Europe-Écologie : réussir l’articulation parti-réseau ?

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La dynamique d’Europe-Écologie est (ou était ?) une bouffée d’air frais et d’espoir dans le champ de l’Écologie Politique. En effet, elle peut permettre de résoudre plusieurs défauts structurels des Verts, et d’articuler des acteurs écologistes différents et complémentaires.

Cependant, cet espoir suppose qu’EE se conçoive comme un lieu et une méthode d’articulation entre acteurs, et non pas comme une usine à gaz ou un « nouvel acteur » qui phagocyte les autres en les stérilisant. Son rôle ne doit surtout pas être de « pomper » les ressources des associations en transformant leurs cadres en responsables politiques, mais de « mobiliser » les associations dans une dynamique où chacun trouve sa place : on a besoin d’acteurs politiques institutionnels ET d’associations indépendantes mais proches, capables d’alimenter et de critiquer (de façon constructive) le politique – sans s’y substituer !

L’espoir des Européennes

Lors de la campagne pour les élections Européennes, Europe-Écologie a su mobiliser de nombreux réseaux écologistes dans l’écriture du projet et le lancement de la dynamique. Ainsi, au sein de la commission « agriculture », nous avons pu solliciter et impliquer des leaders paysans totalement extérieurs aux Verts, et qui n’adhèreront jamais à notre parti : des responsables de la Confédération Paysanne, de l’agriculture biologique, des CIVAM, des AMAP, etc.

Ces réseaux ne seraient jamais venus participer à une structure formelle : ils n’ont absolument pas vocation à cela ! Leurs responsables ne seraient jamais, non plus, venus participer à l’élaboration d’un programme « en leur seul nom propre » puisqu’ils ne sont pas militants Verts. Le « miracle » de la situation créée l’an dernier, c’est que ces réseaux étaient déjà régulièrement sollicités par la commission « agriculture » dans le cadre d’actions institutionnelles dont ils étaient partenaires : débats au Sénat, travail d’amendements parlementaires… En tant qu’acteurs autonomes, ils n’avaient aucune raison de refuser de travailler avec Les Verts … comme avec d’autres partis, à une différence près : ils savaient avoir de fortes convergences avec Les Verts. C’est ainsi que de nombreux responsables associatifs ou syndicaux agricoles savaient qu’ils seraient écoutés et respectés, et qu’ils avaient une occasion unique de contribuer directement à un programme politique sans être instrumentalisés. Comme beaucoup d’entre eux avaient des affinités politiques ou humaines avec nous (ce qui fut évidemment l’autre facteur de ce « miracle »), ils ont osé tenter ce partenariat, et n’ont pas été désavoués par leurs structures.

Il faut bien comprendre que ce travail commun n’a pas comme seule conséquence de produire un programme riche et partagé. Il a permis de faire respecter et estimer Les Verts au sein de structures plutôt prudentes à l’origine, et de faire comprendre qu’un « cheminement conjoint » était possible : séparés, mais partenaires. De plus (et c’est ce qui est le plus sensible d’un point de vue électoral concret), ce cheminement conjoint a été visible et reconnu au sein de ces associations et syndicats, qui voyaient bien qu’Europe-Écologie était le mouvement le plus proche de leurs préoccupations et que nous savions les écouter : le « bouche à oreille » permet alors de mobiliser très largement et d’attirer le vote de nombreux membres ou sympathisants de ces réseaux.

Tout le monde est alors gagnant, mais chacun reste dans son rôle : Les Verts proposent des candidats aux postes institutionnels … et gagnent des voix, les associations et syndicats forment et influencent ces candidats et leurs programmes mais restent autonomes, en tant que « contre-pouvoirs » indispensables.

Les méprises des Régionales

Cette belle dynamique des Européennes ne s’est pas retrouvée lors des Régionales – du moins pas à l’échelle de la construction nationale et médiatique d’EE (cela fut parfois différent, et mieux réussi, à l’échelle régionale).

