Appel pour des Etats Généraux de l’Emploi et de l’Ecologie

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Les élections régionales ont révélé Europe Ecologie comme la troisième force politique française. Nous pouvons être fiers du travail accompli mais, tous, nous avons conscience de la gravité de la crise dans laquelle s’enfonce notre pays : plus de 50 % des citoyens adultes de notre pays n’ont pas voté dimanche et le FN remonte !

Une des causes fondamentales de la crise politique est l’incapacité des partis qui se succèdent au pouvoir depuis 30 ans à sortir notre pays du chômage. La carte de l’abstention est semblable à la carte du chômage : on ne pourra pas sortir de la crise démocratique si on ne parvient pas à sortir du chômage. Le chômage est aujourd’hui le souci numéro 1 des Français. Le nombre total des chômeurs a augmenté de 900.000 depuis 18 mois et Nicolas Sarkozy ne fait rien ! Hélas, 69 % des Français pensent que « la gauche ne ferait pas mieux ».

Certes, tous ceux qui sont venus à nos meetings ont compris qu’Europe Ecologie avait de vraies réponses à la crise, mais quelques semaines de campagne ne suffisent pas à toucher l’ensemble des citoyens. Et -pourquoi ne pas le dire ?- nous n’avons pas la prétention de penser que notre projet est totalement parfait et qu’il ne peut pas être encore amélioré.

Seule la rencontre de toutes les parties prenantes peut permettre de dégager des solutions communes à la hauteur des enjeux et de faire partager notre vision de la conversion écologique de l’économie en matière de formation, d’innovation et de création d’emplois verts non délocalisables.

Voilà pourquoi nous lançons aujourd’hui cet Appel pour qu’Europe Ecologie organise des Etats-Généraux de l’emploi et de l’écologie. Voilà un calendrier possible :

> 1ère étape Le 1er mai, jour de la Fête du travail, lancement des Etats généraux à Paris -à la Mutualité ?- ou à Sevran (93) chez notre ami Stéphane Gatignon. Tous les partis de gauche, tous les syndicats, les représentants des employeurs, toutes les associations de chômeurs, tous les universitaires, toutes celles et ceux qui ont des idées pour combattre le chômage et la précarité sont invités.

Nous devons nous donner un objectif mobilisateur : diviser par 2 le chômage et la précarité.

Il y a 4 millions d’inscrits à Pôle Emploi ? Nous voulons créer 2 millions d’emplois non délocalisables. En quelques années, 2 millions de « vrais emplois ». Nous travaillerons ensemble jusqu’à construire un nouveau Pacte social, 10 ou 15 mesures fortes, qui permettent de diviser par deux le chômage en répondant aux besoins sociaux (logement, transport, santé, petite enfance, éducation…) et en luttant contre le dérèglement climatique. Créer 2 millions d’emplois pour diviser par 2 le chômage, construire une fiscalité plus juste et plus durable, rééquilibrer nettement le partage salaires / bénéfices, voilà notre objectif.

> 2ème étape Le samedi 29 mai ou le samedi 5 juin, Europe Ecologie organise une journée de débats dans chaque région. Là encore, tous les partis de gauche, tous les syndicats, toutes les associations, toutes celles et ceux qui ont des propositions à faire contre le chômage et la précarité sont les bienvenus.

> 3ème étape Au niveau régional comme au niveau national, des groupes de travail sont mis en place pour travailler sur les propositions issues des premiers débats.

> 4ème étape Fin août, nos journées d’été sont l’occasion d’approfondir notre projet.

> 5ème étape A la rentrée, conclusion des Etats Généraux.

Europe Ecologie propose un Nouveau Pacte Social. Nous verrons à ce moment-là si ce Pacte est commun à d’autres partis de gauche ou si, malgré quelques mois de débat, nous avons des désaccords de fond. Tant que nous n’avons pas mené ce travail sur le projet, nous ne pouvons pas dire si nous participerons ou non à des primaires communes avec tel ou tel parti…

Nous en avons tous conscience, nous vivons une crise historique.

