Coopérative politique, fédération : innovations ou leurres ?
La proposition, encore bien floue, de refonder l’Écologie Politique sous la forme d’une « coopérative politique » (ou de son avatar une « fédération ») soulève des questions pertinentes et ouvre des perspectives qui méritent d’être considérées et débattues. Toutefois, elle s’appuie également sur des fantasmes ou des affirmations péremptoires, et elle recèle de vrais dangers en matière de démocratie, de pérennité et de transparence. Surtout, elle est une réponse inadaptée à un diagnostic fondé. Un leurre, en somme, susceptible de détourner les écologistes des vrais enjeux et des vraies solutions.
Le dépassement de la forme « parti »
Même s’il n’est pas nouveau, et de loin, le constat sur les limites de la forme partidaire s’appuie sur des remarques valables. Lorsqu’on se penche plus précisément sur le cas des Verts, d’autres remarques tout aussi pertinentes s’ajoutent – nous sommes nombreux à les avoir formulées depuis des années, même si nous n’en tirons pas tous les mêmes conclusions.
Aujourd’hui, de nombreux citoyens ne se reconnaissent pas dans les partis politiques. C’est vrai. Mais il ne faut pas confondre ce constat avec celui de la difficulté des militants écologistes à adhérer à un parti : ce sont deux phénomènes totalement distincts !
La désaffection pour la politique est transversale, et n’est pas liée à la forme des structures politiques : elle est liée à un sentiment (exact ou non, ce n’est pas le sujet ici) d’inutilité du personnel politique, réduit à l’état d’exécutants de la « main invisible du marché » ou de carriéristes pensant davantage à leur trajectoire personnelle qu’au bien public. Ce problème de fond relève de l’absence de projet politique crédible (c’est-à-dire d’un projet politique donnant l’impression que les citoyens et les élus puissent être réellement acteurs de leur avenir). Le relier à la forme « parti politique » ou « pas parti politique » est une imposture ou une paresse intellectuelle. Ceux qui rejettent la politique rejetteront autant une « coopérative » ou une « fédération » qu’un « parti ».
La réticence des sympathisants (et militants associatifs) écologistes à adhérer à un parti est un tout autre problème, qui est largement spécifique à l’écologie, et que j’ai pour ma part soulevé depuis 15 ans sans être guère écouté jusqu’à présent (alors qu’il en découlait des propositions concrètes). En effet, alors que le PS ou l’UMP réunissent plusieurs centaines de milliers d’adhérents, il serait fort malhonnête de prétendre que les Français n’adhèrent pas aux partis politiques et que ces derniers sont dépassés ! Un militant néolibéral ou socialiste (et il en est de même pour un communiste) n’hésite pas à adhérer ; un militant écologiste, lui, ne le fait pas. Pour autant, le militant écologiste … vote pour Les Verts ou pour Europe-Écologie ! Qui ne connaît pas de ces sympathisants, qui ont toujours (ou presque) voté pour Les Verts mais qui refusent d’adhérer ? Cette particularité est due au caractère libertaire qui est consubstantiel à l’écologie, et qu’il faut assumer plutôt que nier.
De ces nuances essentielles, qui distinguent bien les militants écologistes des autres militants politiques, il découle que … le problème est celui de l’acte d’adhésion, et non pas du nom ou de la forme officielle de la structure à laquelle on adhérerait. La preuve ? Ces sympathisants n’ont pas de réticence à voter pour Les Verts : ils n’en rejettent donc pas la forme… Ne travestissons pas le problème en un autre.
Pour autant, la question posée est réelle : nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un parti à moins de 10.000 adhérents, et nous devons trouver un moyen pour associer les sympathisants et les militants écologistes non-Verts à nos travaux. Un lieu intermédiaire, sur lequel nous sommes quelques-uns à avoir fait des propositions depuis 15 ans, est plus que jamais à formaliser. Par ailleurs, le fonctionnement d’un parti doit savoir évoluer, et personne ne défend la caricature de parti caporaliste qu’évoque Dany comme repoussoir.