Au lieu de mobiliser des « têtes de réseaux » en tant que telles (c’est-à-dire en tant que partenaires privilégiés … mais restant associatifs !), les leaders nationaux d’EE ont préféré récupérer des candidats et construire un affichage médiatique. Autrement dit, on n’a pas cherché à impliquer les associations et syndicats « en tant que partenaires », mais au contraire à impliquer des individus « issus » des associations et syndicats … mais devenant, dès lors et de facto, des personnalités politiques. On les a débauchés, transformés.

En effet, un responsable syndical ou associatif qui est élu ne peut plus, sérieusement et démocratiquement, représenter un mouvement syndical ou associatif. Il est nourri de son histoire, certes, mais il tourne la page. On ne peut pas être à la fois « au pouvoir » et « un contre-pouvoir ». Non seulement cela n’est pas crédible, mais ce serait profondément anti-démocratique. Cette évolution n’est pas choquante tant que la page est bien tournée, elle est même naturelle – mais elle doit rester ponctuelle et en sachant bien ce qui est alors perdu.

Au lieu de renforcer la synergie naissance entre un mouvement syndical et associatif autonome d’une part, et un mouvement politique d’autre part, on a créé une totale confusion des genres, et on a fait miroiter à des militants un changement de statut forcément valorisant et tentant. Résultat : au nom de la « composante citoyenne », de nombreux vieux militants non-Verts se sont senti pousser des ailes. Ah, quelles formidables et innombrables vocations politiques sont apparues depuis 6 mois au sein de nos partenaires ! Que de génies ignorés et de compétences incontournables sont brutalement sortis du chapeau !

Le problème de cette démarche est double. Nous ne nous sommes pas contentés de déstabiliser les associations et syndicats dont nous avons « débauché » les cadres ou fondateurs (nous en subirons hélas les conséquences dans les mois à venir, avec un monde associatif affaibli ou discrédité car considéré comme désormais politisé), nous avons également survalorisé des personnalités isolées, qui ne représentaient qu’elles-mêmes.

Il est d’ailleurs assez amusant (quoique peu encourageant en termes de comportements humains) de voir, dans chaque région, le nombre de personnes qui sont sincèrement convaincues d’être incontournables, et qui se sont battues bec et ongle pour être en position éligible. Sincèrement : beaucoup d’entre elles croient être « l’expert indiscutable de son domaine » dans la région concernée, ou être « la personne capable de devenir du jour au lendemain un-e élu-e brillant-e » (je parle ici de personnes qui ne sont expertes de rien, mais qui ont profité de l’occasion, de leurs amitiés ou de leur nom pour atteindre en 3 mois un niveau d’influence qui leur aurait pris 10 ans à atteindre dans une situation démocratique normale).

L’ouverture à 50 % : un fusil à un seul coup

Le contresens qui consiste à « pomper » les ressources militantes associatives et syndicales au lieu de les « articuler » avec la politique est particulièrement renforcé par la règle qui fut édictée arbitrairement et péremptoirement à l’occasion des Régionales : celle de la constitution de listes moitié Verts, moitié non-Verts.

Une telle démarche a été indéniablement intéressante : elle a obligé Les Verts à se percevoir comme un groupe et non plus comme une juxtaposition de courants (elle pourrait donc avoir aidé à régénérer Les Verts … à condition de ne pas être dévoyée par un prolongement aberrant), et surtout elle les a obligés à adopter des réflexes d’écoute et de recherche du consensus. Le mal structurel et fondateur des Verts, celui d’un mouvement issu de luttes minoritaires mais justifiées … et qui donc cherche à imposer son point de vue minoritaire plutôt qu’à écouter le point de vue des autres, celui qui a conduit à transformer une potentielle majorité qualifiée (à 60 %) en pratique exécrable de la « minorité de blocage » (à 40 %), a ainsi été en partie réduit. Ce n’est pas anecdotique : Les Verts ont commencé à acquérir des habitudes d’attention à l’autre et de construction de positions acceptables par tous.

