En attendant la révolution… présidentielle 2012 !
texte paru sur mon blog : http://www.dazibao-blues.fr
Quoi que l’on puisse penser de notre système institutionnel, un changement de régime ne pourra jamais être un préalable à la mise en oeuvre d’un projet de société alternatif. Dès lors, gagner l’élection présidentielle constitue une étape incontournable et une condition nécessaire – mais non suffisante – pour ceux qui veulent aller vers un nouveau projet de société.
Flashback 2007, pour mieux comprendre :
Dans le camp conservateur :
* une logique de «parti-unique-machine-de-guerre» qui a permis l’(auto)désignation rapide et sans débat d’un candidat unique,
* côté programme, discours de rupture appuyé sur la valeur travail, chiffon rouge de l’insécurité, promotion de la lutte contre l’immigration et recyclage des thèses du Front National.
Le candidat a ainsi pu rassembler l’ensemble des voix de la droite classique et réduire à son profit celles de l’extrème droite.
En face (appellation par défaut) :
* une pseudo primaire au PS qui a mobilisé les énergies dans une lutte interne pour la désignation d’une candidate au détriment d’un débat sur le projet,
* un candidat «ailleurs» mû par une profonde ambition personnelle et convaincu de son destin,
* la multiplication de candidatures respectables mais de témoignage.
Résultat :
* les «anti-sarkozistes» (ce qui ne fait pas un projet) qui étaient objectivement majoritaires ont été battus faute d’avoir débattu entre eux sur le fond et de s’être mis d’accord sur une stratégie et un projet commun,
* un Président élu qui tient ses promesses (et c’est un fait nouveau) et qui a engagé une course poursuite pour mettre en pièces le modèle français issu du Conseil National de la Résistance et installer un système ultralibéral.
Permettre l’échange et le débat sur les lignes forces d’un projet de société nouveau.
Pour moi, l’élection présidentielle doit être l’occasion d’une rencontre et d’une adhésion entre les citoyens et une femme ou un homme qui se porte garant d’un projet de société connu et partagé.
D’où l’urgence de définir le plus collectivement possible le société de projet alternatif nécessaire à engager un processus de changement. Nous ne pouvons, en effet, nous contenter d’un discours « d’opposition et de défense » qui sont tout sauf ce dont nous avons besoin. La société a bougé, les enjeux ne sont plus les mêmes, l’urgence est là !
Il est donc impératif, à mon sens, de créer les conditions pour que les forces constituées (forces politiques, dont c’est l’objet, mais aussi syndicales, associatives, organisations non gouvernementales, etc.) et les citoyens inorganisés qui se reconnaissent dans le projet d’une société humaine, de liberté, de responsabilité, de solidarité et protectrice de l’environnement, mettent en débat les éléments constitutifs majeurs de ce projet de société.
Devraient pouvoir participer à ce débat ceux qui, organisations ou individus, déclareront publiquement adhérer à la recherche d’un projet de société humaine et rejeter radicalement la société libérale, productiviste, consumériste et individualiste.
Si les bornes posées peuvent sembler assez larges, elles sont suffisamment clivantes pour que la question des alliances, qui agite depuis la dernière élection présidentielle le microcosme politique, ne soit pas un préalable au débat, mais une conclusion de celui-ci.
Pour être très concret, sur la question du «centre», d’un côté, et de «l’extrême gauche», d’un autre, il n’appartient à personne d’autre qu’à chacun de ces partis eux mêmes, de choisir s’ils souhaitent participer à l’élaboration d’un projet de société alternatif et, in fine, de dire s’ils se reconnaissent dans le projet élaboré collectivement.
Organiser des primaires largement ouvertes pour choisir, si les conditions sont réunies, un candidat unique.
La désignation d’un candidat unique des « forces de progrès » pour la présidentielle, dès lors que ces débats auront eu lieu, tombe pour moi sous le sens. Elle ne doit donc pas être un préalable, mais intervenir au terme de ce processus de débat.
Si les conditions de celui-ci permettent l’émergence de valeurs et d’un projet général commun, le processus de désignation pourrait alors être ouvert, au-delà des adhérents des partis, à ceux qui ont participé au débat ou déclareraient se reconnaître dans ses conclusions.
Les primaires auraient alors pour fonction de réunir les deux conditions décrites plus haut :
* la validation d’un projet élaboré collectivement, condition nécessaire à ne pas signer un chèque en blanc à un président, quel qu’il soit,
* le choix de celle ou de celui qui portera ce projet, s’engagera à en être le garant et devra susciter l’adhésion.
Deux ans pour relever ce défi, ça n’est pas trop, mais c’est jouable. Je n’ose imaginer que «les progressistes» ne s’emparent de cette (dernière ?) opportunité.







[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par EuropeÉcologieNantes. EuropeÉcologieNantes a dit: #22mars #avEEnir En attendant la révolution… présidentielle 2012 ! http://ow.ly/174MDM [...]
alliance oui mais méfiance avec les socialo les français ont de l’expérience pour preuve la politique menée depuis 30ans a toujours était la même et c’est l’Homme qui trinque.Pour ma part je crois dur comme fer qu’il est possible de changer notre façon de produire d’élever de cultiver de travailler sans causer du tord à la planéte au monde de la faune et de la flore d’affamer la moitié de la planète et qu’en plus ça soit fait seulement pour qu’un minorité extra riche profite et s’engraisse se repaisse sur le dos du reste du monde.quant à la taxe carbonne il faut que ce soit ces gros riches,exploitant agricoles,industriels qui doivent casquer cessons d’écouter leur chantage au licenciement,à un moment donné il faut sanctionner…ne sont ils pas en fait responsable de crime contre l’humanité,contre le reste du monde on peut le dire comme ça….