Le dépassement des Verts ?
Il est difficile de nier que Les Verts ont développé des réflexes comportementaux parfois très violents, comme la survalorisation des courants dans les prises de décision et la répartition des postes, l’absence d’écoute des autres points de vue (phénomène cependant très variable d’un-e militant-e à l’autre, et sur lequel il peut être insultant de généraliser) et le passage en force de la part des « minorités de blocage » (effet pervers de la majorité à 60 %, transformée de facto en « minorité de blocage à 40 % »).
Ces biais sont, pour une grande part, des conséquences assez mécaniques de notre histoire, qui sont assez évidentes pour qui est familier des observations ethnologiques. La plupart des militants Verts proviennent de mouvements qui ont un point commun : avoir eu raison contre tout le monde en étant minoritaires. C’est le cas des luttes environnementalistes des années 70, c’est le cas des luttes contre les discriminations, c’est le cas des luttes humanistes (sans-papiers, etc.), c’est le cas aussi probablement (bien que ce soit plus complexe car plus intellectuellement construit) des luttes contre l’ultralibéralisme et le capitalisme.
Dans tous les cas, nous avions raison (du moins je l’espère – et de toute façon nous en sommes convaincus). Dans tous les cas, nous avions à faire face à une énorme majorité qui refusait de nous écouter : et cela était particulièrement vrai pour les questions environnementales, pendant longtemps. Nous nous sommes donc construits sur une culture de la « minorité qui est sûre d’avoir raison » … et dont le point de vue est si vital qu’il peut être nécessaire de l’imposer à la société « pour son bien ». Comment s’étonner, dès lors, que nous pratiquions en interne l’attitude que nous avons été obligé de pratiquer en externe, c’est-à-dire imposer notre point de vue ?
Ce comportement de « forteresse assiégée » a longtemps été inévitable, puisque seul il nous permettait de supporter le mépris ou l’hostilité que nous recevions de la part des décideurs politiques et économiques, ou plus généralement des citoyens ; sans lui, l’écologie française aurait disparu depuis belle lurette : ce constat relève donc de la tautologie, et il serait absurde de reprocher aux Verts d’avoir pris la seule forme possible pour survivre collectivement dans le contexte des années 80 et 90. Dans le cas contraire, la question d’Europe-Écologie ne se poserait pas puisque l’écologie n’existerait pas dans le paysage politique français… Pour autant, cette raison n’est pas une excuse : le monde change, et ce comportement daté n’est plus admissible dans la longue durée.
Un autre facteur ne doit pas être négligé : la « division des écologistes », qui n’est pas le fait des Verts … puisque Les Verts sont historiquement le premier parti écologiste structuré en France. La logique eut été d’adhérer aux Verts pour les faire évoluer… Par définition, lorsqu’un militant politique écologiste décide de ne pas rejoindre le parti déjà existant et d’en créer un autre, c’est bien lui qui est responsable de division, et pas ceux qui n’y peuvent mais ! Pire, lorsqu’un groupe de militants verts décide de scissionner pour créer un nouveau parti, ceux qui restent n’ont aucune prise sur la décision des partants, sauf s’ils les poussent volontairement vers la sortie (ce qui, ne faisons pas l’autruche, s’est parfois produit). Mais quelles que soient les responsabilités de cette « division » assez spécifique à la France (et à quelques pays latins), il est évident qu’elle a conduit les militants resté loyaux au parti originel à une conviction de porter l’orthodoxie écologiste … tandis qu’elle a, en parallèle, accentué dans le monde écologiste l’inclinaison aux clivages et à la « culture du conflit ».
Il est nécessaire, et urgent pour la santé mentale des militants comme du groupe pris dans son ensemble, de dépasser ces comportements destructeurs. Or, le mouvement vers autrui ne s’improvise pas et ne se décrète pas ; il nécessite un contexte impératif.