Mais cette ouverture ne peut, ne doit surtout pas être figée – et surtout pas au taux invraisemblable de 50 %. La pérennisation d’un tel taux d’ouverture recèlerait deux immenses dangers.

En premier lieu, elle reviendrait à sacraliser le pompage des associations et des syndicats partenaires. Par définition, s’il faut 50 % de candidats « non-Verts », il faut bien aller les chercher quelque part ! Et s’il ne s’agit pas de les prendre dans d’autres partis politiques (car une telle démarche ne pourrait être que provisoire et déboucherait forcément soit vers une fusion entre partis soit vers un éclatement total d’Europe-Écologie qui n’aurait alors plus aucune ligne directrice), il ne peut s’agir que de les prendre aux partenaires de la société civile. Or, si quelques évolutions individuelles du monde associatif vers le monde politique sont naturelles, leur systématisation à un taux aussi important est un non-sens – ou plutôt une destruction pure et simple à moyen terme du monde associatif environnemental, vidé de ses forces et/ou décrédibilisé par un glissement vers la politique électorale.

En second lieu, une telle règle conduirait inévitablement à la multiplication des candidatures opportunistes : il est tellement plus facile de se faire adouber comme « non-Vert » que de se faire désigner par un groupe démocratique ! Les plus ambitieux des militants associatifs et syndicaux pourraient ainsi planifier leur carrière en y intégrant l’étape « candidat non-Vert sur une liste EE » ; l’existence d’un tel quota réservé serait rapidement intériorisée par les militants politiques, qui s’ajustent toujours au cadre, et servirait d’aubaine pour les égos, les calculs et les personnalités autoproclamées.

Aussi, s’il est légitime et intéressant de maintenir le principe d’une ouverture des listes à quelques candidats non-encartés, il serait suicidaire de fixer de façon durable un taux aussi élevé que les 50 % des Régionales. À l’exception de quelques cas isolés qui trouveront toujours leur place s’ils représentent de réels réseaux militants, le renouvellement politique doit être démocratiquement régulé et non pas l’objet de cooptation et de réseaux d’amitié.

Malgré les dérives observées lors des Régionales, il y a de formidables choses à faire avec cet outil innovant qu’est Europe-Écologie… Enfin une occasion de tenir compte de la difficulté des sympathisants écologistes à s’encarter dans un parti, enfin une occasion d’articuler parti et acteurs civils (associations, syndicats, entrepreneurs écologiste et d’économie sociale et solidaire), enfin une occasion de sortir Les Verts de leurs scléroses organisationnelles et comportementales.

Les écologistes n’aiment guère les partis

L’univers écologiste est complexe. Outre les militants politiques engagés avec passion dans un parti (que ce soit chez Les Verts … ou hélas ailleurs parfois), il existe deux populations bien spécifiques : les militants associatifs et les sympathisants.

Bien entendu, les militants politiques sont eux-mêmes très souvent militants associatifs, mais ils n’en constituent qu’un minuscule sous-ensemble. La grande majorité des personnes engagées dans des associations de protection de l’environnement, ou de développement international, ou de lutte anti-nucléaire ou contre les OGM, ou de combat féministe ou antiraciste, etc., ne souhaite pas adhérer à un parti politique. Parfois ce rejet de la forme politique relève d’une volonté consciente d’éviter tout mélange entre « pouvoir » et « contre-pouvoir », ce qui est parfaitement défendable et respectable. Le plus souvent, et surtout lorsqu’il s’agit de militants associatifs de base (ou de potentiels militants politiques de base), la confusion des rôles n’est pas en cause – et pourtant, ils ne « croient » pas aux partis et préfèrent l’action immédiate de proximité. Ont-ils tort ? Peu importe, le constat est là.

Les sympathisants écologistes plus « lointains », qui ne sont engagés dans aucune association, partagent a fortiori ce scepticisme voire ce rejet de la chose politique. C’est un constat que nous étions plusieurs à faire depuis déjà une quinzaine d’années : alors que les sympathisants de la cause communiste, du « projet » socialiste (fort affaibli aujourd’hui) ou de l’ordre umpiste aiment à formaliser leur attachement par l’adhésion au parti, les sympathisants écologistes y sont fortement réticents. Vous êtes socialiste ? Vous prenez « naturellement » votre carte. Vous êtes écologiste ? Vous conspuez les partis, même si vous votez Vert.