Le débat que nous avons organisé il y a un mois avec Joseph STIGLITZ, Edgar MORIN et Marc DUFUMIER a permis d’en mesurer la gravité (cf. la vidéo).

Il y a un an, nous avons été très nombreux à signer l’Appel du 2 mai qui demandait au Président de la République d’organiser des Etats Généraux ( www.appeldu2mai.fr ). Puisqu’il n’a pas voulu nous écouter, à nous d’agir !

Etant la deuxième force politique de gauche, nous devons être à la hauteur de nos responsabilités. A nous d’agir avec force, pour montrer qu’on peut réellement faire de la politique autrement :

> Nos Députés font de la politique autrement au Parlement européen.

> Nous allons faire de la politique autrement dans les régions, où nos élus vont très vite se mettre au travail.

> Nous allons faire de la politique autrement en entamant un débat important sur l’évolution de notre organisation et de nos pratiques démocratiques.

> Nous allons faire de la politique autrement en travaillant avec tous ceux qui le veulent, pour vaincre le chômage et la précarité. Et nous allons montrer à tous les Claude Allègre du pays qu’il n’y a aucune opposition entre Ecologie et plein emploi. Au contraire !

Tous acteurs, tous responsables

Que tu sois Vert ou Divers (ou que tu ne te souviennes même plus que cette distinction a existé un jour), nous te proposons de soutenir et d’enrichir cette initiative : si tu es d’accord pour qu’Europe Ecologie organise ces Etats Généraux de l’Emploi et de l’Ecologie, envoies un mail pour soutenir l’initiative.  EtatsGenerauxEmploiEcologie@gmail.com

Tu peux aussi nous envoyer une proposition d’intervenant (telle association, tel élu local, tel patron innovant, tel syndicaliste, tel universitaire devrait être invité) ou une proposition qui te paraît devoir être mise en débat, ou le résumé d’un livre que tu as trouvé intéressant…

Tu peux aussi nous envoyer une petite photo : nous allons mettre en ligne un site pour commencer le débat et nous voulons montrer les mille visages d’Europe Ecologie. Si tu soutiens, cette initiative, Merci de faire circuler cet Appel autour de toi.

Il y a un mois, avec Joseph STIGLITZ, avec Edgar MORIN et Marc DUFUMIER, nous avons dit la gravité de la crise. Nous avons dit l’urgence. Dans les six mois qui viennent, tous ensemble, nous allons reconstruire l’espoir !

Bien amicalement

Eva JOLY, députée européenne,
Pierre LARROUTUROU, Tête de liste Europe Ecologie 92
Marie BLANDIN, Sénatrice du Nord

EtatsGenerauxEmploiEcologie@gmail.com

9 commentaires

  1. SOUTIEN à l’organisation des Etats Généraux de l’Emploi et de l’Ecologie

    Bonjour,
    il nous faut conforter et amplifier la dynamique créée lors des dernières élections et lancer le chantier pratique qu’il nous faudra mener tous ensemble, lequel devra porter sur:
    · l’espoir à recréer dans la chose politique basée sur les bons diagnostics évoqués dans l’appel,
    · la conquête ou la « re »conquête d’un électorat populaire pauvre ou de classes moyennes qui voit fonctionner l’ascenseur social à l’envers et d’une jeunesse qui se sent abandonnée,
    · les solutions locales concrètes et partagées, voire portées par les vrais gens.
    Aussi je soutiens sans réserve l’organisation de ces Etats Généraux de l’Emploi et de l’Ecologie

    Louis SCAPPINI
    ex responsable syndical, juge prudhommal, porte parole des Verts du Var

  2. Annie RAMBION dit :

    Bonne et juste initiative. Pour répondre à un besoin essentiel dans nos sociétés, et montrer (avec la modestie nécessaire) ce que peut être un développement soutenable à la fois socialement et écologiquement. Je soutiens dans le principe (à voir si le calendrier est réaliste …) Faire attention tout de même à ce que Europe Ecologie n’éclate pas en une nébuleuse d’initiatives passionnantes ! Celle-ci me paraît un axe prioritaire en effet.