Dasibao blues,en attendant la révolution,quelque chose comme ça doit être possible, oui .
Projet alternatif nécessaire à engager un processus de changement ,
mis en débat,
connu,
partagé
j’ose rajouter : par tous?
Les conditions pour élaborer ce projet ne se trouveraient-elles pas dans un débat par votations consultatives sur le modèle de ce qu’a initié la poste.? J’en rêve !
Projets et contreprojets pourraient être proposés sur différents sujets et votés par tout citoyen qui le désire. Les militants en premier lieu, bien entendu et tous ceux qui s’intéressent à ce projet, tout simplement, et pourquoi pas à ceux qui ne sont pas radicalement anti – productiviste, consumériste, individualiste.
Par exemple, en ce moment, on devrait organiser des votations au sujet de la réforme des retraites et des différentes possibilités qui s’offrent : – allongement des années de cotisation – allongement de l’age de départ – diminution des revenus des retraités : seuil des diminutions – hausse des cotisations patronales, salariales – taxe sur les revenus passifs : à préciser – prise en considération pénibilité, propositions de barèmes, -specificité des femmes– ne pas réformer tout de suite, mais attendre un autre projet…
On fait un choix. La possibilité qui a été le plus choisie doit être retenue, par exemple.
En s’invitant ainsi au débat sur les retraites, on donnerait les conditions à un vrai débat, la réforme en serait peut être plus juste, sinon le gouvernement en serait encore plus impopulaire.
D’ailleurs les gens de pouvoir ne se privent pas de consultations en faisant des sondages, qui lui servent parfois d’infos, pour ne pas dire d’intox.
Osons partager vraiment et créer cette nouvelle démocratie, que notre parole à chacun soit entendue, par des votations, simplement, et n’ayons crainte des gens qui se déplaceraient ou feraient l’effort de comprendre les propositions de fond, car ceux la sont nos voisins et c’est ensemble que nous devons vivre et donc ensemble relever les défits qui se présentent.
Les forces de gauche, majoritaires dans les régions, ne sont-elles pas capables avec les syndicalistes et organisations non gouvernementales d’éditer des propositions sur un grand sujet , mis par le système de votations en débat dans chacun des foyers français ? Par exemple : le plan pour une économie durable et solidaire. Propositions relayées par les journaux, affichées, en disposition dans les mairies ou bureau de poste ou …pendant un mois. Au bout d’un mois, on vote. Et on repart sur un autre sujet…
La logistique en serait-elle tellement impraticable ?.
Et politiquement où en serait le risque ?
je réagis à tout ce que j’ai pu lire sur la ruche et j’en déduis qu’il est bien compliqué de ménager la chèvre et le chou – mais il va bien falloir se lancer et pour aller dans le sens de M-H des actions concrètes seraient les bienvenues sur les grands sujets qui remuent notre société. Sur la question des retraites j’ai beaucoup entendu nos dirigeants actuels dire qu’ils étaient très attachés au système actuel par répartition en raison de la solidarité. Puisqu’il est question de solidarité alors poussons la un peu plus loin. Mettons la au coeur de la famille et faisons que les parents soient solidaires de leurs enfants et les enfants de leurs parents. Aujourd’hui un travailleur cotise pour lui égoïstement en attendant l’âge de la retraite. Demain nous pourrions mettre en place un système qui ferait que lorsque deux individus se rencontrent pour former une famille leurs cotisations englobent la couverture de leur(s) enfants(s) jusqu’au moment ou ces derniers entreraient dans la vie active. Les enfants, dès l’instant où ils entreraient dans le milieu du travail, cotiseraient alors pour les parents à hauteur du temps cotisé par ces derniers pour leurs enfants. Mieux, le conjoint choisissant de ne plus travailler pour élever les enfants, serait pris en charge par celui qui continuerait à travailler. Ce n’est pas de la solidarité ça ! Je sais que de savants matheux sauront établir toutes modalités de taux etc etc et je crois que ça ce serait une réelle révolution ! Ceci étant dit j’aimerais bien qu »EUROPE ECOLOGIE se structure en une vraie force à portée nationale , mais aussi européenne. Aujourd’hui nos dirigeants se retranchent toujours singulièrement derrières les directives européennes lorsqu’ils veulent faire ou ne pas faire avancer le schmilblick.
@Dazibao Blues: je souscris à cette contribution! Il est temps que les partisans du rassemblement à gauche pour 2012 se fassent entendre au sein d’Europe Ecologie.
L’écologie politique fait un pari risqué en présentant un ou une candidat(e) au premier tour. Si la peur de l’extrême-droite et de Sarko incite les électeurs de gauche à se porter sur le candidat jugé « le mieux placé » (donc PS) pour faire échec à ces deux périls, alors nous ferons un score décevant qui nous marginalisera et ne permettra pas de créer, dans le camp du progrès, la dynamique nécessaire à la victoire.
On peut inventer de nouvelles formes de candidatures a cette élection: un ticket Aubry-Duflot? Une proto-candidature collégiale avec un candidat unique et des porte-parole de premier plan représentant la diversité du camp du progrès?