Convention Europe Écologie du 8 mai à Arcueil
Nous publions ici la retranscription de la première plénière du 8 mai à Arcueil (merci à Evelyne Cohen Lemoine !)
> retrouvez la Convention d’Ile-de-France en vidéo
Quelles sont les valeurs qui nous rassemblent ?
Animée par Pascal Durand
Introduction sur l’actualité et l’état de la construction d’Europe Écologie.
Eva Joly
Une valeur à mettre en évidence, dans le mouvement de l’écologie politique est la Responsabilité. La Responsabilité éthique de nos actes.
Cela entre en résonance avec le sentiment que j’avais de vivre dans une société injuste, révoltante. Rien ne bougeait pour que cela change. L’actualité nous le démontre, nous continuons comme avant malgré toutes les crises. Le jugement de Charles Pasqua est révélateur de cette injustice.
C’est aussi l’injustice du monde financier.
L’injustice que l’on impose à la Grèce, à l’Islande, avec des plans de restructuration révoltants sans prendre en considération les citoyens. Ce ne sont pas les citoyens qui sont responsables de cette crise.
Je suis venue avec l’espoir de construire ensemble une alternative politique qui tienne compte du bien commun. Qu ne crée pas de la richesse pour quelques-uns mais bien de la richesse pour tous. C’est notre responsabilité.
Sur les marchés quand j’ai rencontré Georges Soros en 2007, il me disait alors que j’espérais le gagner à mon combat contre les paradis fiscaux. Il me disait ce qui peut être fait sera fait. Aujourd’hui ce qui se passe en Grèce, en Islande, ne s’arrêtera pas là. Quand on voit l’endettement de l’Espagne, de l’Angleterre, de l’Italie, de la France. Cela va continuer.
Il n’y a pas de réponse politique en France, ni du côté de l’UMP, ni du côté du PS.
C’est notre responsabilité de construire l’écologie politique pour qu’elle puisse être crédible
Notre responsabilité politique, c’est la transformation de notre système financier, c’est d’être crédible sur tous les sujets, toutes les questions importantes : finances, sécurité, redressement de la Grèce. C’est prendre les leviers du pouvoir pour construire un mode meilleur.
Respect de la diversité et des êtres dans la minorité. Pour tous ceux que nous représentons, c’est une révolte contre toutes les formes d’injustice. Nous allons construire à partir de cela un mouvement fort et crédible.
Dany Cohn-Bendit
Nous commençons à réfléchir sur nos valeurs, nous sommes en train de les définir.
L’écologie politique est la réponse aux crises que nous traversons et que ne peuvent donner les autres modèles politiques (le socialisme, la droite).
Une de nos valeurs politiques est l’Autonomie. L’écologie Politique a émergé en tant que critique des deux autres systèmes (socialisme et capitalisme).
L’éthique, pour reprendre ce que dit Eva, c’est redonner enfin une dimension éthique à la politique. C’est faire de la politique autrement avec un certain réalisme et une colonne vertébrale éthique. En rupture avec les systèmes politiques actuels. C’est notre discours.
Sur l’écologie politique, nous avons une histoire qui nous oblige à faire l’inventaire de notre histoire, pour simplement comprendre notre histoire.
Nous devons discuter entre nous de notre présupposé éthique, être à la hauteur dans nos pratiques politiques. En rupture avec un système, formuler une alternative.
L’utopie, une idée qui doit continuer à exister. L’utopie réaliste, pas simplement abstraite, d’une société plus douce. Nous voulons quelque chose qui nus permette de sortir de la réalité, mais pas une construction fermée « hors-sol », pas la secte néolibérale (avec l’utopie du marché qui est hors-sol, les marchés sont « hors sol »).
Pas le communisme qui fut une construction abstraite et une réalité violente. Nous devons partir de la réalité, c’est notre responsabilité. Un désir d’utopie. On n’y accède pas comme ça.
C’est le désir qui nous fait avancer, qui permet de survivre.
C’est la capacité d’auto critique, quelque chose à défendre, mais en étant conscient que l’on part d’une certaine réalité.
Le parler-vrai et la transparence. On est malade de dire : mon adversaire a tort, ceux qui sont avec moi ont raison. On sait bien que ce ne n’est pas vrai.
Nous sommes en train de construire Europe Écologie. Oui il y a des différences. Les journalistes ne comprennent pas Europe Écologie …Nous aussi parfois. Ils nous demandent d’expliquer. On ne maîtrise pas tout. Il y a une dynamique qu’on ne maîtrise plus.
Europe Écologie est un désir, une utopie ancrée dans la réalité. C’est une projection de ce dont on a rêvé pendant des années. Notre problème est de faire de ces projections multiples, un projet collectif qui fonctionne.
Le parler-vrai, c’est de définir des étapes réalistes et crédibles, pas pour les 15 ans à venir, mais pour gérer la séquence 2011, 2012.