  3. Pierre Gaugain dit :

    Bonjour,

    ça ne fait que quelques années que nous souhaitons cela, c’était dans le cadre de la gauche de gauche, bien entendu, cette démarche doit-être partie intégrante de l’organisation de la future EE organisée, constituée.

    Avec tous les juristes présents dans nos rangs il n’y a pas possibilité d’établir des textes constitutifs fédérateurs ou tout le monde se retrouverait une bonne fois pour toute????? je suis stupéfait qu’avec toutes ces compétences les égos soient toujours aussi pesants.

    J’ai proposé dans un autre texte un mode électif par tirage au sort mode de représentation utilisé dans la Grèce antique….. je pense que nous allons être obligé d’en arriver là, ce ne serait d’ailleurs peut-être pas si mal….

    Je dis bien partie intégrante car je rejoins Annie Rambion dans sa crainte de voir EE « éclater dans une nébuleuse d’initiatives passionnantes ».

    Ce n’est certes pas le moment de se disperser, des chapelles dans notre mouvement il y en a assez comme cela, du moins j’ai cru le remarquer…il faut nous fédérer, dépasser nos égos, nos enfants et petits enfants nous remercieront…..

    Pierre Gaugain – 64 ans – engagé dans ces luttes depuis 45 ans…..

    Pierre Gaugain – militant de base -

  4. MKL dit :

    Et le lien pour signer directement cet appel :

    http://www.etatsgenerauxemploiecologie.net/

  5. gaebus dit :

    Travail, bonheur et plein emploi.
    La journée légale de 6 heures.
    Il est un fait que si l’économie doit primer dans une société afin de satisfaire les besoins matériels de ses citoyens, tant individuels que communs, cette économie n’aura ses lettres de noblesse que si elle collabore à l’émancipation et au bonheur de tous.
    L’idéal étant de concilier les deux aspects : Meilleur économie + meilleur social = vie améliorée.
    Voici une réflexion sur le temps de travail légal journalier, tant décrié, qui pourrait concilier le binôme contradictoire entre le travail et bonheur.
    Mon expérience ne m’a jamais fait douter de la sottise des mesures sur la défiscalisation des heures supplémentaires, de la complexité et de l’inadéquation des 35 heures hebdomadaires dans nos sociétés dites « évoluées ».
    Pour dynamiser la société, la moderniser à notre monde, la rendre plus attractive aux personnes et plus compétitive aux entreprises et entrepreneurs :Je préconise une réflexion et une expérimentation sur, la journée légale et organisée de six (6) heures, et, le travail continu en 4 postes (que de création d’emploi !). Sans limitation individuelle du travail hebdomadaire.
    Pas question de limitation hebdomadaire, ni d’embarras spécial week-end. Il est évident que chaque individu peut avoir une approche personnelle sur ses besoins financiers (travailler plus) et souplesse de vie (travailler moins). Il est tout aussi évident que chaque entreprise a une approche économique qui demande des durées de travail et un personnel des plus performants qu’il soit.
    Beaucoup d’avantages pourraient en découler et je vais en soulever quelques thèmes ; pour les inconvénients, je laisse le soin au lecteur de s’en occuper en me réservant le droit de réponse.
    Quelques avantages :
    - Les temps postés, les plus pénibles, verraient améliorer la vie et les performances des travailleurs. Laisser à ces derniers un temps utile à d’autres occupations (rémunérées ou pas) la durée hebdomadaire pourrait être de 30, 36 voire 42 heures.
    - Pour tous et dans la mesure des prises en considération de l’outil économique et industriel, plus de souplesse et une meilleure attention soutenue dans la productivité.
    - Beaucoup plus de possibilité de choix verront le jour pour la prise d’autonomie individuelle. Choix de favoriser le financier en «éliminant» les durées hebdomadaires, permettant même le cumul des emplois ; choix de favoriser l’épanouissement personnel par un temps journalier qui permettrait plus que les 8 heures (+ trajets) d’aujourd’hui.
    - Meilleure utilisation des communs en morcelant les flux de foule sur la journée. Les horaires pourront être plus flexibles en fonction des intérêts des entreprises et si possible de la personne.
    - Remise à niveau améliorée des temps partiels, des travaux pénibles, de l’auto formation continue, de la baisse du chômage, des salaires qui pourrait être pour certains une diminution de leur durée de travail profitant la qualité à la quantité.
    Dynamisme et croissance en perspective plus nouvelle confiance dans une société qui progresse aussi en faveur de l’humain.
    Avoir raison trop tôt c’est avoir tort, mais rater le train ne mène nulle part ailleurs.
    Chercher le meilleur équilibre entre l’avoir et l’être, tout en favorisant l’être : le social est l’avenir pour un peuple qui veut rester debout.
    Invitation est faite à tout politique progressiste qui veut sortir des sentiers battus et aller vers de nouveaux plus modernes et plus humains.