Ce contexte ne peut être que celui du rapprochement entre Les Verts et d’autres groupes. Autres partis ou autres groupes écologistes non-engagés dans la politique électorale ? En théorie, qu’importe. En pratique, un rapprochement entre un parti et des mouvements appartenant à la sphère du « contre-pouvoir » ne peut pas être pérenne, puisqu’il souderait des structures fondamentalement distinctes. Aussi, seule la création d’une nouvelle entité politique dépassant Les Verts peut enclencher les mécanismes de l’écoute mutuelle, du respect des histoires distinctes et de la recherche du consensus.
Pour s’écouter, pour se respecter, il faut que chacun fasse un pas vers l’autre. Une simple « ouverture » des Verts à de petits groupes constitués, comme cela a plusieurs fois eu lieu, ne peut pas suffire : cette logique centripète laisse les « Verts historiques » au centre, ce qui les conduit à se croire dépositaires de l’orthodoxie et ce qui oblige les nouveaux arrivants à se faire plus royalistes que le roi ou à s’imposer par le conflit interne. Le dépassement des Verts, pour être vraiment réussi et pour renverser durablement les normes comportementales, doit être multipolaire – ce qui n’empêche pas pour autant qu’un pôle, en l’occurrence le parti historique que sont Les Verts, bénéficie d’une reconnaissance particulière et occupe dans le dispositif final une place à la hauteur de son poids relatif.
Ces différentes analyses convergent en partie avec celles exprimées par quelques « personnalités » d’Europe-Écologie. En partie seulement : les réponses proposées sont largement caricaturales et basées sur des amalgames.
Une fausse innovation
Entendre Dany Cohn-Bendit présenter comme une nouveauté lumineuse la réflexion sur une forme « ni parti, ni mouvement » a de quoi surprendre. Cela dénote un étonnant manque de curiosité et de respect envers les militants écologistes et envers l’histoire des Verts.
En effet, cette problématique, et la conscience de l’imperfection de la forme partidaire, étaient déjà au cœur des discussions lors de la création des Verts en 1983-1984 ! Ce n’est pas un hasard si tous les textes des Verts dans les années 80 et 90 décrivaient cette organisation comme un « mouvement » bien plus souvent que comme un « parti ». Ces questions sont posées depuis plus de 25 ans : il serait décent que ceux qui croient réinventer l’eau chaude fassent preuve d’un minimum d’humilité.
Soyons honnête : Dany le sait fort bien, puisque ces débats sont même plus anciens que la création des Verts et qu’il a côtoyé les mouvements des années 70 qui avaient déjà ouvert la réflexion. Il ne s’agit donc pas ici d’une ignorance du passé, mais d’une mise en scène quelque peu manipulatrice, destinée à présenter l’idée comme nouvelle : en effet, qui s’emballerait pour une idée vieille de 40 ans et ayant toujours échoué ? Il fallait bien omettre cette histoire pour créer un peu d’enthousiasme – mais est-il légitime et constructif de parier sur l’inculture et la naïveté des lecteurs et auditeurs militants ?
Une solution ayant toujours échoué ne doit pas être balayée d’un revers de manche : rien n’est définitif, et une belle idée doit être renouvelée et réessayée à la lumière des échecs passés, parfois de nombreuses fois jusqu’à ce qu’une forme opératoire soit trouvée. Or, ici, nulle leçon ne semble tirée desdits échecs, aucune analyse comparative des formes déjà expérimentées n’est proposée… Tout cela est bien léger et semble s’appuyer avant tout sur l’affirmation presque messianique et l’espoir qu’un leader charismatique suffira à faire correspondre … des réponses fallacieuses aux questions pourtant réelles mais différentes.
La réticence à l’adhésion ne dépend pas de la forme « parti »
La première fausse idée de la coopérative est de susciter l’adhésion d’un nouveau type de militants. Il s’agit au mieux d’un fantasme, au pire d’un leurre.
Car enfin !, ces fameux « nouveaux militants » sont censés être avant tout les signataires d’Europe-Écologie non-membres des Verts. Or, durant la campagne des Régionales, qui a-t-on vu dans les réunions programmatiques (autres que celles qui s’appuyaient sur des contributions de réseaux associatifs et syndicaux déjà constitués), qui a-t-on vu distribuer des tracts, qui a-t-on vu intervenir et s’impliquer dans les réunions publiques ?