Cette réticence est assez cohérente avec les fondements mêmes de l’Écologie Politique, qui s’est construite en grande partie sur un héritage libertaire ou anarchiste (Bookchin), sur le socle de la contre-culture, et sur la conviction que small is beautiful et que l’action locale prime.

Or, depuis 15 ans Les Verts ne cessent de parler de « grande campagne d’adhésion » et de la nécessité de dépasser (et largement si possible !) les 10.000 membres. Cette aspiration est en contradiction avec le constat qui précède, et ne pouvait pas donner de résultat si la forme « parti » n’évoluait pas. L’un des grands enjeux d’Europe-Écologie est d’offrir une sortie à cette impasse structurelle : il ne peut pas être question de changer les centaines de milliers de sympathisants écologistes, changeons donc la nature de l’engagement que nous pouvons leur proposer.

Un parti Vert (renouvelé ?) est nécessaire

Cela va de soi : pour participer aux institutions politiques d’un pays, il faut être politiquement organisé. Certes, il est toujours possible de fonctionner sous la forme d’un réseau à étendu variable, comme l’avaient fait les écologistes du début des années 70 au milieu des années 80. Mais cette forme avait montré ses limites, en raison même des institutions françaises : un minimum de stabilité et de « représentativité » est nécessaire. Un mouvement évolutif ne peut pas véritablement « faire son trou » dans l’imaginaire collectif. Mais surtout, des cadres politiques non fiables, à la représentativité discutable et à l’appartenance fluctuante, ne peuvent pas construire une ossature stable pour la construction de politiques concertés et de stratégies à long terme.

Un réseau pur fonctionnera toujours dans le court terme – ce qui peut naturellement être extrêmement efficace dans ce « temps » là, mais n’épuise pas, et de loin, les exigences de l’action politique.

L’absence d’organisation et de régulation a toujours été un outil de manipulation et de déni de démocratie, l’histoire des mouvements anarchistes le montre hélas clairement. Un autre exemple concerne directement l’histoire écologiste : la candidature de Brice Lalonde aux Présidentielles de 1981, au détriment des trois candidats représentatifs et attendus, fut le résultat d’une grotesque manipulation, rendue possible par l’absence de « corps électoral » formel. Ce n’est d’ailleurs pas étranger à la décision de structurer Les Verts dans les années qui ont suivi.

C’est pourquoi l’assise d’un parti formel est indispensable au cœur de l’espace écologique. Il pourrait s’agir d’un nouveau parti, issu de convergences entre Les Verts et d’autres … mais qui ? et sur quel projet ? La seule formation bénéficiant d’une identité reconnue dans l’imaginaire français (même si cette reconnaissance n’est pas sans critiques ni méfiance), le seul parti articulé clairement avec le mouvement Vert mondial et porteur du projet global de l’Écologie Politique s’appelle Les Verts. Il doit donc former l’ossature d’Europe-Écologie, même s’il doit accepter de voir son rôle (et, pourquoi pas, son périmètre) redéfini.

À côté de ce parti-noyau, les sympathisants écologistes doivent pouvoir trouver un dispositif à géométrie variable, appuyé sur les groupes locaux d’Europe-Écologie et leur permettant de proposer, d’agir, de contribuer … sans obligation d’adhérer. Et soyons sérieux : lorsqu’un militant de ce type souhaite se présenter à une élection, il adhère ! Il n’y a aucune contradiction entre d’une part l’ouverture large et libre proposée par Europe-Écologie, et d’autre part le fait de devoir passer par la validation au sein d’un parti pour être candidat. Prétendre le contraire est une insulte à l’intelligence, en supposant qu’un individu hostile aux règles élémentaires de la démocratie représentative pourrait être un bon élu … d’une démocratie représentative.