  6. zenblabla dit :

    Impossible d’utiliser le lien /
    EtatsGenerauxEmploiEcologie@gmail.com

    …donc, avec mon total encouragement pour l’idée de centrer l’action en écologie et l’emploi,

    Ma proposition, c’est au mélange du pragmatisme et de l’innovation.

    Il est impératif, concernant l’emploi, de s’intéresser au monde des financements.
    Il est à peu près certain que le monde financier à papa, comme il perdure actuellement, ne joue autrement que d’hypothèques, celles faites sur les propriétés foncières.
    Ainsi s’achètent de vastes territoires, voire des îles grecques, en toute rose-bonbonnerie !
    (Ce serait mondialement merveilleux, mais c’est en France qu’il faut considérer mes propos impliquant les banques et les fonds, en France pour ceux qui veulent y travailler, et simplement vivent là)

    S’organisent ainsi, faute d’autres volontés en perspectives, une ahurissante valorisation avec ces seules hypothèques sur quoi pourrait s’hourdir le travail alors que cela n’est pas possible, ce qui fait mur, ce qui jamais alors ne pourra être sans courageuses transformations.
    C’est à ces transformations qu’il faut œuvrer.

    Il est absolument nécessaire, pour initier des emplois nouveaux, d’initier des financements, politiquement de les imposer, alors que politiquement ne s’envisagent que prométhéennes régulations.
    Prométhée, son esprit est attendu, mais en phase constructive, avant celle conclusive qu’aujourd’hui nous vivons par le dogme du marché, celui, il faut le répéter, seulement nourri d’hypothèques foncières.
    Réfléchir au règlementions des établissements financiers, créer et imposer ceux qui sont absolument nécessaires, c’est le propos pour maintenant.
    La simple redistribution fait panne…et ce qui la contestent sont incapables de comprendre l’ambition du travail à accomplir, tandis qu’ils n’en savent que la désuète gestion!

    La crise de 29 a prouvé devoir être réduit et contrôlé le nombre d’établissement financiers.
    Celle de 2008 prouve ce devoir être mené bien trop loin dans cette voie monumentale.
    Alors du coté de la création, la voie, autant difficile soit-elle, elle est nécessaire, elle est même impérative.
    y’a bien quelques juristes, quelques financiers chez EE?
    Et quelques combattants en politique!

    Pour envisager le travail, il faut d’abord envisager le patrimoine et sa construction, ses voies de financements et d’hypothèques.
    Soyons là où se joue l’emploi !
    Plaise….EE

  7. Laborde Bertrand dit :

    Créer des emplois par le partage du travail
    - Travailler moins pour travailler tous –

    Face à la crise économique et sociale nos dirigeants tentent d’organiser « la relance » de la croissance, dont ils espèrent des retombées positives sur l’emploi et le pouvoir d’achat. S’ils y arrivent, on va donc recommencer, comme avant, à piller la planète pour consommer toujours plus et plus vite, mais sans créer d’emplois en nombre suffisant. Jusqu’à la prochaine crise, peut-être irréversible. Il est vital et urgent d’imaginer une alternative. Pourquoi pas le partage du travail, qui permettrait de créer des emplois tout en maîtrisant notre croissance?