Tous ceux qui ont été actifs dans leur région en témoignent : à 90 % des militants déjà encartés chez Les Verts, et à 10 % les non-Verts présents sur les listes (c’est-à-dire des personnalités ayant de toute façon décidé de s’engager dans l’arène électorale). Les signataires « de terrain », non-candidats et non-Verts ? Néant ! Il n’y a d’ailleurs là rien de bien étonnant : accepter de jouer les « petites mains » désintéressées implique une conviction de servir le bien commun qui est de même nature que celle qui conduit à prendre une carte… Quoi qu’il en soit, l’examen de la composition des acteurs non-éligibles des Régionales rend un verdict sévère : prétendre qu’Europe-Écologie aurait ouvert un nouvel espace de militantisme « hors parti » est un mensonge ou un aveuglement.
Par ailleurs, comme nous l’avons vu plus haut, le rejet de « la politique » en général est lié au sentiment que les élus n’ont pas de prise pour changer le monde, et ceux qui rejettent aujourd’hui en bloc les « partis » rejetteront tout autant une « coopérative » ou une « fédération », puisque c’est le principe même de l’action politique qui les désespère : identifier une désaffection pour le rôle de la politique à une prétendue désaffection pour sa forme organisationnelle témoigne d’une étrange confusion.
Enfin, et nous l’avons là aussi déjà développé, les sympathisants écolos n’ont pas de réticence à voter pour Les Verts, mais une réticence spécifique à adhérer, laquelle ne témoigne pas d’une prétendue « fin de la forme partidaire » mais avant tout d’une contradiction entre l’éthique écologiste et l’engagement formel dans un groupe constitué : là encore, il est illusoire d’imaginer qu’un engagement dans une « coopérative » ou une « fédération » apportera le moindre degré de séduction supplémentaire par rapport à l’engagement dans un « parti ».
Une fédération consacre ce qui nous sépare au détriment de ce qui nous unit
Aussi bien la proposition de Dany Cohn-Bendit que la proposition alternative de « fédération » s’appuient sur l’idée qu’il faudrait réunir de façon souple Les Verts, Cap21, des socialistes, d’anciens communistes, voire le MEI ou autres. Cette vision fédérative est justifiée par la volonté de laisser à chacun son identité, de ne « forcer la main » à personne, de rassurer les groupes issus de petits partis, etc. Elle est louable dans l’intention, mais illusoire et dangereuse dans les faits.
En premier lieu, si la « coopérative » ou la « fédération » laisse aux anciens partis leur existence autonome, toute l’histoire politique nous enseigne que ces derniers feront toujours passer leur intérêt restreint avant celui du collectif qui les englobe. Le cas de Cap21 est édifiant : dès 2007 cette structure s’est opposé pied à pied à l’unification du MoDem en parti unique, de façon à pouvoir s’en dissocier lorsque cela l’arrangeait, et voler au secours du succès déjà assuré d’Europe-Écologie. Comment avoir confiance dans une organisation venant de faire la preuve qu’elle est prête à se vendre au plus offrant et qu’elle pourra de la même manière lâcher la « fédération » ou la « coopérative » à la première occasion ? Aussi, ce schéma d’organisation conduirait à créer les conditions d’une logique égoïste de structures autant concurrentes qu’alliées. Comment espérer l’écoute, la sincérité et la solidarité sans confiance réciproque ?