Les sympathisants écologistes qui souhaitent disposer d’un espace « hors parti » ne sont pas candidats à des élections. Les militants qui souhaitent être élus savent très bien adhérer si cela est nécessaire à leur désignation démocratique et transparente. Les deux espaces, celui du parti-noyau servant de base aux désignations et celui de la nébuleuse militante sur le modèle du logiciel libre, sont parfaitement complémentaires.

Europe-Écologie n’est pas un « rassemblement »

Il est trompeur, voire mensonger, de présenter EE comme un « rassemblement ». Un rassemblement, c’est la convergence de plusieurs groupes, à travers des personnalités mandatées et chacune représentative d’une histoire collective.

Or, une seule composante d’EE respecte ce principe élémentaire : Les Verts. Les autres prétendues « composantes » ne sont pas des composantes mais des additions d’individus.

Les transfuges du PS, du PC ou autres représentent-ils des groupes ? Non, ils viennent seuls, ou avec deux ou trois amis : ils ne sont pas dans une démarche de rassemblement mais de ralliement.

Les associatifs ou syndicalistes représentent-ils leur ancienne organisation, et cette dernière rejoint-elle « en tant que telle » EE ? Bien sûr que non !! Yannick Jadot ne représente pas Greenpeace : Greenpeace ne rejoindra jamais un mouvement politique. Sandrine Bélier ne représente pas FNE : jamais FNE ne rejoindra un mouvement politique. René Louail (ancien porte-parole de la Confédération Paysanne et candidat en Bretagne) ne représente pas la Confédération Paysanne : jamais ce syndicat ne sortira de son rôle (surtout pas actuellement où il se recentre sur sa fonction de défense syndicale !). Ils ont, bien évidemment, dû démissionner de leurs fonctions au sein de ces organisations, et ne sont évidemment pas mandatés par elles. Cela n’enlève rien à la valeur intrinsèque de ces personnes (valeur qui doit beaucoup à leur passé associatif et que je ne remets sûrement pas en cause : ce n’est pas le sujet) – mais elles sont là « pour elles-mêmes », pas au nom d’organisations.

Le seul domaine où il pourrait y avoir « rassemblement », c’est sur la composante partidaire : si CAP 21 et Les Verts fusionnaient, alors, oui, il y aurait un « rassemblement ».

Articuler des acteurs différents et complémentaires

En « pompant » les cadres associatifs et en les faisant succomber à la séduction de la politique institutionnelle, Europe-Écologie risque non seulement d’affaiblir les ressources humaines du monde associatif, mais elle risque également de créer une confusion entre le pouvoir institutionnel et le contre-pouvoir associatif, et par conséquent de réduire la crédibilité et la capacité de conviction des associations environnementales et citoyennes.

Europe-Écologie a tout à perdre à devenir un conglomérat flou ou un nouveau parti politique. Elle n’a de sens que si elle sait mettre en synergie :

  • un parti politique fournissant l’essentiel des candidat-e-s aux élections (c’est le rôle d’un parti !, pas d’une association), avec des procédures de désignations démocratiques et représentatives ;
  • des associations indépendantes mais étroitement associées à l’élaboration programmatique, pouvant évidemment fournir quelques personnalités ponctuellement pour une candidature élective – mais de façon ponctuelle, à la suite d’un compagnonnage clair, et en sachant que toute personnalité qui « saute le pas » change dès lors de statut et de rôle ;
  • des sympathisants ne souhaitant pas adhérer à un parti mais se reconnaissant dans cette dynamique ouverte parti-associations, et trouvant ainsi un cadre pour s’impliquer ponctuellement et sans « engagement ».