    Aujourd’hui, tout gain de productivité qui ne débouche pas sur une augmentation de la production se traduit par des suppressions d’emplois. Or la productivité augmente tellement vite (automatisation de la production, informatisation des services) que la demande ne suit pas, ce qui crée du chômage. Pour forcer la demande, une quantité délirante de publicité nous incite à consommer toujours plus de produits et de services, même inutiles et jetables. Ce n’est plus supportable écologiquement. Et, de toute façon, depuis des décennies que l’on nous chante la chanson de la croissance pour lutter contre le chômage, force est de constater que c’est inefficace.

    Depuis la tentative de partage du travail par la loi des 35 heures, les libéraux, affolés, mènent une violente campagne de dénigrement contre cette idée. Ils ont réussi à l’exclure du débat public. Qu’on l’estime efficace ou non, cette loi n’a été qu’une première tentative du genre, et nous n’avons pas le droit de renoncer à approfondir cette approche.

    Partager le travail, c’est pour créer des emplois. L’objectif n’est pas de travailler moins, mais de travailler tous. Les libéraux disent que « le travail n’est pas un gâteau qui se partage ». Pourtant quand on met une usine en chômage partiel, n’est-ce pas ce que l’on fait? Et les emplois à temps partiel et les licenciements ne sont-ils pas une forme de partage (inégal) du travail? Une part de gâteau pour ceux qui ont un emploi, et des miettes (des aides sociales) pour les autres.

    Pour éviter l’épuisement des ressources de la planète, il faut trouver une alternative à la croissance aveugle des PIB, et limiter la croissance à celle des produits et des services utiles. Les investissements dans le développement durable vont créer de nouveaux emplois très utiles, mais en nombre insuffisant pour compenser l’abandon de la surproduction de produits inutiles et du gavage publicitaire des consommateurs. Et on n’imagine pas les pays riches créer des emplois chez eux pour fabriquer à bas coût des produits de première nécessité pour les pays pauvres. Nous devons donc nous organiser pour produire, consommer et gaspiller moins, et donc pour faire globalement moins d’heures de travail.

    On a le choix entre supprimer des postes ou réduire le temps de travail de chaque poste. Les entreprises préfèrent habituellement supprimer des postes car c’est le moins coûteux et cela maintien une pression sur les salariés. Mais socialement, ce n’est pas nécessairement moins coûteux, car la société doit prendre en charge les chômeurs et les conséquences du chômage. La réduction du temps de travail est hérétique pour les libéraux, car elle heurte leur idéologie de croissance et de concurrence. Quelle catastrophe pour l’idéologie libérale, si on arrive à construire un système économique et social équitable sans croissance du PIB!

    Partager le travail, ça veut dire aussi partager les salaires. Certes, c’est douloureux (mais licencier des salariés, ce n’est pas indolore et pourtant on le fait …). Et ce le sera peut-être moins qu’il n’y paraît. En effet, il y aura moins de cotisations sociales pour indemniser, soigner, et aider les chômeurs, moins de coûts liés à la délinquance (police, assurances, réparations …), moins de services d’aides à l’emploi, moins d’œuvres caritatives à financer. De plus l’automatisation et l’informatisation continueront à faire baisser le prix des produits et services en même temps que le temps de travail. Enfin, avec plus de temps libre, chacun pourra réduire ses dépenses (bricolage, jardinage, réparation, consommation réfléchie …). Tout ceci ferait quand même pas mal d’économies, non?

    Pour des raisons de justice et de stabilité sociales, on ne pourra pas diminuer les plus petits revenus. Il faudra donc faire jouer la solidarité des hauts revenus. A l’époque où l’on cherchait à construire la société sur la solidarité et non sur la concurrence, on avait inventé l’impôt sur le revenu et les services publics gratuits ou peu chers… Malheureusement, ils sont aujourd’hui bien mis à mal. Remettons les à la mode, car ce sont des outils très puissants.