En second lieu, laisser chacun mariner dans son histoire propre reviendrait à annuler le principal intérêt du regroupement ! Comme nous l’avons vu, la création d’une entité politique nouvelle ouvre une perspective formidable de changement comportemental, et, partant, d’une dynamique militante et collective enfin enthousiasmante. Mais pour cela, il est impératif que chacun se dépouille partiellement de son histoire et s’ouvre aux autres. Bien sûr, il ne s’agit pas de tout oublier : Les Verts, en particulier, ont une histoire programmatique et militante qu’il serait imbécile de négliger. Il s’agit bien de s’appuyer sur le passé pour aller vers « autre » chose, c’est-à-dire de dé-passer nos histoires pour en écrire une nouvelle. Plus pragmatiquement, il s’agit que chacun fasse un pas vers les autres : si tout le monde se dénude, tout le monde accepte les erreurs de l’autre car il sait en assumer également, personne n’est en position de juger.
Créer une fédération (même habillée du terme flou de « coopérative ») reviendrait à mettre l’accent sur les lignes qui nous distinguent au lieu de renforcer le trait d’union qui nous regroupe. Si une telle forme peut permettre de rassurer les organisations ayant peu d’adhérents et craignant d’être trop vite « absorbées », elle ne pourrait être admissible qu’à titre provisoire – et à la condition qu’une échéance brève et irrévocable soit définie dès le départ et acceptée explicitement par tou-te-s. Il est nécessaire que sorte du creuset d’Europe-Écologie un amalgame stable, et non un agglomérat de matières non-miscibles.
Or, tout amalgame alchimique nécessite un matériau principal, apportant la texture de base : il est difficile, et hypocrite, de nier qu’il s’agit ici des Verts. Ce parti est non seulement le plus ancien créé en France pour porter l’Écologie Politique et le seul à adhérer à la fédération des Verts mondiaux et au Parti Vert Européen, il est aussi celui qui dispose d’un corpus programmatique considérable et d’un réseau militant qui, s’il est toujours insuffisant, reste de loin le seul apte à mener une campagne et relier tous les réseaux associatifs et syndicaux. S’il doit se dépasser, s’ouvrir, faire un pas vers d’autres, se fondre dans une nouvelle entité, ce ne peut pas être pour s’effacer au profit exclusif des opportunismes de quelques-uns, mais pour donner l’élan originel.
Allégorie de la cellule
Une formule récemment utilisée par Alain Lipietz rejoint largement le terme que j’avais précédemment employé pour désigner ce « parti » renouvelé. J’avais proposé la notion de parti-noyau, Alain parle plus globalement de cellule.
La forme que nous avons à inventer pourrait en effet s’approcher d’une cellule vivante. Cette cellule a impérativement besoin :
- D’un noyau, basé sur l’adhésion personnelle, la prise de décision démocratique (un humain, une voix), la vocation à valider un programme (le code génétique de la cellule) et à désigner des candidats aux élections (l’ARN messager, qui diffuse dans la cellule pour exprimer le code génétique). Ce noyau ne peut pas être une fédération, il est plus simple de l’appeler au moins provisoirement « parti ». Il intègre l’ensemble des codes génétiques des ancêtres … parmi lesquels Les Verts constituent de facto l’ossature.
- Du reste de la cellule (le cytoplasme), moins strictement lié, et susceptible d’altérations ponctuelles. Il s’agit ici des sympathisants, signataires d’appels, prêts à se mobiliser ponctuellement mais pas à adhérer. Ils apprécieront d’échanger avec le noyau sur les questions de fond, et de lui faire connaître en retour leurs avis (ils contribueront au programme mais ne peuvent pas prétendre le valider s’ils n’acceptent pas l’acte fondamental d’adhésion). Ils pourront parfois proposer des actions spécifiques (telles les mitochondries et leur code génétique autonome), sur le principe des logiciels libres : toute initiative est admise du moment qu’elle respecte l’intégrité globale de la cellule.
- Des échanges nécessaires et structurés avec les cellules voisines mais différentes, c’est-à-dire avec les associations, les syndicats et les acteurs économiques du champ de l’écologie et de l’économie sociale et solidaire. Ces « corps » sont suffisamment proches pour que de nombreuses connexions soient établies à partir de la cellule qui nous occupe, mais suffisamment distincts pour qu’il reste entre nous une membrane séparatrice : nous relevons du « pouvoir », nos voisins associatifs et syndicaux relèvent du « contre-pouvoir ». Pour autant, ils seront étroitement associés à l’élaboration du programme (sur la base de contributions mais pas d’une validation finale : dans le cas contraire nous créerions un mélange des genres dangereux pour tout le monde), et il sera possible à certain métabolites (molécules) de traverser cette membrane et passer des unes aux autres : des responsables de la société civile peuvent, ponctuellement, quitter leur organisation, tourner la page, et devenir élus écologistes.