Puis on se reposera la question pour continuer à transformer Europe Écologie pour les années qui viennent. C’est notre devoir collectif.
Quelle est la meilleure forme d’organisation ?
Comment décider sur la présidentielle ? Oui ou non un candidat, une candidate ? Qui ? Quel est le type de structure pour décider collectivement ?
J’ai compris trop tard.
L’angoisse de certains verts vis-à-vis de ceux du « canal historique » d’ Europe Écologie, qu’ils créent une autre structure type Génération écologie. Tout le monde connaît cette histoire, ce n’est pas ce que nous voulons faire. Ce n’est pas notre histoire ce fut un échec.
Ou bien on y arrive collectivement (verts, non-verts, divers, ouverts…) à cette création collective.
C’est de la gestion de notre autonomie dont il s’agit, Castoriadis en écrit 2000 pages de théorie (Carrefours du labyrinthe), mais aussi Guattari (Utopie et désir), Deleuze, Morin. Nous avons tous des racines politiques, des penseurs de notre culture de l’écologie politique auxquels nous nous référons. Des forces politiques autonomes. Une définition de la complexité.
Dans cette phase jusqu’à 2012, Europe Écologie est-elle possible ?
Notre pari de départ, l’aspiration démocratique. Alors qu’au départ, à la naissance d’Europe Écologie, nous n’étions pas dans un processus démocratique comme pour la création de l’Union Européenne. Le BE, le CAP (national ou régional), ce n’est pas en soi démocratique. On est dans ce processus.
Accueillir des personnes auto proclamées, s’ouvrir à d’autres personnalités, élargissement.
Nous devons arriver fin 2010, à la structure qui permettra l’émergence de la démocratie.
Les structures actuelles sont transitoires.
Fin 2010, nous aurons une structure commune avec des règles de fonctionnement. Mais attention dès le départ, à la dynamique de sclérose inhérente à la création d’une organisation.
Nous devons en être conscient.
À côté des formes de démocratie que nous retiendrons, il faudra créer une structure de « sages » (extérieure) qui remette en question, qui garantisse l’ouverture permanente d’Europe Écologie.
Comment décider collectivement des candidats pour les 80 ou 100 députés ? Avec quelle légitimité ? Quelles seront les autres personnalités qui nous rejoindront ? Comment les accueillir ? Comment gérer le passage par les fourches caudines de notre future organisation ?
Nos valeurs : une nécessité d’ouverture permanente. Remettre en question nos scléroses ? Notre implantation dans la société.
Cécile Duflot
Faire le lien entre les deux sujets : valeurs et structuration. Le débat sur les valeurs est essentiel. Et pour moi l’engagement politique est lié à la question des valeurs.
L’engagement politique dans un parti, c’est de croire que l’on peut en tant qu’être humain agir sur le fonctionnement de nos sociétés. Qu’on ne subit pas l’ordre établi qu’il soit naturel ou le fait de quelques-uns.
Une question générationnelle : les utopies se sont fracassées pour nous qui nous sommes nés dans les années 1975. D’autres avant, ont vécu de vraies utopies. Nous devons penser en parallèle utopie et modestie. Ce qui distingue l’écologie, c’est qu’elle n’a pas pour vocation à proposer un modèle, elle ouvre une nouvelle voie (selon Morin). Elle permet de penser la complexité.
Nous devons reconnaître qu’on peut imaginer, proposer des modèles différents. Il n’y a pas de modèle unique avec une organisation qui va prendre le pouvoir pour mettre en place ce modèle.
Pour cela, nous devons faire le lien entre projet et organisation.
L’utopie néolibérale est très idéologique. L’écologie politique résiste à l’analyse. C’est une résistance au productivisme, à la logique de la croissance.
Notre organisation ? Les Verts d’aujourd’hui ne sont pas ceux de 1984. L’appareil doit être capable de se dessaisir de ses prérogatives. C’est aussi cela, être écologique.
Aux journées d’été, notre dernière table ronde était consacrée aux valeurs de l’écologie politique, à un projet de civilisation, elle réunissait Alain Lipietz, Yves Cochet, Patrick Viveret…
À cela s’ajoute un héritage libertaire, la défense des libertés publiques. Un travail considérable à faire alors que l’on croise dans notre action des maires aux pratiques douteuses.
La défense du féminisme et de l’égalité des droits. Le ministre, avec lequel on vient d’avoir un échange sur les retraites, semble considérer comme normales, les inégalités les plus criantes, comme un état de fait, comme le fait d’avoir les yeux bleus ou les yeux bruns.
Nous refusons de tels constats, nous refusons la loi du plus fort.
Notre logique est celle du partage et de la sobriété. Nous ne sommes pas là pour rendre les gens heureux, mais nous devons créer les conditions, de donner à chacun les possibilités de sa propre émancipation, de ses propres choix.