    Nous réussirons à transformer le « travailler moins et gagner moins » en « vivre mieux ». Dans l’entreprise, la sécurité de l’emploi sera meilleure, la fatigue sera moindre, la pression patronale sera réduite et l’atmosphère de travail sera améliorée. Chez soi, le temps libéré permettra de mieux s’occuper de son foyer, de ses enfants, de ses « vieux », et de soi. Dans la rue et dans le quartier, nous aurons plus de temps pour développer le lien social, la vie associative, la vie des quartiers (et donc leur sécurité). Toutes choses qui devrait nous consoler de gagner moins d’argent.

    Et dans les moments où nous aurions l’impression d’y avoir perdu, nous pourrons toujours nous dire que c’est notre part d’effort dans la lutte contre l’épuisement de la planète et pour la solidarité entre citoyens. Nous perdrons sûrement beaucoup plus, bientôt, si nous n’avons pas le courage de nous y atteler maintenant.

    Davantage de postes de travail et moins d’heures de travail par poste, ça aura un coût pour les entreprises. Mais la masse salariale restera la même, car les salaires et leurs charges seront réduits en proportion. Seuls les frais fixes liés aux postes de travail vont augmenter. Dans certains cas, ils pourront être compensés par une certaine souplesse d’organisation des horaires. De plus, on peut s’attendre à une meilleure productivité des salariés, comme semble l’avoir montré le passage aux 35 heures. On peut demander aux entreprises les plus solides de supporter seules ces surcoûts. Ce sera leur contribution à la sortie de la crise économique, sociale et écologique, crise dont elles sont largement responsables. A défaut, l’Etat devra aider les entreprises dont l’activité est écologiquement acceptable à augmenter les bas salaires et à financer les postes de travail supplémentaires. « Houlà, ça va coûter cher!? »… Sûrement pas plus que le chômage, l’énorme crise sociale en gestation et la catastrophe écologique en cours.

    Bien sûr, il faut que l’Etat s’autorise à intervenir dans les entreprises. Bien sûr, il faut renoncer à laisser le marché et la concurrence décider seuls de la production et des salaires. Bien sûr, il faut accepter une décroissance de notre consommation (mais de toute façon, on va la subir si on continue comme avant). Bien sûr, « nous ne sommes pas seuls au monde », « il y a la concurrence », « l’Europe ne voudra pas », « les capitaux vont partir à l’étranger » … OK! Le partage du travail ne sera pas en place et généralisé dès Lundi prochain. Mais nous devons dès maintenant le vouloir, l’étudier, en discuter, l’expliquer, en faire la promotion, et l’appliquer chaque fois que c’est possible et à tous les niveaux. Il y a urgence, et la crise actuelle peut et doit être une opportunité pour des changements profonds, dont celui-ci.

    Vouloir partager le travail, ce n’est pas le dénigrer, mais au contraire c’est le glorifier en disant qu’il est une valeur indispensable dont on ne peut priver personne. Ne croyons plus ceux qui nous disent qu’il faut « réhabiliter le travail », … tout en licenciant à tour de bras.

    NON à « travailler plus pour gagner plus et détruire plus »
    OUI à « travailler moins pour travailler tous et mieux vivre ensemble

  8. Daniel LAUTON dit :

    Merci pour la lutte contre l’économie illégale, CONTINUEZ SVP

    Vente d’armes, banques cachées, grande corruption… Merci Eva JOLY, courageuse et exemplaire.

    Créez une communauté de citoyens pour le retour de VALEURS, de morale, de confiance.

    Un mot svp sur la démographie: Daniel tu es né sous 2.3 milliards, nous sommes 6.9, il faut en parler explicitement pour la compréhension du présent et du futur.

  9. [...] alors que les Etats généraux de l’emploi et de l’écologie s’ouvriront à une date que nous ne connaissons toujours pas : le 29 mai ou le 5 juin [...]

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