- Une synergie avec les cellules plus éloignées, situées dans d’autres organes mais concourant à faire fonctionner l’organisme : les autres partis politiques – du moins ceux avec qui nous pouvons construire un projet de gouvernement. Nous ne nous opposons pas, mais portons des fonctions qui doivent croître et faire leur place.
Si telle est la « coopérative », alors pourquoi pas. Mais sans équivoque : un parti-noyau est incontournable, et des modes de décision et de désignation démocratiques doivent être établis et respectés en son sein. Les militants dévoués ne doivent pas être méprisés au profit des sympathisants passifs. Les acteurs « non-politiques » doivent être associés par des échanges structurels, par une articulation avec le parti-noyau, et pas par un simple « pompage » des ressources humaines qui les constituent. Il reste à présent à engager et réussir l’amalgame constitutif du noyau, qui impose de respecter tous les acteurs – Les Verts y compris !
Jacques Caplat
Ancien membre du Collège Exécutif et du CNIR des Verts







Tout cela est bien alambiqué pour démontrer qu’il est urgent de ne rien bouger et qu’un Vert et un non Vert ne sont pas égaux …
Juste tout de même, crois -tu vraiment que l’influence des EE doit se mesurer au nombre de tracts distribués ? c’est bien plus les positions prises par les associatifs, sous des formes très variées, parfois apparemment discrètes mais très efficaces, qui nous ont véritablement aidés !
Moi, j’aime bien l’idée de bâtir un nouveau parti à partit du fonctionnement de l’organe,de la cellule et du noyau.
Mettre en phase la vie politique avec le vie organique de l’être humain.
Mais j’ai besoin de formation pour tout comprendre.
« Ceux qui rejettent la politique rejetteront autant une « coopérative » ou une « fédération » qu’un « parti ». »
)
Dommage que ceci soit démenti formellement par nombre de groupes EE qui ont tiré des conclusions contraires …
« la « division des écologistes », qui n’est pas le fait des Verts … puisque Les Verts sont historiquement le premier parti écologiste structuré en France »
Puisque c’est le premier, tout le monde devrait suivre (mais bien sûr !)
Voilà qui en dit long sur le concept d’ouverture de l’auteur : ON est les premiers, donc ON a droit à ce que les autres nous suivent …
« Les signataires « de terrain », non-candidats et non-Verts ? Néant ! »
Là je crois que c’est vraiment dépasser les bornes et prendre ses vessies pour des lanternes… Quel mépris pour ceux qui existent différemment : « Néant » !!!
Dommage ! (encore) je suis dans ce cas, ni vert ni candidat mais motivé, et j’en connais beaucoup d’autres, oui, ça ne va pas me manquer, la motivation car plus j’avance et plus je comprends pourquoi des gens comme ça ont dégouté des milliers de militants ! qui comme moi cherchent une autre voie pour que la planète avance; qui dans un métier, qui dans une association …
Mais ce qui est paradoxal, c’est que plus ils s’expriment, plus on comprend pourquoi on ne peut pas les comprendre …
Et là, on a fait un grand pas
La seule chose qu’on puisse comprendre, c’est que ce « noyau » veut établir sa supériorité sur « le reste de la cellule (sympathisants, signataires d’appels) … susceptible d’altérations ponctuelles »
Pas vraiment d’accord sur cette idée du noyau et des cellules, on va droit vers des formes de métastases. C’est quoi cette idée que l’antériorité historique confère une supériorité et une légitimité de fait ?
C’est pas comme ça que l’on fera de la politique autrement…
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