Europe Écologie : un mouvement multiple
Le rassemblement Europe Écologie est né de « diversités » qui ont fait son succès : diversité de combats, diversités des origines, diversité des militances. La forme que prendra le mouvement de l’écologie politique doit prendre en compte ces diversités. Nous devons être capable de proposer à nos concitoyens un autre modèle, un modèle qui permette de s’investir à différents niveaux, selon ses envies ou ses compétences. J’imagine 3 « rôles » pour ce « mouvement », 3 formes complémentaires, autonomes mais liées, s’enrichissant mutuellement et contribuant à l’écologie politique et à sa « pollinisation de la société ». L’enjeu est de taille : réconcilier les citoyens avec la politique au sens noble et donner aux idées écologistes l’écho qu’elles méritent dans la société.
Parti politique
Je mets sous cette appelation le rôle qui consiste à former et à faire élire des élus mais aussi à les aider dans leur travail. Il s’agit bien là du rôle essentiel des partis politiques tels qu’ils existent (même s’il leur arrive de jouer certains des autres rôles dans certaines circonstances). Néanmoins, les pratiques de ce mouvement doivent être rénouvellées et innovantes : tirage au sort d’une partie des membres des instances, plus grande participation des militants aux décisions, …
Laboratoire d’idées
Pour nourir leur réflexion et pour construire leurs projets, les partis ont besoin de laboratoires d’idées (ou « think tank »). Ils peuvent prendre plusieurs formes, être plus ou moins liés au parti mais leur rôle reste le même : fournir au parti de la matière grise.
Association
Étant donné l’urgence d’agir face à la convergence des crises (écologique, sociale, économique) le mouvement doit pouvoir peser sur la société en attendant d’être majoritaire dans les institutions. Bien évidemment, cela passe par les élus mais on pourrait également imaginer un travail de type « associatif », un travail d’influence et d’action permanence. À l’image du travail réalisé par la fondation Nicolas Hulot avec son pacte écologique ou par l’association APRIL avec candidats.fr, nous devons pouvoir interroger nos adversaires et partenaires politiques sur ce qu’ils pensent sur les sujets qui nous sont chers. Plus encore, nous devons pouvoir lancer ou soutenir de façon massive des pétitions ou des actions ayant plus trait aux mouvements associatifs qu’aux mouvements politiques. J’imagine par exemple l’utilisation du réseau des signataires Europe Écologie sur des pétitions importantes comme sait le faire le site avaaz.org
C’est cette multitude de sous-mouvements au sein d’Europe Écologie qui permettra au mouvement de grossir et d’attirer vers lui des citoyens déçus par la politique mais qui ont beaucoup à apporter à la réflexion et à l’action en faveur de l’écologie politique. Proposer différents moyens d’agir, c’est mieux répondre à la diversité des attentes et des envies qui existe dans la société française. Parmi ces engagements, aucun ne doit être plus noble que les autres, tous contribuent à faire avancer nos idées et nos combats.
( La version complète de cette contribution est disponible sur http://www.lepanoptique.fr/ )