C’est cela, notre sens du bien commun.
Approcher la complexité avec subtilité et modestie. Trouver la meilleure voie, pour citer Edgar Morin.
Eva Joly
Image de radicalité de l’action et de la pensée.
Le temps presse ? nous sommes des « insiders ». Nous devons être imbattables en matière de régulation financière.
Être radical et efficace. Travailler à la compréhension des mécanismes. Améliorer les fonctionnements.
Porter les valeurs, ne pas accepter les injustices. Agir en utilisant les mêmes moyens qu’eux.
Nous n’avons pas le choix, quand le président dit que « l’écologie, ça commence à bien faire ».
Nous ne pouvons pas accepter le renoncement aux promesses, nous devons imposer nos objectifs.
Une crise alimentaire s’annonce avec une pression terrible sur les prix des matières premières.
Il y a une tentation de repli. Nous devons lutter pour la justice entre le Nord et le Sud. Et dans notre pays.
On ne négocie pas avec la Nature.
L’exemple de la crise en Islande et le volcan qui a paralysé le trafic aérien pendant plusieurs jours, c’est l’image de la solidarité inversée.
Aujourd’hui, le rapport de plusieurs milliers de pages qui a été rédigé dans le cadre de l’enquête menée sur la crise financière, les Islandais le lisent partout, ils se l’approprient.
Nous devons réfléchir à comment rendre la démocratie vivante, rendre le bien commun.
C’est une utopie possible. Nous le ferons.
Dany
Sur la Grèce, Pascal Canfin et le Groupe des Verts au Parlement Européen, ont travaillé sur les réformes nécessaires au niveau de l’Europe. Le FMI doit travailler avec le BIT, pour venir en aide aux salariés. Pourquoi pas la Direction Générale des Finances et de l’Emploi ?
On n’arrive pas à créer du consensus. Il faut laisser du temps aux Grecs.
Remettre en cause la politique et les dépenses d’armement mais aussi le poids de l’église Orthodoxe, 95 % des Popes sont fonctionnaires. Le plus grand propriétaire foncier de la Grèce, c’est l’église !
Cécile
Pourquoi un appareil politique ? Pour se donner les moyens d’agir politiquement.
Mais être attentif à ne pas rester trop longtemps, à ne pas devenir un outil d’organisation. Il y a une nécessité de se régénérer dans un système très conservateur.
C’est toujours à réinventer. Remettons l’ouvrage sur le métier.
Processus de désignation. La nécessité de créer un parti ?
Une remise en cause permanente.
Être accueillant, y compris pour des gens qui ne se sont jamais engagés.
C’est avoir envie, d’une utopie, d’un projet.
C’est se donner les moyens d’aboutir et de changer les choses.







[...] > retrouvez ici la retranscription (texte) de la première plénière [...]
Bonsoir, je viens d’arriver à votre mouvement. Si j’ai pris cette décision c’est parce que je considère qu’il faut inventer une nouvelle éthique sans négliger l’ esthétique, autre voie diverse et ouverte de faire la politique. Les partis appartient à une étape antérieur de la démocratie, l’étape théologique, maintenant ceci est dépassé, il faut une différence plutôt qu’une identité, une structure qui déclencherait un processus permanent et non une stratégie liée exclusivement aux élections, sans négliger bien évidement les enjeux que ceci représente. C’est pourquoi le mot écologie doit absolument dépasser ses clichés et ses sens habituels.
a bientôt
Turpial
[...] backgroundColor: "#" }, 800); return valid; }); }); Après une première version de la retranscription de la première plénière, nous vous proposons ici la synthèse des 3 [...]
Le printemps étant enfin là, la couleur vert devienne omniprésente, voilà pourquoi, avant le grand rassemblement de samedi, lequel, j’espère féconde, je voudrais partager avec vous la citation suivante, prise dans le magnifique livre de Michel Pastoureau et Dominique Simonnet « Le petit livre des couleurs » que je vous recommande à tous :
« Est-ce un hasard si le dollar, le roi des billets, est vert ?
Il n’y a jamais de hasard dans le choix des couleurs ! Autrefois, le symbole de l’argent, c’était le doré et l’argenté, qui, dans l’imaginaire populaire, rappelaient le métal précieux des pièces de monnaie. Quand les premiers billets de dollar ont été fabriqués, entre 1792 et 1863, le vert était déjà associé aux jeux d’argent et, par extension, à la banque et à la finance. Les imprimeurs n’ont fait que prolonger l’ancienne symbolique. Si l’argent n’a pas d’odeur, il a bien une couleur. »
Je crois que la citation se passe de commentaire. Alors gaffe à la convention d’Europe Écologie et à nous tous de ne pas perpétuer la domination et l’appropriation du VERT par les banquiers !
Turpial