cœur de notre réflexion. La question de la sortie du nucléaire et du développement des énergies renouvelable est également un élément du socle commun.
- Le mode de faire propre à notre rassemblement
Nous avons pour devoir de redonner confiance dans la politique et de faire autrement. Ceci passe par des choix concrets en termes de non-cumul des mandats, mais aussi par la promotion d’un nouveau statut de l’élu permettant au plus grand nombre de se présenter à des élections, toutes CSP confondues.
Nous devons construire un mouvement démocratique, avec une bonne communication entre la base et les instances dirigeantes. Il faut mettre en place un système de compte-rendu et d’évaluation, avec un suivi des politiques permettant au militant d’avoir une vraie place dans le rassemblement. Il doit être présent dans les instances, aux côtés et avec les mêmes pouvoirs que les élus.
Nous devons fonctionner sur des bases de non-violence et être dans la communication bienveillante et le respect de l’autre.
Nos élus et notre rassemblement doivent être exemplaires. Nous devons assurer la transparence financière. Nos propositions doivent être efficaces (si nos élus font juste et bien, on donnera envie d’être suivis), ce qui est différent de la rentabilité. Nous devons avoir le souci de répondre à toutes questions, sans tabou. Nous devons passer du devoir de mémoire à l’éthique de la responsabilité.
- Le curseur permettant de positionner le rassemblement
La question du curseur à montré qu’il y avait un déficit de culture commune sur ce point, et qu’elle mériterait d’être approfondie.
Pour certains, il est clair qu’Europe Ecologie ne peut pas être à droite, notamment du fait de la remise en cause du capitalisme. L’ancrage à gauche est pour eux évident. La gauche est plurielle, et notre rassemblement représente une des gauches. Il y a bien une écologie de droite, au-delà de la « croissance verte », qui est réactionnaire (retour en arrière, fantasme de l’ancien temps). Europe Ecologie de partage pas ces valeurs-là.
Certains affirment bien que l’écologie politique partage les valeurs de gauche. Mais ils rappellent que notre projet les dépasse à certains égards.
Certains participants ont souligné que certaines personnes se disent de droite (par héritage, manque de culture politique…) mais ne le sont pas. Ils se reconnaissances dans le projet d’Europe Ecologie mais ont des a priori par rapport à un ancrage à gauche. Il ne faut pas tourner le dos à ces gens-là : c’est souvent seulement une question de vocabulaire. Nous devons être pédagogues, ne pas nous couper de gens et les exclure du débat.
D’autres participants pensent que notre rassemblement n’est ni de gauche, ni de droite, et qu’il dépasse ces clivages. Pour eux, nous devons être une vraie alternative au parti traditionnel.
- Le nom du rassemblement
Cette question a également fait émerger différentes positions, et n’a pas abouti à une conclusion consensuelle. Elle mériterait d’être approfondie.
Toute le monde semble être d’accord sur la nécessité de ne pas s’appeler « Les Verts » simplement et de la nécessité de changer de nom pour marquer la transformation consécutive au rassemblement.
Certains trouvent que le nom Europe Ecologie doit être gardé, et que notre projet politique doit être profondément européen.
D’autres suggèrent une forme hybride « Les Verts – Europe Ecologie » ou bien « Europe Ecologie-Les Verts ».
Pour certains, le nouveau nom doit conserver le mot « Les Verts ». Ce nom est en effet une convergence de plusieurs mouvements, à l’international. Il a une symbolique très forte (qui a des fois été galvaudée). Pour chacun, « Les Verts » riment avec environnement et écologie. Ce serait dommage de se priver de cette lisibilité.
Enfin, certains ont souligné que pour eux, nous étions en période de construction collective et que nous avancions vers une nouvelle entité ensemble. Ils ont été gênés d’adhérer à Europe Ecologie pour participer à ce processus, puisque logiquement, Europe Ecologie n’a été que le nom de deux listes électorales et n’est pas nécessairement ce vers quoi nous tendons.





