La netiquette écologiste et l’usage des listes

Envoyez cet article par email Envoyez cet article par email
2.00 / 5

La façon dont on envisage les échanges dans un parti politique n’est pas un problème de forme, mais de fond. Je pense que chacun en conviendra. Je voudrais donc apporter ma contribution sur la question de la netiquette écologiste.

1. La nétiquette écolo, quesaco?

D’abord j’ai tapé sur Google l’expression entre guillemets : aucune réponse. En enlevant les guillemets, près de 9000, mais aucun élément qui désigne une netiquette spécifiquement écologique. Je vais sur le site des Verts, et tape dans le moteur de recherche le mot « netiquette ».
http://lesverts.fr/recherche.php3?recherche=netiquette&x=0&y=0

Zéro réponse, donc.

Il faut être adhérent, en fait, pour aboutir à celle qui suit – ce qui en soit, est déjà significatif…

« Proposez l’abonnement à vos listes
bonne pratique à l’attention des gestionnaires de listes

On ne cesse de le dire, il est incorrect (voir illégal) d’abonner des personnes sur des listes sans leur accord. La bonne méthode consiste donc à leur proposer de s’abonner. Ainsi, elles peuvent choisir elle-même de s’abonner ou non. Voici comment faire sur le serveur Sympa.

Proposer l’abonnement

Il convient d’être extrêmement prudent quand on souhaite l’abonnement de plusieurs personnes à la liste dont on est gestionnaire.

La procédure d’abonnement multiple ne doit être employée que pour abonner quelques personnes dont on a la certitude qu’elles l’ont souhaité.

La méthode élégante et efficace à la fois consiste à utiliser la procédure d’invitation.

Celle-ci se déclenche par courrier envoyé à Sympa. Notre ami robot va alors adresser une invitation à toutes les adresses e-mail désignées. Les personnes qui répondront à ce message deviendront abonnées à la liste en question. Celles qui n’y répondront pas resteront en dehors de la liste. »

Elle est, au fond, très ambigüe, sinon hypocrite : pas d’inscription sans accord, mais possibilité de publipostage de propositions d’abonnement. Où est la différence, si on abonne en disant qu’il y a possibilité de désabonnement?

2. Netiquette et politique.

C’est d’autant plus évident dans le cadre du fonctionnement d’un parti politique. Car enfin, adhère-t-on pour ne pas participer aux débats d’idées? Si un parti avait « tout bon », les idées qu’il fallait au point que l’inscription sur une liste d’informations suffise sans nécessité pour toutes et tous d’en débattre, cela se saurait.

En fait non, cela ferait peur…

En conséquence, quel devrait donc être l’usage des listes « politiquement correct » au bon sens du terme? A partir du binôme traditionnel liste info à caractère officiel / liste débats, la démarche d’adhésion à un parti politique suppose d’accepter implicitement d’être abonné à la liste débats, prioritaire, et que lui soit proposée celle à la liste d’info. Un bon débat contradictoire est d’ailleurs souvent bien plus informatif que la production ex-cathedra diffusée par une liste d’information.

Ce me semble une position que tout démocrate, soucieux avant tout de la possibilité de débattre dans le champs politique, responsable au point de conserver un regard critique sur toute information prémâchée que l’on voudrait lui imposer « par le haut », devrait tenir.

3. Pourquoi cette contribution?

Parce que la netiquette est un argument opposé dans le cadre du fonctionnement des listes, lequel en Seine-et-Marne, a fait l’objet d’un « recadrage » en 2009.

Il nous est imposé de recevoir des informations par le biais de la liste info, à laquelle tout le monde a été non pas invité mais inscrit systématiquement et sur laquelle seuls quelques uns, membres du bureau, ont le droit de poster (quand ils ne sont pas bannis un mois ou plus malgré leur élection au bureau départemental); en revanche, participer aux débats relève d’un renouvellement de la démarche volontaire faite en adhérant…

Et pour Europe écologie? Une liste d’animation de la campagne pour les Régionales a existé, réservée à quelques privilégiés, y compris pour les destinataires, dont la désignation en son sein demeure mystérieuse. Antoine Parodi, à la réunion Europe écologie de Tournan du 5 mai, proposait, malgré les critiques sévères émises ce jour-là sur son fonctionnement, de la prolonger en étendant sa diffusion à tous sans rien changer du comité éditorial, toujours restreint; et en parallèle, une liste débats ouverte à toutes mais sur la base du volontariat. Bref transposer le fonctionnement fermé des Verts 77 dans celui du réseau social pour le rassemblement des écologistes.

La volonté de transparence démocratique de certains Verts et des autres composantes d’Europe écologie en Seine-et-Marne tarde malheureusement à s’imposer. Voilà pourquoi il m’a semblé nécessaire de porter cette réflexion.