Pour ce faire, il est incontournable de définir :

  • un noyau politique assumé : il peut s’agir des Verts, sous leur forme actuelle ou sous une forme renouvelée par l’arrivée d’anciens membres d’autres partis comme Cap21 ou autres, et intégrant les « anciens associatifs » qui sont, de fait, entrés en politique par leur élection et qui doivent l’assumer en se pliant à un minimum de régulations démocratiques – qui ne peuvent exister que dans un parti formalisé ;
  • des méthodes pour mobiliser et associer les différents acteurs associatifs, syndicaux et économiques (économie sociale et solidaire…) aux travaux programmatiques et au suivi des actions des élus : les commissions des Verts peuvent être un cadre de départ, puisqu’elles peuvent inclure des responsables associatifs et syndicaux non-membres des Verts – et la commission « agriculture » a ainsi largement associé l’ensemble du monde agricole alternatif à l’écriture du programme agricole des Européennes, et créé des habitudes de travail qui peuvent être poursuivies et élargies ;
  • des évènements ponctuels (élections … mais aussi conventions ou autres) sollicitant et impliquant des sympathisants non-adhérents, à la carte ;
  • un cadre ouvert, sur le modèle des « logiciels libres », pour permettre à toute initiative citoyenne écologiste de contribuer au programme d’EE, de participer au suivi des actions des élus ou de proposer des actions concrètes.

Dans ces conditions, qui ne mélangent pas le politique et l’associatif, et qui prennent en compte le fait que les sympathisants écologistes préfèrent en général ne pas adhérer à une structure formelle, il sera possible de faire d’Europe-Écologie un outil de renouvellement et de modernisation politique.

Cela suppose d’éviter le leurre du casting et de reconnaître que le monde moderne est celui des réseaux (fédérant des histoires collectives), pas des leaders populistes.

Jacques Caplat

Ancien membre du Collège Exécutif et du CNIR des Verts

3 commentaires

  1. Françon Paul dit :

    Puis-je vous suggérer lorsque vous vous exprimez de réaliser une synthèse pour ceux dont je fais parti qui ont des difficultés à vous suivre dans les circonvolutions verbeuses de vos démonstrations?

    Ou mieux encore, pourriez-vous directement écrire une version courte qui de surcroit vous conduirait à faire un effort de clarification de votre pensée?

    Veuillez svp comprendre que ce sont plusieurs centaines d’e-mails qui sont reçus mensuellement d’EE et des asso écolo auxquelles nous collaborons, donc….

    Cordialement

  2. Noelle Simpson dit :

    Je suis 100% d’accord avec ce texte très clair, respectueux des engagements de chacun et conscient des dérives déjà occasionnées. Il reflète une expérience concrète que d’autres contributions plus « floues » ont du mal à concurrencer.

  3. grainamoudre dit :

    je trouve le fond de ce texte bon, parfois un peu trop sinueux sur les voie à suivre.

    Reste des questions et des reflexions que je me pose:
    Donc qui va assurer la logistique et l’organisation politique qui est éssentielle pour chaque échéance électorale et la vie politique locale et nationnale au quotidien ?

    1/ Les élus et les militants-es verts-es impliqués et adhérents qui font fontionner humainement et économiquement ce mouvement ?
    - si oui , accepteront t-ils lomptemps cette situation ?
    je ne pense pas.

    Votre idée :P our les candidats à etre élu , une adhésion aux mouvements VERTS ou ECOLO.oui mais attention ,car on en fera un parti d’élus ,comme le PS.

    2/Ce mouvement doit il rester un parti de militants ou devenir qu’ un parti d’adherents sympathisants ?

    ET donc pour faire tourner le mouvement ECOLO VERT faut il ?
    des PROS (comme l’ump ) ?
    -payé par les résultats aux élections et les élus et donc devenir un parti d’élu comme le PS. pour moi négatif.
    Ou un parti avec des militants et des permanents VERTS payé par les résultats aux élections ,les adherents et les élus Ecolos ?
    - a voir

    je suis pour un parti Militant VERT ECOLO économiquement solide ,humainement équitable et juste avec des adhérents et des élus qui s’appuie sur un réseau de sympathisant EE .
    Je suis pour des militants adherents Verts ECOLOs actifs qui doivent pour certains-nes devenir des permanents (rémunérées)
    -on doit definir le role et les statuts conventionnelles des permanents

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