La netiquette de l’adhérent Vert
http://intranet.lesverts.fr/article.php3?id_article=15&var_recherche=netiquette

Ecologie numérique et netiquette
http://www.libroscope.org/Utilisacteur-vers-une-ecologie

Les règles générales de la netiquette
http://www.sri.ucl.ac.be/SRI/rfc1855.fr.html
http://www.ccr.jussieu.fr/ccr/doc/divers/Netiquette.htm

Sylvain Kerspern
http://europe-ecologie.net/groups/melun-son-agglo-ses-cantons
Site : http://www.dhistoire-et-dart.com/varia.html

4 commentaires

  1. Sylvain Kerspern est un adhérent des Verts à Melun, en Seine-et-Marne. Il s’oppose de manière systématique à tout ce que peut dire, faire ou même penser le bureau départemental des Verts.

    Ainsi, il y a un an et demi, le Conseil départemental, après deux réunions quasiment exclusivement consacrée à celà, à adopter par un vote une nétiquette pour les deux listes d’échanges des Verts.

    J’ai beau rappeler cet état de fait, Sylvain voudrait pouvoir inscrire des personnes sur des listes sans qu’elles soient au courant au préalable.

    C’est une pratique qui est évidemment illégale. Souvenons-nous par exemple des sanctions contre le site de campagne de Nicolas Sarkozy, qui avait d’abord mis l’inscription à sa newsletter en opt-out et non en opt-in.

    Au passage, on peut se demander ce que vient faire cet article sur le site du débat, alors qu’il est manifestement écrit pour dézinguer des personnes et non débattre de la construction du mouvement…

  2. Sylvain Kerspern dit :

    Bonjour,

    La situation n’est évidemment pas la même que le site de campagne de Nicolas Sarkozy : le fait de tomber sur la page en question n’a rien à voir avec celui d’être signataire Europe écologie, ce qui suppose déjà une démarche d’implication dans la vie politique d’un mouvement qui s’est d’abord défini par cet acte fondateur.

    Il s’est singulièrement matérialisé par Internet. Cette particularité ne méritait-elle pas qu’on se penche sur les conditions d’utilisation du réseau? S’interroger sur la netiquette écolo, c’est nécessairement contribuer aux conditions d’existence d’un mouvement qui a privilégié le medium du « réseau social ». Il est étonnant qu’un responsable politique Vert n’en perçoive pas la pertinence.

    A vrai dire, ce n’est pas tout à fait exact : j’y réagis évidemment aux modifications qu’en tant que secrétaire départemental Antoine a apporté à l’expression de la parole écolo au sein de notre parti.

    La production d’une netiquette restrictive s’est accompagnée de la fermeture d’accès à tous les adhérents de la liste info, désormais en simple lecture, l’écriture étant réservée aux seuls membres du bureau; et de l’illusion de création d’une liste débat, qui préexistait mais était inactive, pour faire démocrate, mais à laquelle il fallait donc faire l’effort de s’inscrire – comme si on entrait en politique pour avoir des infos et surtout ne pas discuter.

    En revanche, tout le monde est automatiquement inscrit à la liste info. Où est la différence? Pourquoi peut-on être inscrite automatiquement à l’une et pas à l’autre?

    J’ajoute que la nétiquette, les décisions touchant l’accès aux listes, puis la fermeture des Conseils départementaux, auparavant ouverts à tous et réservés désormais à quelques uns, ont été décidé en bureau, sans aucune consultation des adhérents : pour les listes, par exemple, il a simplement été acté à l’unanimité qu’il fallait les repenser, la forme nous en a ensuite été imposée sans nouvelle consultation.

    Enfin, la mise en pratique de cette netiquette fut tout sauf cohérente : un membre du bureau ne faisant pas partie de la majorité derrière Antoine, mais à qui il avait été demandé de constituer un fichier des écolos du département, dans ses démarches, s’est vu insulté sur les listes par un secrétaire de groupe local. Plutôt que de le soutenir dans la démarche qu’ils avaient eux-mêmes demandés, les autres membres du bureau, dont Antoine, ont émis des menaces contre ledit membre du bureau alors que celui qui avait proféré ces insultes et ces menaces ne fut aucunement inquiété.

    Le même membre du bureau sera un peu plus tard interdit d’émettre sur la liste – alors qu’il avait été élu, et qu’il avait donc une parole légitime à faire entendre – parce que ce qu’il disait ne correspondait pas à la ligne voulue par le secrétaire départemental.

    Si je m’oppose, c’est qu’il y a de quoi. Et si j’ai pensé qu’il y avait matière à réflexion dans le cadre de la structuration d’Europe écologie, c’est que j’espère pouvoir convaincre de la nécessité d’un autre fonctionnement à partir des possibilités d’Internet, si essentiel à Europe écologie.

    Salutations écolos,

    Sylvain

  3. Sylvain Kerspern dit :

    Nouvel élément sur la question, revenue sur le tapis lors d’une réunion Europe écologie mercredi dernier (29 septembre 2010).

    L’argument de la netiquette écolo pour ne pas inscrire tous les adhérents sur la liste EE 77 sur laquelle chacun peut poster fut à nouveau mis sur la table. J’ai alors demandé pourquoi c’était possible pour la liste info des Verts 77. La réponse d’Antoine, supposée imparable : « Parce que c’est une liste info! ».

    Or tout le monde ne peut pas poster sur la liste info des Verts 77. C’était possible jusque début 2008. Quelques semaines après avoir obtenu le poste de secrétaire départemental dans des conditions qu’il serait un peu long d’expliquer, et au terme de ces fameuses réunions dont il parle ci-dessus consacrées à la question, la solution a paru évidente à Antoine et consors : ne pourront plus poster sur la liste que les membres du bureau des Verts 77. Ainsi fut clos le débat.

    Pourquoi pas, après tout, réserver la liste info à la voix officielle du département?

    Même si cela me chiffonne, je peux le comprendre mais à une condition : que d’autres voix, au nom de la démocratie, puissent se faire entendre et espérer atteindre une même audience, donc sur une liste où chacun de celles et ceux qui reçoivent l’information « officielle » peut l’évaluer et en discuter avec tous les autres, sans exception. Or dans le même temps, la liste débat ne fut réactivée que sur le principe d’une inscription volontaire pour y participer (le fameux opt-in).

    Enfin, il faut bien s’interroger sur ce que peut être une info en politique. La possibilité d’en discuter, de l’amender, de la compléter ou de la mettre en cause ne tient-elle pas de l’information? Les journalistes, censés nous informer, ne doivent-ils faire que reprendre les informations qui leur sont données sans les discuter, les mettre en perspective, etc.?

    Débattre, en politique, c’est informer. Echanger des idées, partager des réflexions, des opinions, c’est informer sur la nature de la pensée politique. En conséquence, une liste débat doit être assimilée à une liste info.

    Pas pour tout le monde, apparemment.

    Salutations écolos,

    Sylvain Kerspern, Melun (77)

  4. Sylvain Kerspern dit :

    Erratum : que tous les adhérents Verts puissent poster sur la liste info était possible jusque début 2009 (non 2008). Cela ne change rien sur le fond du problème.

    S.

Rédigez un commentaire



Follow Me! Suivez Europe Ecologie sur Twitter Suivez Europe Ecologie sur Identica Suivez Europe Ecologie sur Facebook


Europe Ecologie : le débat on Facebook












A lire dans La Ruche

  • Le « Projet 2012 » se construit avec vous
  • Les états généraux pour l’emploi et l’écologie
  • Europe Ecologie : un projet de budget alternatif, juste, économe et stratège
  • Contre une réforme injuste, des solutions écologistes durables
  • 4 septembre 2010 : Mobilisons-nous !
  • Chômage : quatre vérités que Lagarde ne vous dira pas
  • Retraites, des solutions justes et responsables existent
  • Mouvement autour du parti ou parti en mouvement.
  • Particularismes d’Europe écologie au service de l’écologie politique : point de vue seine-et-marnais
  • De la différence politique entre écologie et écologisme
  • 24 juin 2010 : mobilisons nous !
  • 22 mars : l’exemple des « Écologeeks »
  • Europe Écologie : un mouvement multiple
  • Devenir organisationnel d’Europe Ecologie ?
  • Contribution de « La Souris Verte, Forum des jeunes écolos du Nord/Pas-de-Calais »
  • Les 5 visages d’Europe Ecologie
  • « Ce que je crois… »
  • Faire de la politique vraiment autrement?
  • Une triple urgence écologique et sociale mais aussi politique.
  • Proposition et contribution à notre avenir commun : Réseau Europe Écologie Verts (R.E.E.V)
  • COOPÉRATIVE TRANSVERSALE EUROPE ÉCOLOGIE 3 MAI
  • La diversité des parcours, une richesse humaine qui nous renforce, un élément central de notre identité
  • Ecologie politique : pour un mouvement durable !
  • Une idée de réforme des retraites : la retraite dégressive
  • Scoop on the ee’s coop
  • Contribution à la genèse d’un parti novateur éthique et démocratique
  • Les débats de la Ruche : comment publier une contribution ?
  • Europe Ecologie une structure en archipel
  • Pour un conseil interregional d’Europe Ecologie
  • « Paris prend la Bastille »


  • Derniers commentaires...